2005



CAFE DES AUTEURS



Simsolo, Daeninckx, Mako

Max et la belle visiteuse

J H Oppel

Joseline commente

Didier

Max à la dédicace

Dimitri Vazemsky

Pascal Dessaint

Mako

Noël Simsolo

 

10 édition des Visiteurs du noir

Granville 2005

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Carnet de visite

Vendredi 28 janvier 2005

[…] Ça roule, c'est du billard, je trace la route, le HDI ronronne et dire que durant toute la semaine, j'ai craint le blizzard, le verglas, les congères. M'être scotché devant la chaîne météo pour connaître le temps qu'il pourrait faire sur Granville ce week end, pour rien ! Arrivé. La nuit est tombée, je dépose mon sac dans le studio loué, Malou dit qu'elle veut se reposer. J'y vais seul et j'attaque le rocher par la face Nord en enquillant les escaliers qui démarrent sur la place du casino et grimpent à n'en plus finir jusqu'au parvis du musée Richard Anacréon où le festival s'inaugure. Complètement essoufflé et les mollets en peau de flan. La banderole annonce que Joël Hubaut disposera d'une carte noire comme il se doit. Déjà du monde, inconnu je vais de groupe en groupe et soudain au milieu de l'un deux, une dame vibrionnante, coiffée à la Jean Seberg, la Jean Seberg d'A bout de souffle. Je me dis C'est elle ! Vous êtes Joseline ? Oui, comment m'avez-vous reconnue ? Facile, tout le monde court après vous. On met au point ma participation ; en effet le festival m'accueille alors que la programmation était déjà bouclée depuis lurette quand je me suis manifesté. Visiteur au noir, clandestin intégral ! Le festival est ouvert, soudain je tombe sur des connaissances : Bernard Vernochet, Christian Ducasse et Joséphine Pannard. Surprises réciproques, cependant si je savais que parmi ces trois-là, deux étaient peintres et le troisième photographe, il ignorait que j'écrivais des romans et que j'animais une coopérative d'édition.

Vernissage de la rétro Hubaut, épidémik et lapinesque, des choses très intéressantes, esthétiquement regardables, quelques rogatons, accrochage foutraque, cohérence dans la première salle, travail sur le signe, les mots, le plan, l'image arrêtée, le message matraque…, farcesque et dérisoire, destroy et sale gosse, œuvre cependant incarnée en vue d'une reconnaissance muséale… il m'aurait fallu plus de temps et de frottements pour pénétrer à l'intérieur… déjà les praires, filet de citron, sont prises d'assaut, je demande du beurre ½ sel et du brignole, dommage c'est praires crues citron. Les années précédentes, c'était bulots, mais pour la dixième édition, c'est praires au goût de noisette sous la dent, la classe. Des bulles durant un échantillon de slam et les brefs discours. Puis Hubaut convie la petite troupe, munie de torches électriques, à aller visiter le musée plongé dans l'obscurité, à la poursuite des Belphégor granvillais… Mais les fantômes se sont taillés […]

Rendez-vous salle du Hérel pour un diner-concert. Je mange en compagnie de Noël Simsolo et de Mako. On discute ferme, on jase, on râle. Autant Simsolo a le verbe impétueux, autant Mako est taiseux. Mais les yeux de ces deux-là pétillent. J'écoute les anecdotes truffées de citations que Simsolo débite à mon oreille. Le jaja coule à flots. Simsolo est furibard, il hurle et réclame que la salle fasse silence pour écouter la violoniste. Tout comme moi, il est tombé instantanément sous le charme de la belle gitane, blonde sylphide enjupée de rose thyrrien, qui enroule si amoureusement des mélopées yiddish à vous faire saigner le cœur. Ces Coco swing sont épatants, le grand Lelièvre se défonce en courrant après le spectre de Django. Ils ont le mérite de réchauffer la halle qui aurait pu servir de décors dans Good bye Lénine. […]

