Fiche "John et Yoko sont dans un hosto"
     
 

John et Yoko

sont dans un hosto

   

Alors qu'un terrible accident de la route ôte la vie à Billie Holiday et à Janis Joplin, John Lennon et Yoko Ono en réchappent miraculeusement et sont admis dans un hôpital plutôt spécial où l'on ne rencontre que des chanteurs, qu'ils soient malades ou membres du personnel. Les phénomènes paranormaux et les morts violentes y sont monnaie courante. Les chirurgiens s'activent sans relâche, les cobayes humains encaissent électrochocs sur électrochocs, d'étranges animaux se promènent dans les couloirs. Dans leur sillage, les tubes des sixties tourbillonnent dans l'air comme des feuilles enfiévrées. Sous l'hôpital, un petit train circule entre les cuisines, les urgences et la morgue. John et Yoko ne sont pas pressés d'y monter – destination l'âge de raison. Leurs armes pour conjurer ce cauchemar musical s'appellent amour et fantaisie. Quand le mutisme tue les vivants, la musique réveille les morts.

 

Jan Thirion
---------------------------------
roman noir
226 pages
ISBN : 978-2-916330-36-5
---------------------------------
Prix TTC : 10 €
---------------------------------
>

Commander

 
     
Du Kafka mâtiné de l'intense beauté des chansons idiotes de notre jeunesse, la fin des années soixante nous prend à la gorge. J-B Pouy

Extrait de la préface de Jean-Bernard Pouy

[..]du Kafka mâtiné de l'intense beauté des chansons idiotes de notre jeunesse, la fin des années soixante nous prend à la gorge. Toutes ces années, où les mythes se fabriquaient à la même, grande, vitesse que les trente biens de notre glorieuse consommation, ont été celles où s'est fomenté notre maleur présent. Et sous la futilité de la musique d'époque, perce le malheur de l'évidence. Tout va mal, tout va aller de plus en plus mal, rendez-vous à l'hôpital. Et, ma foi, la mort de John Lennon peut être considérée à l'aune de celle, rampante, de Rimbaud. Un monde, celui des illusions, de l'innocence, un autre monde, celui de la cruauté pardonnée, s'éteignent brusquement. Et tout est dépeuplé.
On dit souvent que l'adolescence est morbide. Je pense toujours qu'en italien, morbido signifie moelleux. Comme un oreiller malmené. De ces oreillers où l'on s'enfonce avec délices et qui peuvent, une nuit d'orage, vous étouffer à jamais.
Jean-Bernard Pouy




Revue de presse

Coup de cœur de Gérard Collard

“Une histoire kafkaïenne, pleine d’humour et totalement insolite. Une perle !”
Gérard Collard – la Griffe noire  et Magazine de la santé le 13 novembre 2009 / France 5

« Avec John et Yoko sont dans un hosto, Thirion abandonne la narration traditionnellement réaliste du polar noir pour une plongée toute de fantaisie dans l’univers déroutant du paranormal et du cauchemar hospitalier. Jean-Bernard Pouy, en préface, avance Kafka. Non sans raisons. Mais un Kafka qui aurait été bercé par Salut les Copains ! Ou Europe 1 en général. Traversé de populaires ritournelles souvent idiotes et d’une évidente nostalgie quasi fétichiste – Esso, Anquetil, Tout L’univers – pour une époque devenue le terminus des illusions. Où tous les protagonistes portent des noms
célèbres. Jim Morrison croisant Marcel Amont, Janis Joplin jouxtant Annie Cordy. Tous à contre emploi. Une fable extravagante et irrésistible sur l’agonie de l’innocence. Avec les fantômes de Gilles Dreux et de René Joly. Parmi bien d’autres. Chez Jan Thirion, l’imagination est un feu d’artifice ! »
Revue Abus Dangereux n°111, juillet 2009

