Fiche HOSTO
     
  HOSTO  

Vient de paraître

Ambiance mortifère à l'hôpital Saint-Cyrille. Quand on y meurt, en général c'est dans un lit. Aussi la découverte d'un cadre hospitalier gisant sous son bureau le crâne fracassé inaugure-t-elle une manière inédite de passer de vie à trépas dans l'établissement. Pour quelles raisons Soline Porpiglia a-t-elle été assassinée ? N'avait-elle pas la fâcheuse habitude de fourrer son joli nez dans des endroits empestant davantage la magouille que l'éther ? Ou serait-ce le crime d'un prétendant éconduit, trop longtemps martyrisé par cette belle allumeuse ? A force d'explorer des hypothèses hasardeuses, d'emprunter des pistes sans issue, Marc Perrin, flic de la Crim, s'arrache les cheveux et commence à flairer un coup fourré. Il ne va pas être déçu… Et si la réponse à ses interrogations n'était pas celle qu'il attendait ?

Jeanne Desaubry
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roman policier
342 pages
ISBN : 2-916330-08-9
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Prix TTC : 9 €
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A propos

Rivalités de toutes sortes et embuscades … Escarmouches entre grands patrons, accrochage entre administration et corps médical. Cette guerre en blouses blanches finit par faire des victimes… Jeanne Desaubry nous propose une plongée en apnée dans les méandres de l'administration hospitalière. À travers une galerie de personnages tous plus odieux (ou presque) les uns que les autres, mais formidablement campés et décrits avec une précision "chirurgicale", elle dépeint un tableau peu reluisant de cette institution malade. Un style juste qui ne s'encombre pas de fioritures, une écriture efficace, une construction classique et solide qui nous entraîne vers un dénouement d'une logique irréprochable et néanmoins inattendu.


Presse

“Ne glissez pas ce roman dans votre sac pour un séjour à l'hôpital, vous risquez les cauchemars !..” Patrick Galmel sur Pol'Art Noir.

Un portrait au " scalpel " selon Joachim Sebastiano Valdez.


Critique de Patrick Galmel sur le site Pol'Art noir

Marc Perrin est inspecteur à la Brigade Criminelle. Il mène une vie un peu bourgeoise en compagnie de sa femme Sylvianne - une histoire de couple qui se délite - lorsqu'il est rattrapé par un appel du central pour un meurtre commis dans un hôpital.

06h00. Claudette Méjean est "surveillante" dans ce même établissement. Elle gère comme elle peut, à court de moyens, le personnel et les lits et a accumulé beaucoup de fatigue au cours de ce week end de garde, aussi, lorsque Soline Propiglia, sa supérieure hiérarchique, lui assène une nouvelle fois une de ses habituelles humiliations quant à ses qualités professionnelles, elle explose... c'en est trop. Puis le travail reprend ; elle descent aux urgences et rencontre Eric Dorval, le chef du service, accessoirement son amant, et lui confie ses états d'âmes.

06h00. Christine Simon, elle, est la DRH de l'hôpital Saint-Michel et connaît aussi quelques "problèmes" avec Soline Propiglia puisque cette dernière, allumeuse patentée, qui voit en toute femme une rivale à abattre, tant sur la plan professionnel que personnel, est aussi la maîtresse de son mari, rédacteur en chef d'un grand journal parisien. Ce matin là, elle croit voir son mari s'éclipser sournoisement pour rejoindre la "concurrente" détestée (tout ce petit monde est logé dans l'enceinte même de l'hôpital) et décide de le suivre. Arrivée au bureau de Propiglia, elle entend sans la voir une altercation, une porte qui claque, puis d'autres bruits, indéfinissables. Elle penêtre à son tour dans la pièce et découvre le cadavre de Soline, baignant dans son sang, sous le bureau. Elle s'enfuit.

Deux heures plus tard, Claudette, qui a besoin d'une signature de sa supérieure pour un transfert, repère le même corps sans vie et donne l'alerte. À neuf heures Marc Perrin arrive sur place en compagnie de son coéquipier Jacques Degroux. L'enquête commence...

Dès lors, Jeanne Desaubry nous propose une plongée en apnée dans les méandres de l'administration hospitalière où, sur les pas de son inspecteur, porte après porte, rencontre après rencontre, on découvre un monde fait de tensions multiples, de rapports faussés entre les administratifs, les soignants, les "ténors" et les petits, la servilité des seconds à l'agard des premiers, les petites haines comme les grandes, les abus de pouvoir, la mesquinerie ambiante. Un véritable panier de crabes !..