Samedi 29 janvier 2005
Matinée. Je retrouve la caserne balayée par les vents, partis les marsouins du 1er RIMA, transformés les bâtiments, putain les souvenirs des années soixante reviennent dare dare, c'est là que j'ai été incorporé dans l'infanterie de marine… Le secteur est en travaux, je découvre le Bridge club à deux pas de l'église Notre Dame où va se tenir le café des auteurs cet après midi et dimanche. On y installe la librairie ; embauchés par Maryse, avec le mari de Joseline, on transporte deux tables du FJT. Puis je découpe des bâches pour protéger les tables de jeu sur lesquelles les livres seront présentés. Enfin j'installe mon stand et je rejoins Malou qui fait son marché dans la ville basse. […]

A 14 h pétantes, c'est parti, le public est déjà là. Les auteurs aussi : Didier Daeninckx, Pascal Dessaint, Michel Leydier, Jean-Hugues Oppel, Olivier Thiébot, Dominique Manotti, Jean-Jacques Reboux, Sylvie Rouch, Noël Simsolo et le dessinateur Mako. Cesare Battisti nous a fait faux bond (hélas !) et Jean Bernard Pouy s'est fait porter pâle. Côté éditeurs : La nuit myrtide avec Dimitri Vazemsky en compagnie de sa femme et de leur fille (véritable Madone à l'enfant de Van der Veyden !), Zinc éditions et leurs productions détonantes autant qu'originales et L'insomniaque éditeur avec Alexandre Dumal. Les Editions Krakoen faisaient leur première apparition dans ce festival spécialisé. Grâce à un bandeau apposé sur Gaufre royale, je capte l'attention du public. Le dialogue s'engage et mes trucs de libraire reviennent dans ma bouche. Auteur inconnu, maison d'édition coopérative inconnue, il faut convaincre les lecteurs potentiels. Peu de temps mort, je dédicace, je dédicace, à peine le temps de siroter un café chauffé et réchauffé  (du vrai café de ch'ti !).

Puis vint le moment magique, inattendu ; Didier Daeninckx s'arrête à mon stand et déclare : " Le bouquin que tu m'as envoyé, j'ai adoré, ton pastiche du Poulpe, vraiment réussi, si le Poulpe avait pu ainsi se débrider plus souvent, j'ai aimé le travail sur la phrase et la recherche du vocabulaire, il y a un passage particulièrement, attends… " Il prend Calmar au sang sur la table et commence à rechercher le passage en question, malheureusement, on l'appelle pour une signature. Je suis abasourdi, complètement secoué par le commentaire de l'auteur que j'affectionne le plus. A défaut de vendre des bouquins, cette remarque m'avait déjà enrichi au centuple. Mais comme en plus j'ai vendu 38 bouquins, je présente aux visiteurs une tête ahurie du ravi qui a vu le bon dieu ! Je devine le passage qui a du emballer Didier, il doit s'agir du délire verbal plein d'allitérations transcrivant un coma éthylique. […]

Soirée concert Dorado Schmitt à L'Archipel. Un inconnu pour moi. Salle comble. On me dit que Dorado est sideman de Birelli Lagrène, le summum en ce moment de la guitare jazz que j'ai entendu à Rouen il y a quelques mois. Alors je me défroisse les oreilles d'avance (cf. se lécher les babines). Las ! Un peu déçu devant tant de bonne volonté et de talents non canalisés dans un programme de soirée déséquilibré et mal agencé. Surprenante découverte, Dorado a endossé le costume du crooner manouche, le nez planté sur son pupitre malheureusement. Mais la magie de la langue incomprise s'envole dès que la traduction révèle la mièvrerie des paroles. Le jeu de guitare resta dans le manche d'icelle. Enfin la deuxième partie me requinqua comme beaucoup je présume, Cherokee et un morceau de Chick Corea transposé par son fiston Sanson donnèrent le peps qui manquait au concert. Les standards djangoniens furent brillamment enlevés et rallièrent la salle. Dorado, pour ce final étincelant, sortit enfin le grand jeu au violon. La bonhomie du personnage en revanche emporta tous les suffrages.

