Fiche "Archi mortel"

                     LIVRE EPUISE - INDISPONIBLE

     
  Archi mortel  

     LIVRE EPUISE

     INDISPONIBLE

Qu’un architecte soit retrouvé la tête lestée de plomb, rien de tel pour exciter la curiosité de la police. Qu’un deuxième architecte soit retrouvé la tête lestée de plomb, ça commence à faire tache dans la statistique. Le jeune flic chargé de l’enquête, amateur d'art aux moeurs policières dissolues, réussira-t-il à dénouer tous les noeuds qu’il découvrira dans le sac du même nom? Et l'amour dans tout ça, demanderez-vous ? Ben justement, une belle môme l’attend au virage.
Attention, dérapages incontrôlés garantis.

 

 

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Pascal Jahouel
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Roman policier
252 pages
ISBN : 2-916330-05-4
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Prix TTC : 8 €
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Une tête de l'art mène l'enquête

A propos

Que dire d’un premier roman ? Qu’il contient des promesses, autant que des défauts ! Certainement. Mais, l’important c’est le tempérament qui surgit au détour d’une phrase, d’une situation, d’une expression, c’est la musique des mots qui résonne au-delà de la verdeur et de l’air du temps. Pascal Jahouel s’est lancé dans l’aventure de l’écriture avec la fougue des commencements, il a choisi le polar car il pouvait y exposer ce qui pesait sur son coeur, ses joies, ses détestations, ses engouements et surtout l’amour de la vie tout court, bien que dans ce genre littéraire, c’est la mort qui endosse le rôle principal. Mais n’est-ce pas une manière de la conjurer que de l’approcher avec des mots qu’on écrit pour laisser de soi la trace de son existence, sans se prendre la tête, avec une joie langagière qui prouve que tout ceci n’est pas sérieux, finalement.


De la verve, de la verdeur, de la vivacité dans ce premier roman déluré



Revue de presse

      

Luis Alfredo a lu Archi Mortel (novembre 2006)                 

Chez les architectes, la saison est à l'indigestion de plomb. Coup sur coup, deux membres de cette honorable profession sont assassinés de plusieurs balles en plein crâne.
Bertrand  Lejeune, l'inspecteur chargé de l'enquête, en indélicatesse avec sa hiérarchie, tente de démêler les fils de cette affaire aux relents nauséabonds. Mais, en indélicatesse avec sa hiérarchie, il est réduit à se mettre en congé, afin de suive une piste qui le conduit dans un ex-pays de l'Est, pays qui est certes toujours à l'est, mais qui n'est plus de l'autre côté du mur…
De cadavres, en œuvres d'art volées, Bertrand Lejeune rencontre, sur la route du dénouement, l'amour avant de croiser de nouveau le désespoir.
Pascal Jahouel nous livre là un premier roman policier conforme à la tradition, mais à la verve radieuse et rebelle, qui fait que ce polar mérite qu'on fasse une halte et que l'on se plonge au beau milieu de cet imbroglio.

Sur Rayon du polar

 


 

Jeanne Desaubry a lu Archi mortel

Pascal Jahouel aime la vie. Il n’aime pas les cons, les filous, les p’tits chefs, la bien pensance et les bourgeoises catho vieillissantes. Bon ! me direz-vous. Cela en fait quelqu’un d’éminemment sympathique, mais pas forcément un écrivain. Je confirme. Il est sympathique : drôle, chaleureux, écorché ce qu’il faut, averti des saloperies de la vie sans être devenu amer. Mais un écrivain ? S’il l’est devenu sur le tard, poussé aux reins par un de ces hasards d’existence, il présente, sur un terreau hors norme, toutes les caractéristiques de cet être étrange : l’écrivain de polar. Alors, écrivain, oui, pour le bonheur du lecteur.

