Fiche "EGO FATUM"
     
  EGO FATUM  

NOUVEAUTE

Araignée du soir, espoir. Cédric Mangata, policier de Toulouse, eut préféré que ce dicton dise vrai. En cette nuit de la Toussaint,  il voit plutôt dans cette bestiole une messagère funeste, car autour de lui,  proches, voisins, collègues, malfrats s'arrêtent brutalement de vivre. Devant cette hécatombe terrifiante, il a beau invoquer

«la faute à pas de chance», le responsable, c'est lui. Et pendant ce temps-là, son ennemi juré court toujours et stocke ses victimes dans les congélateurs de la  ville. Quand on ne maîtrise plus son destin et qu'on devient soi-même la  boule d'un flipper fatal, autant laisser rouler en se délestant de ses remords. « EGO FATUM », comme dit l'autre. Et  tenter de tailler la route, jusqu'en enfer.

 

 

 

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Jan Thirion
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Roman noir
190 pages
ISBN : ISBN 2-916330-14-3
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Prix TTC : 8 €
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Jan Thirion nous entraîne dans la grande

centrifugeuse du destin. Vertiges garantis !


Avant propos

Il y a un côté After hours, le film de Martin Scorcese, dans le roman de Jan Thirion. Au cours de cet enchaînement des circonstances, tragi-comiques au demeurant, dans cette nuit semée de cadavres, où un Toulouse nocturne et angoissant se substitue à Soho, où le jeune flic Cédric  Mangata remplace le personnage joué par Griffin Dunne, l'auteur nous sert un oratorio criminel d'une grande alacrité. C'est un pur plaisir de lecture qu'il nous offre en dépit des horreurs qu'il décrit avec une jubilation revigorante.  Le cocktail est détonant : une dose de thriller, un chouias de gore, une pincée de fantastique, une rasade d'humour bien noir, trois gouttes de fantaisie, un fonds indispensable de polar pour le goût, sans compter le lecteur enfermé dans le shaker que Thirion secoue frénétiquement. Une minuscule gorgée de ce breuvage - plus costaud encore que le fameux " pot belge " des dopés du Tour de France - et son héros devient champion du concours de circonstances en remportant le trophée de la poisse mortifère. En lisant les aventures de Mangata, vous voici projeté à sa suite dans la centrifugeuse du destin. La fatalité est à l'œuvre annoncée par sa messagère - l'araignée noire, créature phobique du malheur et du crime. Le livre dresse aussi une galerie de portraits savoureux, les citations no sense d'un flic valent leur pesant de lapalissades surréalistes. Avec sa prose télescopée néanmoins fluide, Jan Thirion confirme son immense talent de conteur. Ego fatum, fatalement,  laissera une trace dans la mémoire des amateurs de bonne littérature policière qui s'aventurent hors des sentiers battus… à mort, naturellement !

Nigel Greyman


 


REVUE DE PRESSE

Roger Martin a lu Ego fatum (publié dans l'Humanité du 9 août 2007)

La fatalité est aussi le sujet du roman noirissime de Jan Thirion, comme l'affiche d'emblée le titre. Irracontable, Ego fatum retrace la terrible odyssée d'un jeune flic de Toulouse, qu'un accident aussi dramatique qu'imprévisible va lancer dans une longue succession de morts dont il sera le déclencheur sinon le seul auteur. Incapable de maîtriser les coups du sort, vicitme d'un destin incontrôlable, Mangata, antihéros ballotté entre farce et tragédie, doit se contenter de survivre en s'étonnant toujours de n'être pas encore mort. C'est invraisemblable, c'est immoral, c'est atroce, et pourtant on finit par rire et souhaiter que le méchant malgré lui, homoncule voué à un destin qui l'écrase, fasse la nique à ce fatum qui a juré d'avoir sa peau.


