Fiche "Coup de foehn"
     
  Coup de foehn  

Sarah se sent comme un têtard au fond d'un bocal. De regarder le monde à travers une paroi de verre, elle n'en peut plus ! Sa mère l'étouffe. Un séjour linguistique dans le canton de Zurich lui offre une délivrance. La voici propulsée au sein de la toute puissante famille Gründlich. En fait de bouffée d'oxygène, elle respire le fœhn, ce vent helvétique qui rend fou et qui viendra déloger le fantôme de son aïeul disparu en 1943. Aidée de Johann, journaliste local à la jambe raide, dont elle s'éprend furieusement, elle lèvera le voile sur l'un des épisodes des plus sinistres de l'histoire suisse : la neutralité bienveillante et lucrative envers les Nazis.

 

 

Franck Membribe
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Polar
212 pages
ISBN : 978-2-916330-78-5
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Prix TTC : 10 €
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Après l'exploration littéraire de la branche espagnole de son arbre généalogique, Franck Membribe puise ici dans ses origines helvétiques la matière dont il nourrit ses romans.


Avant Propos

11 000 pages. Vingt-huit volumes. C’est la matière brute produite par la Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre mondiale entre 1996 et 2001 (le rapport Bergier). Une enquête minutieuse sur le comportement des Suisses face au régime national-socialiste et à ses crimes. La précision helvétique au service de la mémoire collective. Son grand-père suisse né à Turbenthal en 1902, Franck Membribe ne l’a jamais connu. La mémoire individuelle de cet homme s’est effacée à tout jamais dans les années cinquante. Qu’a-t-il pensé de l’attitude de ses compatriotes depuis son exil marocain ? Comment les membres de sa famille restés au pays ont-ils vécu cette période ? Ont-ils été des justes, de simples citoyens passifs, ou d’actifs collaborationnistes ? Fidèle à sa ligne de conduite, l’auteur ne cherche pas de réponse rigoureuse à ces questions d’ordre familial. Il laisse parler la fiction. Une fiction ancrée à des faits avérés. Les personnages de ce roman sont le pur produit de son imagination. Ils en disent pourtant long sur la Suisse éternelle dont l’actualité témoigne qu’elle n’a toujours pas su tirer les leçons du passé. Le retour en force de la xénophobie se traduit de nos jours par l’interdiction des minarets, l’expulsion des étrangers délinquants. Ce repli sur soi dans la tour d’ivoire alpine n’augure rien de bon.

Après l’exploration littéraire de la branche espagnole de son arbre généalogique dans « Ultime tercio à Salamanque », Franck Membribe puise de nouveau dans ses racines lointaines la matière romanesque dont il nourrit son œuvre.

Marc Kerbenfimb

Maluentu, le 7 septembre 2010




Revue de presse

Marc Meneguz a lu Coup de foehn (bibliotheca (belgique) avril 2011)

Sarah, 16 ans est une jeune française de Marseille, étouffée par sa mère et qui a enfin l’occasion de s’évader en partant en séjour linguistique dans un village du canton de Zürich. Le but est de servir de fille au pair à l’éducation des enfants de la puissante famille Gründlich, établie depuis plusieurs générations dans cette reculée vallée proche de Zürich. D’ailleurs ce lieu n’est pas un hasard pour Sarah, son grand-père habitait la vallée avant de disparaître durant la Seconde Guerre mondiale. Mais en fait de bouffée d'oxygène, elle respire le fœhn, ce vent helvétique qui rend fou et qui viendra déloger le fantôme de son aïeul disparu en 1943.  Aidée de Johann, journaliste local à la jambe raide, dont elle s'éprend furieusement, elle lèvera le voile sur l'un des épisodes des plus sinistres de l'histoire suisse : la neutralité bienveillante et lucrative envers les Nazis.

Le roman policier Coup de foehn de l’écrivain français Franck Membribe nous fait redécouvrir par les yeux d’une adolescente la triste réalité suisse durant la Seconde Guerre mondiale, ses affaires cachées par une neutralité de façade lors d’une des plus sombres périodes du siècle passé. Et l’intérêt de cette courte histoire vient surtout par sa narration faite par une adolescente insouciante, encore irresponsable et qui peu à peu commence à apprendre les conséquences d’actes irréfléchies en se penchant sur l’histoire de sa famille. L’auteur réussit à rendre le style adéquat au personnage, au point que l’on y croit réellement. Le résultat en est un roman drôle, léger et grave à la fois, qui se lit avec un immense plaisir et qu’on aurait aimé être un peu plus long.