 

Dimanche 30 janvier 2005
14 h. c'est reparti, je crains que l'affluence diminue par rapport à celle du samedi car il fait doux, la pluie n'inonde plus la vieille citadelle froide de granit. Ce matin, Malou et moi avons arpenté la plage de Jullouville, respiré à pleines éponges le bon air de la Manche. Crainte erronée, les visiteurs du noir affluent régulièrement, s'attardent devant les stands, sont très désireux d'échanger avec les auteurs. Je prends des photos pour le site de Krakoen. Des quatre titres que je présente, un seul n'a pas retenu l'attention. Curieux, car il marche ailleurs. Pourtant, la couverture du Jeu du lézard a reçu des commentaires élogieux qui seront transmis à l'illustrateur. Je file un bouquin à Mako et à Simsolo. Je dis à qui veut l'entendre tout le plaisir que j'ai eu à écrire ces livres, j'explique pourquoi la formule de l'édition coopérative, j'amuse les gens en disant que je suis un jeune auteur tardif, comment j'ai écrit mon premier roman à 57 ans tout surpris d'apposer le mot fin sur le manuscrit abouti alors que depuis mon adolescence je n'avais écrit que des premiers chapitres sans lendemain. Une jeune femme m'a dit de réunir tous ces premiers chapitres pour en faire un livre. L'idée m'a séduit encore faudrait-il pour la réaliser retrouver tous ces vieux papiers… L'après-midi avance, déjà Dimitri rassemble ses bouquins tandis que sa femme donne le biberon à son pitchoun adorable. Alexandre Dumal plie ses gaules également et laisse quelques brochures explosives à retardement sur la table, de la série "De l'huile sur le feu". Le bar distribue moult bières et autres breuvages. Je range mon stand et remballe le tout. Il faut songer à rentrer sur Rouen. Je serre les mains, adieu l'ami, Salut Didier, Salut Noël, Salut Mako… salut l'amie Joseline, salut tous les bénévoles, merci de m'avoir accueilli, vous êtes formidables, l'esprit de ce festival qui se transporte dans maints lieux à travers la ville (lectures, concerts, cinéma, expo, slam…) est à préserver comme l'esprit des commencements que vous avez su garder, restez tel qu'en vous-même, vivement l'année prochaine…[…]

Salut et fraternité noire !

Max Obione

 

 

 

 

 

Max et François Foutel

président de Comellia

au stand Krakoen

  Salon du livre de Mont Saint Aignan
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20-21 novembre 2004

Ce salon sympathique et bien organisé, ce dont il faut remercier la municipalité et la librairie Colbert, n'a malheureusement pas connu l'affluence qu'il aurait méritée. Un temps exécrable, à ne pas mettre un lecteur dehors, et un second salon du livre, se déroulant en même temps à Maromme situé à quelques kilomètres de là, en sont peut-être la cause. En dépit de cela, Georges Hubel pour sa première participation n'était pas mécontent d'avoir délivré 10 dédicaces sur son premier roman « 8 jours chrono ». Il a mesuré à quel point ce n'est pas évident d'aborder le public et de parler de son livre. Mais désormais, il a acquis une expérience grâce à Krakoen qu'il fera fructifier dans les prochains salons puisqu'il a promis d'écumer notamment les salons en Basse Normandie.

Max Obione, quant à lui, présentait en avant première son dernier ouvrage « Le jeu du lézard », mais c’est son « Calmar au sang » qui accrocha le plus les lecteurs. Une raison simple : Max, de plus en plus rompu au marketing, n’avait pas hésité à disposer des bandeaux « Un Rouen de cauchemar » sur les exemplaires. Qu’on le veuille ou non, ce genre de référence locale constitue une accroche qui fonctionne toujours.

