Fiche Casimir orangeade
     
  Casimir orangeade  

Nouveauté...

Si, pour vous, Danièle Gilbert évoque autre chose qu'une nouvelle star de la télé réalité, si la Roche aux fées fleure mieux le yaourt qu'un site touristique breton, si Chantal Goya vous inspire plus le rêve que le mépris, si Casimir n'est pas le prénom d'un homme célèbre du siècle passé, si le Télécran vous rappelle plus un jouet révolutionnaire qu'un moniteur plasma, et si Hercule était d’abord l'acolyte de Pif avant de donner son nom à un héros mythologique, alors, vous devriez prendre beaucoup de plaisir à lire ces évocations drôles et émouvantes d'une époque après tout pas si lointaine…

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Laurent Caillaud

Préface de Casimir

Illustrations d'Anthony Mundy

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Nouvelles

Collection Court-lettrages

ISSN 1178-2872


172 pages
ISBN : 2-916330-07-0
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Prix TTC : 13 €
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              Mythologies télévisuelles des années 70

Nostalgiques adulescents

     Il en est des personnages comme des objets : certains n'évoquent qu'une vague image du passé, d'autres, on ne sait pourquoi, sont restés cultes.

     Il suffit souvent d'un mot pour être aussitôt propulsé dans le temps et l'espace : Vélosolex, chemise nylon, caméra super 8, mange disque 45 tours, Pif gadget, la DS, la 2CV, la R16… tiens, je l'avais oubliée celle là!... Il y a aussi les pubs : la mode n'était pas au régime light: Oasis et Carlos, Nesquik et Grosquick, les collants Dim, grâce à 6 notes de musique etc… Et pour finir bien sûr, les héros télé qui ont rempli une si grande place dans le monde de l'enfance, car ils font appel à l'imaginaire : Tom Sawyer, Capitaine Flam, Ulysse 31 ou Albator chez les garçons, et pour les filles : Heidi, Maya l'abeille, Candy et bien d'autres…

Certains personnages comme Chantal Goya, Casimir, ou Claude François sont devenus des mythes, symboles de toute une génération grâce à la télé. Et pourtant, à cette époque, elle n'était pas encore motivée par le profit. Les séries des années 70-80 s'adressaient plus à l'esprit qu'au porte monnaie. Les producteurs ne subissaient pas le terrorisme de l'audimat, et les créateurs n'étaient pas encore appelés «fournisseurs de contenu ». Je vous parle d'un temps où, bien sûr, Internet et le téléphone portable étaient du domaine de la science fiction.

     Nostalgie… nostalgie… il y a ceux pour qui le passé n'a que le charme désuet des antiquités et le retour à l'enfance une régression infantile.

     Mais pour ceux qui n'ont pas honte d'être catalogués « adulescents », la nostalgie est un réservoir d'émotion et un moyen de ne pas se prendre trop au sérieux. C'est leur petite madeleine de Proust, une façon de se ressourcer et de retrouver ses racines. La  «KidGeneration » n'est pas un groupe d'attardés tournés vers le passé. Se retrouver pour faire la fête, déguisé en Inspecteur Gadget ou en Maya l'abeille et chanter les génériques des dessins animés de son enfance n'empêche pas d'avoir des responsabilités dans la vie active. C'est aussi un exutoire et un dérivatif : à l'époque de crise que nous vivons, « Le pays des enfants heureux » que je chante est souvent devenu le « Pays des adultes soucieux  ». Tant pis si d'autres préfèrent regarder le foot à la télé en buvant de la bière.

     Renaud évoquait en chanson les « Mistrals Gagnants » de sa jeunesse. Aujourd'hui, Bénabar rend hommage à la belle émission de Maritie et Gilbert Carpentier « Numéro un ».

Laurent Caillaud, lui, avec un mot, un détail, un objet, nous met sur la voie. Il éveille et fait revivre en chacun de nous ces agréables souvenirs que le quotidien nous pousse à oublier. Il est salutaire et même essentiel de garder un pied dans l'enfance. Ce livre vous y aidera sans aucun doute.

      Le gros souvenir orange de votre enfance vous salue bien.

Casimir



Préambule

     

     Il leur aura donc fallu attendre de dépasser la trentaine pour que tous leurs sens soient au plus fort de leur éveil et émettent sur leur mémoire des signaux assez forts. L'adolescence, les études, les tourments de la vie, les soucis du travail et autres considérations bassement matérielles avaient recouvert de nombreux souvenirs, mais ne les avaient heureusement pas définitivement enfouis.

      Depuis quelques temps, une couleur, une odeur, un son, une texture, une saveur les ramènent plus que jamais des années en arrière et font remonter en eux de succulentes réminiscences. Des évocations d'une époque si particulière où le monde était en complet bouleversement. La société de consommation et la télévision étaient en plein essor et leur avènement avait une influence très particulière sur les enfants qu'ils étaient.

     Ils s'appellent Thierry, Isabelle, Laurent, Stéphanie, Christophe ou Sylvie. Se rappeler ces infinis détails en ne gardant que le meilleur leur apporte un bien-être étonnemment jubilatoire. Et ils ont pu revisiter ces souvenirs comme jamais, avant que leur mémoire déficiente ne les efface. Avec toute la lucidité de leur soi-disant bonne santé psychique de jeunes adultes et avec encore suffisamment d'innocence d'une enfance après tout pas si lointaine.

Laurent Caillaud

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey