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Illustration : Anthony Mundy
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Calmar
au sang
2ème édition
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L'histoire
Les édiles de Méandreuse-sur-Seine
ont rompu le pacte autorisant le caïd des Hodeux à faire
régner l'ordre dans la cité des "racailles".
Plus question de lui verser du fric pour acheter la sécurité.
La trêve étant rompue, la baston est inévitable…
mais le dénouement en surprendra plus d’un(e). Un Rouen de cauchemar !?
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Citation
Voici la conclusion du papier de Joël Jégouzo
Le Calmar de Max Obione est donc un sacré Poulpe, un Poulpe au cube même, aux prises avec une France plus noire que jamais - et encore : c'est pour demain, parions-le ! [...]
Un roman de la mort qui tue en somme, où l'on croiserait Zazie dans les décombres du métro parisien, et Max Linder accoudé à La Périchole, le bar de la Porte de Vanves où le Calmar a élu domicile. Mais il ne faudrait pas réduire ce roman au seul pastiche. Dans un style particulièrement décapant, Max Obione a réussi un sacré tour de piste, en nous offrant au passage un tableau édifiant d'une France vautrée dans les rigoles de son histoire.
AVANT PROPOS
André Lacaille
PORTRAIT : Azraël Zirékian
dit Le Calmar
C'est un mec libre circulant le nez au vent, toujours prêt à semer sa zone, à shooter dans les taupinières, à bastonner les méchants cons. C'est un traîne savate au grand cœur, toujours à la page, mettant ses pieds dans les pas des gens défrayant la chronique des chiens écrasés et autres rubriques réservées aux éclopés de la vie… Graine d’ananar sur les bords, c'est une espèce de pigiste-détective à son compte, une sorte d'aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au lait, curieux comme une fouine, pistant les fafs rien qu'à l'odeur. Indécrottable à perpète ! Ses deux amours? Lilas la manucure et son vieux zinc Farnborough qu'il retape. Le passe temps favori de cette grande gigue ? Gratter en se bidonnant, là où ça fait mal ! Comme ces plaies suppurantes de la souffrance sociale. C'est un chaleureux détonateur des temps présents.
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Max Obione s’empare des peurs
qui rôdent et tricote des histoires
à réfléchir debout.
Des lecteurs avertis prétendent que ce Calmar
fait la nique aux meilleurs des Poulpe !
Revue de presse
Voici la conclusion du papier de Julien Védrenne
[...] Maintenant, pour parler de Calmar au sang, il me faudrait quand même oublier Jean-Bernard Pouy et son Poulpe. Mais c'est dur. Toute la lecture rappelle ce héros. Même si des différences d'approche existent. Le Calmar est un peu plus maudit que son père. Il voyage en moto en 2008 dans une France presque méconnaissable. Ses envies anarchistes sont toujours-là. Son avion aussi. Et il n'hésitera pas à le faire voler pour mieux lancer toutes ces bombes qu'il soulève. Les méchants sont toujours aussi vils et mesquins. Et les rencontres du Calmar permettent toujours autant d'espérer. Le genre humain subsiste. Dans un monde où chacun espionne pour l'autre, la bonté et la beauté surnageront. Il est trop franchement enamouré de sa Cheryl à lui, de sa Lilas. Mais ce n'est pas grave. Le rouge à lèvres est beau et l'imagination féconde.
Le talent de Max Obione, avec Calmar au sang, qui aurait mérité d'être un "vrai" Poulpe, est dans cette greffe dont je parlais auparavant. La terre était prête pour l'accueillir. Son secret ? Sûrement un mélange équilibré de respect, d'appropriation du héros - ce que JPB souhaitait par dessus tout - et de folie. Vous me direz que pour parler des poulpes et des calmars, il aurait mieux valu se référer à la génétique qu'au bouturage mais il y a un point commun : la greffe. Et celle-là a parfaitement pris.
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Voici la conclusion du papier de Patrick Galmel
Le Calmar... une copine manucure... un vieil avion à retaper... quelques penchants libertaires... ça ne vous dit rappelle rien tout ça ? Mais si voyons ! Azrael Zerikian est un cousin de Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe. Attention, je n'ai pas dit un clone, un cousin... germain, même s'il n'a rien d'allemand.
Max Obione nous offre là un réjouissant pastiche de la série initiée par Jean-Bernard Pouy : tous les éléments constituant le cahier des charges de l'aventure poulpienne y sont d'ailleurs réunis ; c'est juste l'éclairage qui est légèrement modifié, mais l'espris est intact :
— Moi, je me ballade pour humer l'air du temps.
— Beau métier (...).
— Vous savez l'air du temps, c'est pas toujours du sent-bon, c'est aussi l'odeur de la pourriture.
Max Obione profite de l'aubaine qu'il s'est lui-même donnée et laisse couler sa colère, sa rage, face à cette société bien pensante qui se construit sur la peur, qui s'organise, qui récupère, qui met en œuvre la défiance, qui fait de l'autre un ennemi potentiel... Chacun en prend pour son grade à Méandreuse sur Seine - mais ne reconnaît-on pas là cette ville nichée au creux de la Seine, justement, et dont la cathédrale vit passer une célèbre Jeanne qui allait finir au bûcher ? L'auteur, à sa manière, met en lumière les accords improbables qui unissent parfois (toujours ?) des factions opposées, sur le dos de la plèbe et des miséreux. Chacun y trouve son compte bien sûr, sauf la piétaille !
Dans une écriture et une langue refraichissante, enrichie de néologismes bien sentis, alliant une narration précise à une certaine magie de la description - cette séance de coiffage chez un merlan mélomane à tendance bluesy est un vrai bonheur, quant au ressenti du timbre de voix de Billie Holiday, il est tout simplement génial - Max Obione nous apporte un ballon d'oxygène avec son Calmar, car Azrael ne s'embarrasse pas de préjugés, il rentre dans le lard, de manière directe, frontale et primaire, et il s'en donne à cœur joie. Que les fafs, fachos, racistes de tous bords aillent cramer en enfer, il fonce, il défonce : après lui, voire avec lui, le déluge !..
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