Ce salon a permis de nouer un contact avec un auteur qui s’est déclaré intéressé par la coopérative Krakoen. De plus, la librairie Colbert de Mont Saint Aignan et la librairie L’écho des vagues de Rouen, ont souhaité présenter les ouvrages du catalogue dans leurs établissements respectifs.

 


  Salon du livre de Caen 2004
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Éditions Krakoen présentaient Max Obione avec ses deux romans au stand des éditions haut-normandes. Maison d'édition inconnue, auteur inconnu, et pourtant c'est 48 dédicaces qui ont été délivrées durant les deux jours. Un succès très encourageant pour Krakoen et pour Max Obione.

 

"Didier Deaninckx devant le stand des Éditions Krakoen"

 
  Page Lire de Paris Normandie :
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Du Calmar au menu
(Mardi 22 juin 2004)

 
Lire l'article>>
  On parle du Calmar au sang :
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Allez faire un tour à l'adresse suivante:
http://raf.apinc.org/livre.php?num_livre=41

 
  Signature à la librairie L'Armitière à Rouen,
samedi 12 juin 2004 :
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A l'invitation de Corinne, responsable du rayon polar et noir, Max Obione a signé son dernier roman Calmar au sang en présence de Anthony Mundy, l'illustrateur de la couverture. Les dédicaces étaient toutes accompagnées d'un dessin original de Mundy. Rencontrer ses lecteurs dans un tel lieu fut une grande joie pour Max qui a débuté sa carrière dans la librairie. Un retour aux sources en quelque sorte, non une fin mais un départ vers ne nouvelle carrière de romancier. Le champagne fut sablé en présence des amis, de Corinne bien sûr et du directeur de la librairie, Mathieu de Monchaslin.
 
  Une méchante humilité
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L’interview de Maud Letti
(Septembre 2003)
 
     
Maud Letti :    Dans votre dernier roman intitulé « Les vieilles décences », le narrateur est un auteur débutant. Pourquoi ressent-il la nécessité de relater les aventures qu’il vit désormais en compagnie d’un vieux flic à la retraite ?
     
Max Obione :    Parce que la plume titille mon personnage depuis des années et qu’il dispose désormais du temps et de la matière ; pour lui le temps est venu de se lancer. Il est captivé par la vigueur de ce flic — sa verdeur aussi. On note des ruptures dans son style. Il est en recherche. En fait, il se plaît à explorer les formes romanesques mêlant alternativement le passé au présent, « les conjugaisons du temps » comme il dit.
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  Festival du livre "Le polar"
17, 18 et 19 octobre 2003
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Bois Guillaume Seine Maritime
 
Grande première fructueuse pour Max Obione parti à la rencontre des lecteurs et des auteurs présents parmi lesquels Franck Pélissier et André Delabarre (Prix du Quai des orfèvres 1999)
  Un auteur auto-édité est-il un bon auteur ?
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Par Franck Pélissier
 
Cette question, on pourrait légitimement se la poser. C'est vrai, quoi : s'il existe des éditeurs, ce n'est quand même pas fait pour les chiens ! Et si des auteurs talentueux étaient ignorés, ça se saurait, non ?

Et bien, pour être honnête, je n'en suis plus si sûr que ça.

D'abord, quelques chiffres : il faut savoir que, dans notre pays, les gens aiment démesurément écrire. Une récente étude à indiqué que 8 à 10% des français se sont déjà lancés dans l'écriture de poèmes, de nouvelles ou de romans. J'ai fait les comptes, ça fait quand même près de 6 millions d'individus.

Parmi cette foule "d'écrivants", un certain nombre tente sa chance auprès des éditeurs. Résultat, ces derniers sont submergés de manuscrits et ne prennent plus le temps de les lire.

(21 octobre 2003)
www.franck.pelissier.free.fr

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