Coup de foehn de Franck Membribe est un roman à découvrir, léger et grave... un excellent divertissement !


Pierre Faverolle a lu Coup de foehn (sur le blog Black Novel-mars 2011)

Voici un petit roman passionnant à bien des égards, publié par une petite maison d’édition réputée pour la qualité de ses titres. Celui-ci me permet d’ajouter un nouvel auteur à la liste des découvertes.

Sarah est une jeune fille juive de 16 ans, qui habite Marseille. Pour améliorer son niveau d’Allemand, rien de tel que des séjours linguistiques. Sa mère l’envoie donc en Suisse, dans la riche famille Gründlich, où elle sera jeune fille au pair. Pendant les deux mois de vacances estivales, elle s’occupera des jumeaux Max et Jonas. Si Sarah a été envoyée dans ce village, c’est parce que Samuel Seemann son arrière grand-père y vécut et y disparut pendant la seconde guerre mondiale.

La famille Grünglich est une riche famille de la Suisse allemande, qui règne en maître sur le village de Hübscherwald. Elle a fait fortune dans des domaines divers tels que le bois, le textile, et possède son propre journal local. Sarah va rencontrer l’un des journalistes Johann Kramer, dont elle va tomber amoureuse, alors qu’il a le double de son age.

Sarah veut juste en savoir plus sur son arrière grand père disparu, pour renouer avec ses racines, mais aussi pour faire plaisir à sa mère. Elle et Johann vont donc enquêter en douce, pour ne pas déranger l’ordre qui règne dans ce village suisse, balayé par le Foehn, le vent violent qui rend fou, et vont découvrir des vérités qu’il ne fait pas bon déterrer.

Parfois, il est utile de rappeler certaines choses que l’on a tendance à oublier trop vite. Prenez la Suisse : pays neutre par excellence, pays de la propreté, de l’ordre. Une fois que vous avez enlevé le vernis de surface qui rend tout joli, cela devient tout de suite moins beau. Le contexte est donc l’une des raisons qui font que j’ai lu ce roman avec avidité.

Mais l’intérêt ne s’arrête pas là : Franck Membribe a choisi de narrer cette histoire en se plaçant dans la tête de Sarah. Et là, j’adore ! Il nous montre toute la légèreté, l’insouciance, l’irresponsabilité des actes d’une jeune adolescente qui croit avoir tout compris à la vie, et qui est rattrapée par la lourde et pesante réalité de son passé. A aucun moment, je n’ai douté de ce que je lisais, j’avais l’impression d’avoir cette gamine (pardon, je vieillis !) devant moi, qui me racontait son histoire. Ce fut une lecture passionnante.

Alors, ne passez pas à coté de ce roman, prenant, passionnant, raconté par une jeune fille sympathique. C’est un roman plein de tendresse, de noirceur, sans violence (c’est à noter) sur la bassesse humaine, sur la traîtrise, sur l’héritage, sur les liens générationnels. Et n’oubliez pas de passer voir le catalogue des éditions Krakoen, au passage.

 


Un roman fluide et passionnant, vraiment très réussi.

                                      Claude Le Nocher (action-suspense - mars 2011, lire tout l'article)


Sur le blog Un polar, un papier signé Wanda, mars 2011 blog

[...] Le style est amusant, très enlevé, c'est une adolescente qui raconte  aussi bien ses états d'âme que son enthousiasme. Du coup, l'histoire  tragique du grand-père ne pèse pas trop sur le récit, même si elle en  est la trame essentielle. Les personnages sont décrits avec beaucoup  d'humour, de précision et un rien de cruauté : les jumeaux, la mère et  le père de ceux-ci, la majordome, l'herboriste... Les ambiances  familiales sont traitées avec dérision, aussi bien dans la famille française que dans la famille suisse...

                                                                                                                          Wanda

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