Passé un premier chapitre dont on sent qu’il lui a donné du mal, la suite se met en place avec le claquement sec du verre sur le bar : une belle langue riche, inventive, verte et rude ce qu’il faut. Bertrand Hilaire Lejeune (BHL pour les intimes) son héros, fils d’ouvrier anar, flic par conviction humaniste, avance cahin-caha dans une enquête où les voyous portent nœud-papillon et rosette à la boutonnière. Les scènes amoureuses sont savoureuses et l’on aimerait même, tiens, que la vie leur ressemble plus souvent.

Son roman nous ballade entre Rouen, Varsovie et le Havre, ville pour laquelle il avoue une préférence intime et documentée. La descente dans le monde nauséabond des architectes véreux donne aussi l’occasion de digressions passionnées sur l’art.

La chute en forme de feu d’artifice donne un tour tragique à l’amour, des allures de drame classique à la farce culottée de P. Jahouel. Sûr ! Le noir, c’est pas rose !

La plume peut mûrir, mais on n’oubliera pas ces cons qui lui « font clapoter les urines » ou qu’il faut parfois faire « fumer la ficelle du string »…

Retrouvez les notes de lecture de Jeanne Desaubry sur son site


 

Patrick Galmel a lu Archi mortel, voici sa critique parue sur Pol art noir (juin 2006)

Bertrand Hilaire Lejeune – BHL pour les intimes ; ou plutôt pour le commissaire Chassevent, son supérieur, lorsqu'il est énervé – se trouve confronté au cadavre d'un architecte plombé de deux balles dans la tête. Passablement gauchiste, souvent aux prises avec son patron facho, le lieutenant Lejeune, qui cherche l'amour auprès de chacune des femmes qu'il croise, mène son enquête.

Kasperski, le mort, était une vrai saloperie très croyante :

"(...) les gros sous ont moisi la tête de ce mec, au point de lui faire oublier le respect de la légalité la plus élémentaire. Je ne sais si le pieux Kasperski se dore la pilule au paradis, mais je sui certain que ce ne sont pas les bienfaits sur cette terre qui lui en ont ouvert les portes."

Le lieutenant patauge dans le cloaque des architectes, donneurs d'ordre, maîtres d'œuvre ou d'ouvrage, conducteurs de travaux, sondant ce véritable panier de crabes, mais aucune piste solide n'apparaît. Une belle ordure, mais de là à le trucider...

Heureusement, il croise à cette occasion la belle Claire pour qui son cœur – comme le reste – est en émoi...

Pascal Jahouel écrit pour le plaisir, le sien comme celui du lecteur pour lequel il fignole, dans une langue à la verve insolente, un personnage de flic esthète, amateur d'art moderne et en quête de la perle rare : l'amour de sa vie. Pascal Jahouel écrit avec la gouaille de ceux qui connaissent le goût du bitume, il croque à grands traits sauvages quelques travers de la connerie humaine :

"Arrivé sur la Rive droite, je pète la petite santé. Je remonte allegro la rue qui porte également le blase de la pucelle et je confirme qu'il est un peu envahissant le souvenir de la "bouteuse de British". Les Rouennais s'en veulent tellement d'être les héritiers d'une populace qui a laissé le Cauchon rôtir une môme n'ayant jamais pris son ripaton que depuis ils vouent un culte sans faille à la mémoire de la bergère de Donrémy."

Ça ne s'invente pas !..

Mais il sait aussi se faire poète habile quand il parle d'amour ou qu'il croise un confrère ; un poète, bien sûr, pas un flic !..

L'intrigue, bien que construite et mettant en avant certains fait de société, n'est ici à prendre que comme un support, avec un final quelque peu éventé, mais la rencontre du lieutenant Lejeune vaut à elle seule le détour et on se prend souvent à sourire tant le personnage paraît perdu et décalé dans son commissariat.

Il devrait y avoir beaucoup plus de lieutenants BHL !