Joël Jégouzo a lu Ego fatum (publié sur Noircommepolar - juin 2007)

Télé, pas télé ? Cédric, c’est plutôt pas télé. Même depuis que le Gaulois l’a envoyé dans le coma. Et puis… Il est trop occupé, là… En haut, sa belle-fille Milly valse. Vraiment : paf !, à terre. Morte. Le voilà du coup, calcif sur les genoux, penché bientôt sur le cadavre tandis qu’entre la mère du cadavre, sa compagne… Yeux exorbités : salaud ! Méprise totale, croyant à on ne sait trop quelle perversité de demeuré mental. Empoignade, un flingue se baladant d’une main l’autre. Le coup part, fatal. Et le mère rejoint la fille, boulevard des allongées. Cédric disjoncte. Allez expliquer ça à vos collègues de la crim’ ! Pas le temps d’y songer au demeurant : la vioque d’à côté pousse la porte de l’appart’. Lui expliquer. Mais quoi ? Milly a sauté par la fenêtre, une araignée lui avait fichu la trouille… C’est con, sa mère est arrivée quand j’étais accroupi au-dessus du cadavre, je sortais du chiotte… Pas crédible. La vioque court, il lui part après. Lui expliquer. Repousse la porte un peu fort, paf !, la vieille rejoint Delphine, Milly, et puis c’est au tour de son mari à elle, un tuba dans la gorge… Mais celui-là, Cédric l’a fait un peu exprès tout de même : pas le temps d’expliquer… Et puis merde ! Faut comprendre : Personne ne pourra croire au triple accident sans intention de donner la mort ! Se voit en tôle du coup, Cédric, avec les taulards à mignarder sa notoriété de flic. Se tirer. Décourageant ! Car ça continue, la valse des morts, jusqu’à l’avion que Cédric finit par prendre, en vrille pour cause de terreur, victime d’une crise d’araignée descendue du ciel des cockpits … Un vrai vaudeville ! Rythmé au millimètre en valses rapides et saugrenues… ça marche !


Dominique Delpiroux a lu Ego fatum (publié dans La dépêche du midi - 6 février 2007)

Gare à Jan Thirion ! Si l'envie vous prend de rentrer dans son univers, vous risquez d'être secoué. Ainsi, vous voilà partis dans les premières pages d'Ego Fatum. Là, vous croyez retrouver l'atmosphère familière de Toulouse où un flic essaye de jouer à cache-cache avec sa migraine… Mais à partir de là, comme on dit, tout part en live et les cadavres s'accumulent à tel point que l'auteur ne voit pas d'autres solutions que de les stocker au congélateur. A signaler, pour les phobiques, qu'il y a aussi, charmant personnage, une araignée messagère. On l'aura compris, c'est du polar vif et saignant, rigolo et cruel, comme on les aime.

Dominique Delpiroux


Dany Neuman a lu Ego Fatum ( publié sur le Cerclenoir http://www.cerclenoir.com/livre50.htm)

Cédric, fonctionnaire de police, est en plein interrogatoire d'un suspect, un certain Grégorioux René, dit le Gaulois. Un moment d'inattention, le Gaulois lui fonce dessus et l'envoie valdinguer, tête la première, contre le radiateur. Résultat, Cédric tombe dans un coma dont il sortira groggy. En convalescence chez lui, il monte échanger quelques mots avec Milly, la fille de sa compagne. Terrifiée à la vue d'une grosse araignée noire, la jeune fille tombe accidentellement à la renverse, du haut de l'escalier de leur logement. Alors qu'il est penché au-dessus du corps, sa compagne Delphine, rentre et se méprend sur la scène qu'elle voit. Une dispute puis une bagarre s'ensuit, le flingue qu'elle brandit et dont il lui a appris à se servir, est braqué sur lui. C'est le corps à corps, Cédric tente de la désarmer mais le coup part. C'est elle qui est mortellement blessée. Quand la série commence, elle ne s'arrête plus. S'il n'y était pour rien au début, les circonstances vont le transformer en véritable meurtrier, c'est une véritable hécatombe autour de lui. Les évènements l'ont entraîné dans une spirale infernale dont la seule issue est la fuite. Le voilà qui passe de l'autre côté de la barrière, un flic en cavale, c'est le monde à l'envers. Un style résolument dépouillé, des images chocs et des phrases courtes donnent du rythme à ce récit. Un roman noir, assez rocambolesque, avec un dénouement « happy end », voilà un livre qu'on lit d'une traite à

condition toutefois d'aimer aussi l'humour noir.