L'inspecteur et le témoin principal de cette affaire ont eu une aventure passée, interrompue pour cause de mutuelles mutations, et se retrouvent à cette occasion. Lorsque Claudette est présentée comme la principale suspecte en raison de son alibi "troué" et de son mobile apparent, Perrin, qui pense la connaître, ne veut pas croire à cette solution trop "pratique" pour la direction de l'hôpital. Il continue à fouiller et plonge encore plus profond dans l'atmosphère glauque et magouilleuse de l'administration.

Jeanne Desaubry ne dénonce pas seulement l'ambiance délétère rencontrée à l'hôpital, elle critique également les failles de la gestion hospitalière qui tend vers une médecine à deux vitesses, les systèmes organisés qui remplissent les poches des médecins libéraux sur le dos des contribuables, la logique marchande appliquée à la santé. À travers une nombreuse galerie de personnages, tous plus odieux (ou presque) les uns que les autres, mais formidablement campés et méticuleusement décrits, avec une précision "chirurgicale", elle dresse un bilan peu reluisant de cette institution en péril qui aurait sans doute plus besoin d'un médecin que d'un gestionnaire. Un style très juste qui ne s'encombre pas de fioritures, une écriture limpide, une construction classique et solide qui nous entraine vers un dénouement d'une logique irréprochable et néanmoins inattendu. Ne glissez pas ce roman dans votre sac pour un séjour à l'hôpital, vous risquez les cauchemars !..

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Presse

 

Luis Alfredo a lu HOSTO

(paru sur Le rayon polar mai 2006)

Mademoiselle Soline Porpiglia n'est pas n'importe qui, elle est la directrice des Affaires Médicales à l'hôpital Saint-Cyrille. Voilà une fonction qui contenterait plus d'une femme. Sauf que mademoiselle Soline Porpiglia n'est pas une femme ordinaire, non seulement elle est de ces femmes que le commun des mortels ne croise qu'en couverture des magazines féminins, et parfois dans les pages intérieurs des mensuels masculins, mais elle est aussi une collectionneuse, une passionnée du genre masculin. Et il faut bien l’avouer, ce dernier le lui rend bien.
Au demeurant, ceci ne serait pas grave si son caractère exécrable, instrument à son besoin de domination, ne venait assombrir encore un peu plus le tableau.
En résumé, à l'hôpital Saint-Cyrille, peu de monde supporte mademoiselle Soline Porpiglia… Certains vont même jusqu'à la haïr. C'est le cas de Christine Lagadec, la DRH, qui ne lui pardonne pas d'être la maîtresse de son mari, rédacteur en chef d'un grand journal parisien… C'est aussi le cas de Claudette Méjean, une de ses subalternes qu'elle accuse d'incompétence et qu'elle humilie quotidiennement… et d'un certain Choisy qui depuis des années falsifie la comptabilité et détourne des fonds de l'hôpital

Autant dire, qu'à l'hôpital Saint-Cyrille, on ne soigne pas que les malades, on y règle aussi les comptes. Alors doit-on s'étonner, qu'un petit matin, on retrouve mademoiselle Soline Porpiglia gisant sur la moquette de son bureau le crâne défoncé ?
Marc Perrin, inspecteur à la Brigade Criminelle, est dans un premier temps chargé de l'enquête ; dans un premier temps seulement, puisqu'ayant été l'amant de Claudette Méjean il est mis, autant qu'il se met, sur la touche.

Jeanne Desaubry, avec ce roman, nous plonge dans le milieu trouble des hiérarchies hospitalières où la jalousie, la servilité, la mesquinerie et le carriérisme règnent sans partage. Phénomène consubstantiel des sphères du pouvoir qu'exacerbent les diverses réformes libérales de la santé.
« Les grands patrons (les médecins), que le pouvoir ne suffit pas à rassasier, vont pouvoir se faire une petite clientèle à l'hôpital. C'est pour ça que depuis, ils peuvent, s'ils le demandent au Préfet, consacrer trois pour cent de leur temps et huit pour cent des lits du service à leur activité libérale. Le personnel est payé par l'Etat. (…) Comme les consommables, le chauffage, toutes les charges »

« Hosto » est un roman de facture classique puisqu'il s'attache à répondre aux questions coutumières de ce genre : Qui ? et Pourquoi ? Qui a assassiné Soline Porpiglia et pourquoi ? Il est aussi fortement inspiré du néo-polar. Au final, ces questions ne sont qu'un prétexte pour croquer des silhouettes sociales et dresser un réquisitoire contre les « classes » dominantes, autant de thèmes propres au néo-polar.
On pourrait croire que « Hosto » n’est qu’une tentative, heureuse, de fusion de ces deux « écoles », mais il n'en est rien. Car une surprise guette le lecteur : le dénouement jette une tout autre lumière sur ce roman qui se dévoile plus noir que prévu.
La force du regard que l'auteur pose sur la société se révèle... Et Claudette Méjean acquiert la stature d'un archétype.

 
 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey