8 jours chrono  

 

RESUME

La police est sur les dents, les médias grondent, en haut-lieu on s'impatiente. Le policier chargé de l'enquête sur le meurtre du député Gilbert Dumesnil appelle à sa rescousse son ancien patron, vieux briscard de la Crim en retraite. Et c'est ainsi que Roselier reprend du service... Il se donne 8 jours pour résoudre l'énigme. Un véritable défi !

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Georges Hubel
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Roman
292 pages (Format poche)
ISBN : 2-9519462-4-4
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Prix TTC : 10 €
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Un flic plan plan qui ne s'en laisse pas conter

Revue de presse

Voici la critique Patrick Galmel paru sur Pol'Art Noir décembre 2005

 

Le capitaine Lardinois enquête sur le meurtre d'un avocat de renom, Gilbert Dumesnil, également député à l'Assemblée Nationale ; une affaire délicate de "double" assassinat puisque le ténor du barreau a été empoisonné avant d'être retrouvé, une balle dans la tête, au fond d'un caveau du cimetière Montparnasse en attente de son locataire.

Sans piste, sans indice, mais avec la presse et sa hiérarchie sur le dos, le policier vient chercher de l'aide auprès de son ancien patron, André Roselier, fraîchement retraité.

Dès l'entame de son roman, Georges Hubel affiche ses "influences". Le premier chapitre n'est pas terminé qu'ont déjà été cités les commissaires Bourrel et Maigret ainsi que l'anglophone Sherlock Holmes. Hercule Poirot ou Miss Marple n'ont pas eu droit à cet honneur mais, en cherchant bien, on doit pouvoir trouver les lettres de leurs patronymes disséminés tout au long de ce même chapitre.

L'auteur nous présente un couple de policiers aux caractères dissemblables, l'un "calme et débonnaire (...) avec un début d'embonpoint", l'autre "ne tenant pas en place (...) grand et maigre" ; deux carricatures qu'il met en scène dans un roman à énigme de facture classique où se déroulent sous nos yeux, pas à pas, les avancées de l'enquête, la découverte d'indices, les déductions, les prémonitions, les intuitions, voire même les "illuminations" de cet ex-commissaire un peu cachottier qui reprend du service de même que son bonhomme de chemin à la recherche de la vérité, affublé de son éternel adjoint.

Georges Hubel (Roselier ?) joue avec nos nerfs comme avec ceux du capitaine Lardinois. Les pièces du puzzle s'accumulent mais l'image des auteurs de ce crime n'apparaît toujours pas, jusqu'à l'explication finale où tous les protagonistes sont enfin réunis et où le commissaire livre enfin la solution de l'énigme en étalant sa science d'homme de terrain et en confondant les coupables.

Georges Hubel rend ici hommage aux maîtres classiques du roman policier des premières heures dans une construction où un personnage à la Simenon mène une enquête à la Christie pour finir par tout dévoiler dans les cinq dernières minutes. Du polar à l'ancienne sous une écriture agréable où percent parfois quelques pointes d'humour et où la "triste" réalité finit tout de même par reprendre ses droits à l'issue du divertissement.

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Georges Hubel

A l’école des maîtres du genre, Georges Hubel se devait un jour d’écrire les histoires qui courent dans son imagination. Il n’est pas un adepte du polar ultra violent rédigé à grand renfort d'hémoglobine laissant un cadavre toutes les cinq pages. Il préfère le genre plus feutré s’inspirant de la tradition agahtachristienne qui privilégie l’énigme afin de tenir le lecteur en haleine tout au long de l’enquête. Ses héros sont des fonctionnaires de police ordinaires qui tentent de découvrir des coupables tout aussi ordinaires. Son commissaire à la retraite Roselier pourrait bien s’installer dans le panthéon des personnages récurrents du genre.

Extrait

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La sonnette de l'entrée retentit. Perdu dans ses pensées, Roselier sursauta. Il ronchonna : « Mais qui cela peut-il être à une heure pareille ? » Il se leva pour aller ouvrir. Il n'était pas parvenu au milieu de la pièce que la porte encadra la silhouette de son ancien adjoint.
— Ah, c'est toi !
— Alors patron, on roupillait ?
— Non, je regardais la pluie tomber. Tu devrais essayer, tu ne peux pas savoir comme c'est apaisant! J'étais loin de m'imaginer que c'était toi l'enquiquineur. D'habitude, tu te pointes le samedi et tu téléphones avant.
— Excuse-moi, j'avais besoin de te voir sans délai.
— Tu veux boire quelque chose ?
— Merci, je crois que le café est déjà en route.
— Assieds-toi, ne reste pas planté là.
Le capitaine Lardinois se laissa tomber sur la banquette, au moment où la maîtresse de maison arrivait portant un plateau garni de deux tasses fumantes.
— Je vous ai ajouté quelques biscuits, annonça-t-elle.
— Ah ! Clémence vous me gâtez. Je suis toujours reçu comme un prince chez vous.
— Arrêtez, vous allez me faire rougir, minauda-t-elle en sortant.
— Maintenant, Victor, je t'écoute. Je présume que tu n'es pas venu de Paris, par ce temps de cochon, pour boire un café et manger des petits gâteaux.
— Non pas vraiment ! Surtout qu'avec les embouteillages, pour arriver dans ta banlieue, c'est plutôt coton. Tu pourrais habiter à Paris comme tout le monde !
— Sûrement pas ! Ici, c'est formidable. Je suis en bordure de forêt, à dix minutes de la gare et du centre-ville. Par le train, je me trouve à vingt minutes du cœur de Paris.
— Tu n'es pas vraiment voiture, c'est ton côté écolo.
— Je ne vais pas changer maintenant. Allez, accouche !
— Eh bien, je suis chargé d'une affaire depuis une semaine et je n'ai pas avancé d'un pouce. Je patauge lamentablement. Les médias ayant flairé l'os à ronger, tous les jours on compte un sujet à la télé ou un article dans la presse. Tu penses bien que la hiérarchie me tarabuste.
— Comme je zappe les infos pour me désintoxiquer, je ne suis donc pas au courant. Quel genre d'enquête ?
— On a trouvé un mort dans le cimetière Montparnasse.
— Cela me semble l'endroit idéal pour un cadavre. Je me suis même laissé dire qu'il y en avait plusieurs milliers.
— Très drôle ! Tu deviens spirituel en vieillissant. Le macchabée dont je te parle n'avait rien à foutre dans ce cimetière, du moins pour le moment.
— Vas-y ! Raconte.
— Vendredi, début d'après-midi, juste avant une mise en terre, deux employés des pompes funèbres ont ouvert la dalle, et là, ils ont eu la mauvaise surprise de découvrir le corps d'un homme, dans le caveau.
— Vous l'avez identifié ?
— Gilbert Dumesnil.
— Le grand avocat ?
— Oui.
— Le député ?
— Lui-même. J'ai l'impression que je remue le couteau dans la plaie, je me trompe ?
— Effectivement ! Je m'en souviens de ce Dumesnil.
Roselier prit son menton dans sa main et son regard se fit absent. Il dit d'une voix monocorde :
— Cette affaire doit remonter à une dizaine d'années. L'une des rares que je n'ai pas résolue.
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