Dany Neuman


 

Julien Védrenne a lu Ego fatum (publié sur Le Littéraire - janvier 2007)

C'est l'histoire d'une araignée (qui montait, qui montait...), une
bien grasse, bien grosse, bien velue et bien noire. Une de celles dont
on ne veut pas se demander si elle est venimeuse ou pas. Une de celles
dont on a envie de se défaire d'un grand coup de tatane salvateur. La
rencontre, à Toulouse, entre cette araignée et l'inspecteur Cédric
Mangata va être lourde de conséquences. Un hurlement dans la nuit va
troubler sa quiétude alors qu'il trône tranquillement, attendant,
comme tout flic véreux qu'il n'est pas, sa petite commission. La fille
de son amie se défenestre à la vue de l'Arachné. Mangata, zigounette à
l'air, est pris en flagrant délit d'un abus sexuel improbable par sa
compagne. Alors qu'il veut s'expliquer, en se rendant compte du
ridicule de la situation, une autre mort a lieu sous ses yeux. Puis,
c'est au tour des voisins. Pas facile d'expliquer à ses collègues ce
qu'il en est. Une seule solution, fuir.

Quand on a la chance de côtoyer un faussaire unijambiste que l'on peut
faire chanter, on peut se retrouver avec une nouvelle identité d'ici
la fin de la nuit. Il faut faire disparaître les corps. La nuit promet
d'être longue, d'autant que l'ennemi public de Mangata, véritable
psychopathe, hante les rues. Cédric Mangata va en parcourir des
kilomètres. De boîtes de nuit en entrepôts désaffectés, de pompes
funèbres en immeubles cossus, avec sans cesse un passage par la case
départ, cette nuit essaime ses morts. Et ça tombe plus vite qu'à
Stalingrad. L'araignée, pendant ce temps ? Elle est en vadrouille. Et
elle se terre. L'appât du gain la tente aussi. Quoi de plus
confortable qu'un sac de billets ?

Jan Thirion, réalise, avec Ego fatum, un petit polar sans prétention,
bien écrit, avec un style légèrement déjanté. Les morts absurdes
s'enchaînent, et cet homme qui, somme toute, réussit à garder la tête
froide, s'écroule au moment où il semblait sauvé (ça me rappelle
l'histoire du fou qui voulait s'évader de l'asile aux cent murs
d'enceinte et qui, au quatre-vingt-dix-neuvième faisait demi-tour). Il
est regrettable, cependant, de voir l'Arachné, seule héroïne de ce
thriller à hémoglobine, se faire éclater pour mieux ressusciter. La
toile du roman perd un peu de son brillant. Cela dit, si l'Ego fatum
nietzschéen de Jan Thirion est symbolisé par une araignée - qui a
entendu parler du fameux effet araignée (papillon) et de ses répercussions à
l'autre bout du monde ? - c'est aussi pour figurer cette petite folie
que nous avons tous enfouie au plus profond de notre cerveau.

 

 

Luis Alfredo a lu Ego fatum (publié sur Rayon du polar - janvier 2007)

Une nuit à Toulouse : un homme regarde la télévision pendant qu'à l'étage une araignée prépare son entrée…

Jan Thirion jette les mots sur la page blanche et les laisse filer, comme dans un accélérateur de particules. Ils détalent à grande vitesse avant d'entrer en collision et d'exploser dans des phrases nominales ou des verbes esseulés.

Jan Thirion met en scène des personnages pour les retirer aussitôt, pour les jeter sous la bâche d'un van, direction un cercueil à double-fond.

Jan Thirion est un objet non identifié dans l'univers du crime sur papier.

Ni Whodunit, ni Hard Boiled, ni Procédural, ni Noir, ni Néo…

« Ego Fatum » est un Polar Extravagant Hors Classification qui vous emporte dans un tourbillon de morts aberrantes et chimériques jusqu'à la fureur de vivre.

Polar de l'absurde, du hasard et de la malchance.

« Ego Fatum » : Lecture obligatoire.

Car mieux vaut savoir de quoi est capable Cédric Mangata.


Jeanne Desaubry a lu Ego fatum (note publiée sur la liste "813" - janvier 2007)

 

Ego Fatum mérite le détour. Son flic est une catastrophe ambulante, le genre dont on souhaite surtout ne pas devenir l’ami ou alors s’il est trop tard, qu’il perde au plus vite notre numéro de téléphone. J’aime beaucoup le style de Thirion, économe d’effet, mais plein d’efficacité. Il vous embarque l’air de rien dans un sacré toboggan et le seul regret c’est quand ça s’arrête.

Tout commence et tout finit avec une araignée qui sème la panique. Sans compter la poisse qui a élu domicile sur les épaules d’un flic abruti par les médicaments depuis une agression subie quelques jours auparavant. C’est à hurler de rire, sauf qu’on regarde soigneusement derrière sa porte avant d’éteindre la lumière le soir, des fois qu’une araignée s’y cache …

 


Patrick Galmel a lu Ego fatum (publié sur Pol art noir - janvier 2007)

Cédric Mangata est un flic convalescent en arrêt de travail après qu'un suspect récalcitrant lui ait fracassé le crâne contre un radiateur. Il laisse défiler les heures en soignant sa migraine devant la télé et ses programmes insipides. Il rêve... devant des flics américains... mais aussi en évoquant la fille de sa compagne, Delphine, avec qui il vient d'emménager ; cette Milly adolescente et rebelle ne le laisse pas insensible :

« Moins il veut bander, plus il bande. Sexe le maudit, son poteau d'exécution. Requiem pour un flic incestueux. »

Et puis l'invraisemblable... Lui qui monte à l'étage ; Delphine absente ; Milly dans sa chambre, si désirable, si interdite. Une envie pressante, les toilettes ; une araignée, grosse et velue ; la peur irraisonnée de Milly qui se réfugie sur une chaise et bascule, dans la panique et le vide, par-dessus par embarde... Lui, accroupi devant ce jeune corps dénudé et sans vie ; elle, sa mère, qui choisit cet instant pour rentrer, pour comprendre de travers...

Dès lors, c'est l'escalade. Jan Thirion ne laissera aucun répit à Cédric Mangata, l'entraînant dans une folle nuit où il va tenter par tous les moyens à sa disposition de se sortir du pétrin dans lequel il s'est fourré. Malheureusement, il est des enchaînements qui défient les lois de la logique salvatrice qui les a engendrés, et c'est un tourbillon infernal qui s'abat sur le pauvre homme. L'effet papillon concentré sur une seule et même tête !..

Jan Thirion a l'écriture noire, ses personnages ont l'âme sombre, mais avec Ego Fatum, il prend (aussi) le parti d'en rire, et donc, de nous faire rire. Car c'est bien une tragi-comédie à laquelle on assiste, un enchaînement macabre de rebondissements, une sorte de théâtre où ce ne sont pas les amants qui sortent des placards, mais les cadavres...

La plume est brève, avare de mots, parant au plus pressé pour dire l'essentiel, pour conserver le rythme qui crée l'élan qui la fait voler. Avec des éclairs aussi, des fulgurances lyriques qui plongent dans l'âme torturée du narrateur :

« Alors, comment c'était cette danse ? Génial répondrait-elle. Et toi, la tête, comment ça va ? Pas génial. Elle aurait ri et compati. Ensuite, leur serait venue en même temps la même idée : voir si, en frottant leurs corps comme des pierres, ils étaient encore capables de faire du feu. »

« Abondance de larmes, balbutiements incontrôlables. Il pleut dans ses mains les syllabes répétées à l'infini des prénoms adorés. Rien pour réparer. Le remords ne fait pas ressusciter. Les noms des personnes aimées ne sont pas des formules magiques. »

Noir, à l'extrême ; amoral, à souhait ; mais au bout du compte on ne peut qu'en rire, jaune...