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Les premières pages                                   

                                                                            1

                                                               ÉTAT DES LIEUX

     — Pan Pan !
      Un œil clos, l'index et le majeur visant la cible, j'essaie de reconstituer la scène. Deux balles dans la tête. C'est du boulot net et sans bavure, enfin presque. Le tapis de coco imbibé de raisiné est bon à changer et les murs sont maculés de matière grise. Sale harmonie de couleurs.
J'ironise pour me donner de la contenance :
     — M'est avis qu'il ne souffrira plus de migraine avant longtemps, le gars !
      Si l'on fait abstraction de l'écervelé qui gît sur le sol, on peut dire que les bureaux sont plutôt accueillants. Leur petit côté vieillot et bordélique me botte bien. Un peu comme chez moi d'ailleurs. Il y règne un joyeux foutoir qui rend plus hospitalier tout lieu de travail.
      Mon client devait se trouver en pleine cogitation créatrice avant que son esprit ne soit altéré par les deux pruneaux. Sur sa planche à dessin posée sur deux tréteaux, un rouleau de calque d'études est déployé ; des patatoïdes y sont tracés aux feutres de couleur, j'en ignore le sens pour l'instant. Il devait travailler encore façon vieux jeu, papy, avec sa grouillotte dégueulante de matériel de dessin d'un autre âge. Il utilisait toujours ses bons vieux tés et équerres pour bidouiller ses plans ; seule concession accordée au modernisme, il avait tout de même délaissé ses graphos pour des pointes tubulaires.
Sur une desserte attenante trône un PC à des fins sûrement décoratives ; de toute évidence, ici, l'ordinateur n'avait pas encore remplacé totalement la main de l'homme, ni son cerveau. Oh pardon ! En tout cas, mon refroidi ne résistera plus à la déferlante informatique laissant croire, la sournoise, que même un nullos peut avoir du talent.
      Sûrement une raison supplémentaire pour que j'aime bien l'ambiance de cet atelier d'architecture. Il y règne en plus une agréable odeur de papier et d'encre, elle me rappelle mes cours de dessin d'antan.
     — Il n'a pas dû souffrir ! lance désinvolte le photographe de la scientifique.
     — Tu parles ! Avec deux balles dans l'occiput, le siège de la douleur à l'intérieur de sa petite tête a dû morfler avant qu'il ne ressente quoi que ce soit.
      Vu de face, le type présente encore une gueule d'aspect humain. Deux trous béants ponctuent simplement son front ; une partie de sa nuque a foutu le camp, éparpillée entre sol et plafond. Au pif, il a une cinquantaine bien tapée, le cheveu blanc toujours abondant et une dégaine de petit notable de province avec des fringues simili haut de gamme élimées et à présent tachées.
Je lance à la cantonade pour détendre l'atmosphère :
     — Y a des amateurs de puzzle ?
      Les premières constatations sur les lieux d'un crime me sont invariablement pénibles. D'aucuns s'en accommodent avec le temps, moi pas. Une envie de gerber va me poursuivre des jours durant, aussi je fais le malin afin de garder mon p'tit déj qui stationne au bord de mes lèvres. Grâce à l'humour, je supporte ce putain de marigot dans lequel je patauge. Et dans ce boulot, je suis servi. Mais je peux rire de tout pour oublier d'en pleurer. Je ne sais plus où j'ai piqué cette citation. Ça fait classe quand tu peux la ressortir, mais là, c'est pas le moment.
       J'observe attentivement les pros de la scientifique oeuvrer sur les lieux. Ils photographient, prélèvent, grattouillent à tour de bras, tous les indices, empreintes, traces d'ADN, impacts. Il m'estomaque ces crèmes de la police, ils sont capables d'amasser des preuves avec un poil de chatte, une goutte de foutre, une poussière, un pollen, de décortiquer le ventre des ordinateurs, décrypter les com des téléphones portables et tout cela sans garde à vue, ni coup de bottin sur la tête. J'avais rêvé de rallier ce service d'élite, sans qui aucune enquête n'est résolue désormais. Pas assez d'unités après le bac, coco ! qu'on m’a répondu à l'époque, nullement mécontent qu'on ait déjà bien voulu de moi dans la volaille, autre part qu'à un carrefour.
      Me voilà donc avec un cadavre sur le râble.

 

 

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey