Fiche "Andromicmac"
     
  Andromicmac  

Un cadavre poignardé et émasculé ! Il n'avait pas besoin de ça en ce mois d’août caniculaire. La tragédie en alexandrins n'est pas sa tasse de thé et pourtant Thierry Sauvage, lieutenant à la brigade criminelle de Soissons, va devoir relire Andromaque de Racine pour pister le meurtrier du metteur en scène de la pièce. Face à des comédiens qui jouent leur jeu mortel pour de vrai, il tente, avec sa propre troupe composée de la monumentale Joana, de Jules au cœur tendre et du légiste Philippe Seignol, de démêler les fils d'un vaste micmac. Sexe, mensonges et faux-semblants. Avec ses manières dilettantes et sa vie familiale confuse, le policier plonge malgré lui au cœur des passions humaines, au risque d’en sortir vainqueur… à la Pyrrhus.

 

 

Elisa Vix
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Policier
332 pages
ISBN : 978-2-916330-44-0
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Prix TTC : 12 €
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Elisa Vix confirme les promesses de ses deux précédents romans La Baba-Yaga et  Bad Dog (Prix du polar de Montigny 2007). Le lieutenant Thierry Sauvage s’installe avec maestria parmi les figures du genre

Avant-propos

Elisa Vix n'a rien compris. Aujourd'hui, c'est le tueur en série qui fait recette. C'est d'autant mieux s'il a la bonne idée d'être psychopathe. Les cadavres doivent s'amonceler, les scènes gores s'enchaîner, le sang gicler. De plus, en ces temps de crise, la noirceur est de mise. Le ton se veut pessimiste, l'ambiance glauque, les personnages à la limite de la rupture. Dans Andromicmac, rien de tout ça. Elisa Vix ne nous livre que le maigre cadavre d'un obscur metteur en scène (émasculé, je le concède). Ses personnages, atypiques, semblent s'amuser autant que leur génitrice à nous entraîner dans les coulisses d'Andromaque, la célèbre pièce de Racine. Plutôt que de nous mâcher la besogne, Elisa Vix nous embrouille, émaille ses pages de pistes, de fausses pistes, tisse de nouvelles intrigues, nous contraint à poursuivre la lecture sans relâche. Au final, on sort avec une certitude  de ce roman à contre courant, jouissif, intelligent et énigmatique : Elisa Vix a tout compris.

Paul Colize - 2009




Revue de presse

Sur Biblioblog -Par Dédale le mardi 25 mai 2010,

 

Mais qui a donc tué, disons plutôt massacré, Pyrrhus ? C'est ce que le lieutenant Thierry Sauvage se demande quand il est appelé au chevet de la victime. Elisa Vix nous embarque aux côtés de ce policier un peu spécial et son équipe dans le monde du théâtre, du meurtre, d'embrouilles diverses et variées. Son Andromicmac est une pièce à rebondissements digne de Racine.

L'intrigue se passe à Soissons, en pleine période de vacances scolaires, sous la canicule. Au théâtre de la ville, la troupe de L'Arlequin répète Andromaque de Racine. Pierre Kosta, le talentueux metteur en scène tyrannise ses acteurs. Un matin, il est retrouvé assassiné chez lui par la belle Hélène Brémont, jolie blonde aux formes sculpturales, et surtout Hermione dans la pièce en préparation, accessoirement aussi sa maîtresse.

Le commissariat étant en sous-effectif, c'est au lieutenant Sauvage que l'on confie l'affaire. Malgré des méthodes pour le moins peu académiques, il va tenter avec sa coéquipière de choc, la grande et dynamique Joana, épaulé du jeunot Casse-noisettes (enfin Jules de son vrai prénom, comme le célèbre Maigret), sans oublier son ami médecin légiste allergique aux vacances, de démêler ce sac de nœuds qu'on lui présente.

En effet, l'affaire n'est pas simple. Pierre Kosta est metteur en scène mais c'est aussi un véritable salaud. Elisa Vix révèle la véritable personnalité de Kosta en donnant au lecteur une mesure d'avance sur la police. Elle dévoile les pages du blog que tenait la victime avant d'être émasculée. On découvre donc que tous les membres de la troupe ont un motif des plus sérieux pour vouloir la mort de ce tyran.

Le souci de la police est bien de démêler le vrai du faux dans les déclarations des suspects. Comment croire des gens dont le métier est de jouer la comédie, le drame ? Ne sont-ils pas tous techniquement des menteurs patentés ? Je n'entre pas dans le détail de cette troupe où tout le monde se déteste plus ou moins. Faut pas gâcher le plaisir !

A cette enquête théâtrale, Sauvage doit se débattre avec des soucis d'ordre plus personnels. Il est tiraillé entre une ex-femme qui crise parce que leur fils Victor a été enlevé dans sa colonie de vacances, la disparition de sa mère alors qu'elle était pensionnaire dans une maison de retraite où il se passe des choses pas très catholiques. Il ne faut pas non plus oublier le stress qui le frappe car sa compagne actuelle attend sa délivrance d'une grossesse gémellaire. N'en jetez plus, tout va bien !

Et effectivement, tout va bien pour le lecteur. Cette histoire que l'on pourrait qualifier de rocambolesque tant il se passe toujours quelque chose est un vrai régal à lire. C'est dynamique à souhait, bien relevé, la galerie de portrait des acteurs de cette intrigue valent le détour. Y en a pas un pour racheter l'autre ! Le tout est très bien écrit, bourré d'humour, d'allusions ou clin d'œil aux maîtres du policier. C'est captivant. On ne veut pas en rater une miette.

Ma plus grosse surprise est d'avoir réussi à trouver l'identité du kidnappeur de Victor, le fils de Sauvage, mais également celle du meurtrier. Ma formation intensive en polars de qualité après les lectures des Sieurs Paul Colize et Hervé Sard, édités par la même maison, a pas mal aidé. Ces lectures vous aiguisent indubitablement votre sens de la déduction et l'intuition. Des idées forcément noires poussent comme des champignons dans votre cerveau. Si vous voulez devenir expert en crimes en tout genre et esprits tordus, vous êtes à la bonne école chez Krakoen. Cet Andromicmac d'Elisa Vix est une fort agréable mise en bouche. C'est machiavéliquement délicieux. On en redemande.

Dédale


Marc Meneguz a lu Andromicmac (Bibliotheca - janvier 2010)

[...]L'excellent roman Andromicmac d'Elisa Vix sort en 2010 aux éditions Krakoen et présente une nouvelle aventure du personnage de Thierry Sauvage dans une enquête des plus épatantes. Le lecteur est entraîné dans les coulisses du théâtre antique de Racine pour y découvrir l'envers du décor d'une troupe de théâtre soumise à de multiples tensions, rancœurs et vieilles histoires qui semblent toutes tourner autour du metteur en scène, quelque part heureusement assassiné. Chacun est un suspect potentiel et Elisa Vix multiplie avec beaucoup de talent les indices et fausses pistes dans ce qui paraît au départ être un roman à énigmes des plus classiques. Mais l'accent n'est pas mis sur ce drame, mais plus sur Thierry Sauvage et ses multiples aventures, ses affaires de femmes, de famille... et qui fait avancer l'enquête, ou plutôt les enquêtes, en fonction de sa vie privée tumultueuse. Ce mélange dans les intrigues autour du même personnage est des plus réussis, et on accroche du début à la fin. Le style vif, relevé et plein d'humour de l'auteur en font une lecture des plus agréables.

Andromicmac, troisième roman d'Elisa Vix, est un polar très réussi, bien ficellé et qui tiendra en haleine le lecteur du début à la fin.


Axelle Simon a lu Andromicmac (K-libre janvier 2010)

Mise en scène

À Soissons, le metteur en scène d'une troupe de théâtre est retrouvé sur son lit, nu, ligoté et privé de ses attributs mâles. L'inspecteur Sauvage et sa coéquipière Joana soupçonnent tout de suite la troupe avec laquelle Pierre Kosta, la victime, montait la pièce Andromaque. En effet une silhouette vêtue d'une robe de bure, costume de la pièce, a été aperçue sortant de l'appartement la nuit du meurtre.

L'enquête donne lieu à une série de portraits, de Philibert le vieil acteur alcoolique, au jeune premier Olivier, reconnu dans la rue pour avoir tourné dans une pub ; des deux sœurs Brémont un peu folles à l'actrice vieillissante aigrie Christine Pek, jalousant la belle eurasienne Anna Vitelli à qui a échu le rôle titre d'Andromaque. Sans oublier le petit jeune de banlieue Pablo Fiorès. Face à cette troupe de théâtre, l'auteur Elisa Vix nous dresse une description de chacun des policiers, Joanna la blonde volcanique, Jules le débutant et le légiste Philippe Seignol qui déteste les vacances. Et au centre, le héros, l'inspecteur Sauvage tente de démêler les fils tout en partant à la recherche de sa mère disparue de sa maison de retraite.

Au départ le lecteur a une longueur d'avance, car il a connaissance du blog tenu par Pierre Kosta que les policiers finissent par lire après avoir réussi à déjouer le mot de passe de son ordinateur. Chacun des acteurs avaient une bonne raison d'occire le metteur en scène tyrannique et il faut tout le flair de Sauvage et une fin théâtralisée pour démasquer le coupable.

On ne peut s'empêcher de penser à Agatha Christie, d'ailleurs l'auteur la cite plusieurs fois dans le texte. Et comme dans Agatha Christie, il est un peu frustrant que la solution découle de l'intuition du policier qui a mené l'enquête car, évidemment, on n'a pas eu la même intuition. Et donc nos chances de trouver le coupable sont minces. Cependant, malgré cette petite réserve, ce roman est tout à fait recommandable car très bien écrit et donc d'une lecture agréable.

Citation

Pourquoi ? À quoi jouait-on ? Une sorte de remake des Dix petits nègres ?


 

 
 
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