 

Jean-Marc Laherrère a lu Ego fatum (critique parue sur Noircommepolar, décembre 2006)

[...fin de la chronique...] Tout cela n’étant pas très gai, je vais essayer de finir sur une note d’humour, même si c’est de l’humour particulièrement noir : Jan Thirion, auteur de la région toulousaine avec lequel il va falloir apprendre à compter, publie chez Krakoen petit bijou d’un noir d’encre, complètement amoral, et d’autant plus délectable : Ego Fatum. Cedric Mangana est flic à Toulouse en congé maladie depuis que le Gaulois, suspecté d’être un tueur en série, l’a assommé avant de prendre la fuite. Tout pourrait aller au mieux : Delphine sa copine du moment est de sortie, il glande devant la télé pendant que Milly, la fille de Delphine vaque à ses occupation d’ado gothique dans sa chambre. C’est quand Milly tombe par le balcon, en essayant d’échapper à une grosse araignée noire et velue que les choses se détraquent. Et ce n’est que le début d’une nuit qui va aller de mal en pis, de mort en mort, pour finir dans un bain de sang. La référence qui vient immédiatement à l’esprit est After Hours de Scorcese. Comment une première catastrophe va déclencher une réaction en chaîne, chaque nouveau mouvement du héros pour se tirer d’affaire ne faisant que l’enfoncer davantage dans le cauchemar. C’est noir, très noir, de plus en plus noir, et sanglant, mais c’est surtout drôle. Parce qu’on est bien obligé de rire de cet enchaînement mené tambour battant, qui ne laisse ni au héros, ni au lecteur le temps de reprendre son souffle. Jusqu’à un final en forme de feu d’artifice totalement amoral. Un vrai petit régal.


 

Claude LE NOCHER a lu Ego fatum (note de lecture parue sur Rayon polar, décembre 2006)


Cédric est un policier toulousain de 37 ans. S’il fut un peu ripou, il s’est calmé depuis qu’il vit avec Delphine et sa fille Milly, 14 ans. Cette dernière le trouble, comme toutes les lolitas. Récemment victime d’une agression violente, Cédric est en arrêt maladie. Le Gaulois, le suspect qui l’a attaqué, est un criminel cachant ses cadavres dans des congélateurs.
Cette soirée-là, veille de la Toussaint, vire bientôt au cauchemar pour Cédric. Effrayée par une grosse araignée, Milly fait une chute mortelle. De retour après un spectacle de danse, sa mère se méprend sur la situation. Une brève empoignade entraîne le mort de Delphine. "Marteau piqueur dans la tête", Cédric sent des idées suicidaires l’envahir. Les Blot, leurs voisins âgés, auteurs de romans policiers, sont les témoins involontaires du drame. Cédric n’a pas voulu leur mort.
Appeler à l’aide son collègue et ami J.B., flic pas si irréprochable ? Se laisser aller au suicide ? Fuir après s’être procuré du fric et des faux papiers ? C’est pour cette dernière solution qu’opte Cédric. Le temps presse. Il s’adresse à un faussaire compétent, dont il est le second client cette nuit. L’argent, il espère le dérober chez un acteur qu’il connaît, absent de chez lui. Si le coffre de l’acteur est vide, le congélateur abrite un cadavre.
Afin de faire disparaître ses quatre morts, Cédric réquisitionne La Zone, un indic dont c’est la spécialité. Le fric, Cédric le trouve dans le bureau du patron d’une boite de nuit...

Voici un authentique roman noir haletant, dans la lignée de ceux du regretté Kââ. Sur un tempo d’une belle vivacité, le récit respecte l’unité de temps, une seule nuit. Inventive, la narration exprime un cynisme amusé, autour d’un héros confronté à la fatalité. Innocents ou crapules, tous vont mourir. Cette hécatombe dédramatise largement les problèmes de Cédric. La présentation ironique des victimes est savoureuse (La Zone et son tic de langage, entre autres). Sachant que Cédric a été gravement choqué, on hésite entre délire et vraies mésaventures. Parfaitement maîtrisé, ce suspense riche en péripéties est un véritable régal.


 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey