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Avant propos
Il y a un côté After hours, le film de Martin Scorcese, dans le roman de Jan Thirion. Au cours de cet enchaînement des circonstances, tragi-comiques au demeurant, dans cette nuit semée de cadavres, où un Toulouse nocturne et angoissant se substitue à Soho, où le jeune flic Cédric Mangata remplace le personnage joué par Griffin Dunne, l'auteur nous sert un oratorio criminel d'une grande alacrité. C'est un pur plaisir de lecture qu'il nous offre en dépit des horreurs qu'il décrit avec une jubilation revigorante. Le cocktail est détonant : une dose de thriller, un chouias de gore, une pincée de fantastique, une rasade d'humour bien noir, trois gouttes de fantaisie, un fonds indispensable de polar pour le goût, sans compter le lecteur enfermé dans le shaker que Thirion secoue frénétiquement. Une minuscule gorgée de ce breuvage - plus costaud encore que le fameux " pot belge " des dopés du Tour de France - et son héros devient champion du concours de circonstances en remportant le trophée de la poisse mortifère. En lisant les aventures de Mangata, vous voici projeté à sa suite dans la centrifugeuse du destin. La fatalité est à l'œuvre annoncée par sa messagère - l'araignée noire, créature phobique du malheur et du crime. Le livre dresse aussi une galerie de portraits savoureux, les citations no sense d'un flic valent leur pesant de lapalissades surréalistes. Avec sa prose télescopée néanmoins fluide, Jan Thirion confirme son immense talent de conteur. Ego fatum, fatalement, laissera une trace dans la mémoire des amateurs de bonne littérature policière qui s'aventurent hors des sentiers battus… à mort, naturellement !
Nigel Greyman
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