« Un autre petit livre qui est inclassable. Je l’ai acheté celui-là. J’ai été attiré par une préface de JB Pouy. On m’avait dit :  lis du Jan Thirion, c’est complètement déjanté. Alors pour être déjanté c’est déjanté. Jan, si tu m’écoutes envoie par mail l’adresse de ton dealer, parce que ça doit être la bonne. C’est un ovni qui se passe dans un hôpital. Les personnages prennent un accident de voiture à la troisième page et sont complètement explosés. Jan Thirion se passe de décrire les personnages en leur attribuant des noms de célébrités, très souvent de l’époque yéyé, de la fin des années 60 ou du début des années 70, et il y a beaucoup d’extraits de chansons. C’est un ovni absolu, une entreprise littéraire surréaliste. Jan Thirion, faut qu’il arrête le traitement ou qu’il le continue. Si on aime la même qualité de substance que Jan, on y trouve largement son compte. »
Francis Mizio – Les Habits Noirs – émission podcast « le casque et l’enclume », juin 2009

« Auteur à l’imagination débridée, Jan Thirion sait rajouter de la fantaisie à ses romans. La preuve dans une de ses dernière publications “John et Yoko sont dans un hosto”, il arrive à placer presque toute la clique des chanteurs des années soixante dans un hôpital parisien. Et même, suprème gageure, il fait chanter “Adieu jolie Candy” à l’un de ses personnages sans être le moindre du monde ridicule. Etonnant non? »
La Noir rôde, 2009

« Jan Thirion est un auteur à part, unique, qui construit des œuvres atypiques, que l’on peut traiter d’ovni de la littérature noire puisqu’il aime être assimilé à ce genre. John et Yoko sont dans un hosto ne fait pas exception. En enchaînant les premières pages, me voilà confronté à des personnages qui portent des noms célèbres, pour la plupart des chanteurs, malades ou accidentés comme John, ou membres du personnel médical. En toile de fond, une entité aseptisée, l’hôpital, personnage à part entière qui n’est pas sans nous rappeler le Kingdom Hospital de Stephen King… Et ce John Lennon, jeune paumé qui découvre les affres et les tourments de l’adolescence, les émois des premiers amours et enfin, bien malgré lui, une panoplie de pouvoirs qui très vite le submerge et fera des envieux.
Anachronique. Tel est le terme qui me vient à l’esprit pour qualifier ce roman de Jan Thirion, qui inonde le lecteur de situations absurdes, incongrues mais jouissives, le tout à la limite du surnaturel à la Lynch. La trame est assez bien construite pour susciter de l’intérêt et on se prend au jeu de cette expérience verbale, avec en fond sonore, le souvenir des tubes des groupes phares des années 60. »
Laurent Girardon - Black Mamba n°15, août 2009

Ce ne sont pas les souvenirs qui tuent, même lorsqu’ils nous rappellent âprement que nous étions vivants ! Du superbe Je te donnerai / Tous les bateaux / Tous les oiseaux / Tous les soleils, Thirion exhume une ronde poignante, celle des bras déliés de foules qui ne savent plus faire peuple. L’imaginaire français des dernières barricades aurait pu, sous une autre plume, finir en convoi funéraire. Rien de cela chez Thirion. Une ballade, une fable, les Vietnam’s songs en bandoulières. L’intrigue ne compte plus. Ni l’histoire. Osez simplement, depuis cette dédicace somptueuse – de la part d’Untel pour Machin -, cette superbe chronique polardeuse des fièvres terrassées. »
Joël Jegouzo – K-libre, 2009


DF Duclock a lu John et Yoko... (blog de DJ Duclock)

"Branle bas général, comme chaque mardi matin, Le professeur. Léo Ferré visite ses patients. Avec sa kyrielle d'internes et d'étudiants. Tout doit être nickel, sol, lits, malades, rimmel des infirmières. Dans le sillage du mandarin, personne ne pipe mot. La garde blanche écoute au stéthoscope tout ce qui tombe de la bouche professorale. Le moindre bafouillis a valeur d'évangile. On prend des notes. Les visites se succèdent au pas de course. D'est en ouest, comme le soleil. La marche c'est bon pour la santé."
Jan Thirion, John et Yoko sont dans un hosto, Krakoen, 2009
Le nom des personnages, tous issus de la chanson française et francophone, du rock ou de la variété, de la pop des années 60-70, et les "éléments perturbateurs" qui touchent au fantastique distillent une ambiance très forte et rare qui n'est pas sans rappeler l'imaginaire de Boris Vian. Petit à petit on s'enfonce dans cet univers - l’huis clos de l'hôpital - qui bascule pour rejoindre l'Histoire du rock. Toute une époque est là avec ses odeurs, son tour de France et ses tubes.
Après avoir lu les dernières lignes de John et Yoko sont dans un hosto je me suis farci plusieurs fois l'album blanc des Beatles, puis j'ai été relire les chroniques d'Alain Distel sur la mort de John Lennon.
Jan Thirion cause - avec une lenteur savoureuse et une liberté rare - d'amour, d'amitié, d'adolescence et de l'hosto. Il a fallu un long moment de digestion avant que je me replonge dans un autre livre. Et je me rends compte qu'il s'agit là d'un livre hanté - comme ces chansons qui contiennent à la fois un souvenir et le présent - et pas seulement par le nom des chanteurs, des chanteuses ou des groupes... Direct dans la bibliothèque idéale du Dj Duclock.

“… Trois guitares, une batterie, un orgue électrique partent à l’assaut des murs de l’hosto. Ils veulent les voir s’écrouler. Jéricho rock. Tremblez, fissurez-vous, éclatez, explosez, lâchez le fleuve de vie qui gronde dans chacun. Mort à l’ennui. Mort au quotidien. Mort à la maladie. Mort à la mort.”


Marin Ledun a lu John et Yoko... (blog polar pourpre février 2009)

“Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jan Thirion a l’humour et la sensibilité exacerbée d’un enfant dans un esprit d’adulte. Et le sens des vieilles rengaines pop, comme celui d’une écriture fine, toute à le fois morbide, triste, drôle et impatiente. Une belote mémorable entre John Lennon, Franck Sinatra, d’un côté, et Dario Moreno et Ivan Rebroff de l’autre. Une très poétique mais glaciale comme la mort partie de jambes en l’air avec Sylvie Vartan, sous l’œil agonisant de Françoise Hardy. le suicide de Brian Jones, d’une fenêtre du troisième de l’hôpital où tous ces artistes pop sont internés. Un Charles Aznavour reconverti en médecin, échappant de justesse à la furie d’un kangourou. On en apprend des vertes et des pas mûres dans ce roman qui se lit d’une traite comme un petit plaisir sucré, en plein milieu de la nuit, devant la porte du placard à confiserie entrouverte, une seringue d’insuline plantée dans le bras. Comme le dit Pouy en préface, avec justesse, ça lui arrive aussi, l’adolescence est morbide. “Je pense toujours qu’en italien, mobido signifie moelleux. Comme un oreiller malmené.  De ces oreillers où l’on s’enfonce avec délices et qui peuvent, une nuit d’orage, vous étouffer à jamais“.


Claude Le Nocher a lu John et Yoko... (Rayon polar - février 2009)

Enfants adoptifs de Luis et Billie, Janis et John ont un nouveau petit frère venue d’Asie, Yoko. Survient un accident de voiture, qui cause la mort de Billie et Janis. Tandis que Luis sombre vite dans l’alcool, John et Yoko sont hospitalisés à Garches. Double fracture tibia et péroné, pour John. Yoko est encore plus sérieusement touché. Il leur faut bien s’adapter à la vie de l’hôpital Raymond Poincaré. Toujours muni de son sac-panda, Yoko apprend peu à peu le français. Sur son fauteuil roulant, John fréquente un peu les ados de son âge. Chez les filles, Sylvie et Françoise l’attirent beaucoup. Chez les garçons, il se méfie de Jim, qui le menace sans raison dans les couloirs souterrains.

Dans le service du Professeur Léo Ferré, les patients et le personnel portent tous des noms d’artistes célèbres. John s’aperçoit qu’il est très doué pour les jeux de cartes, qu’il possède un don de double-vue, qu’il est capable de chanter à la perfection. Même bloqué sur son fauteuil, les amourettes ne lui sont pas interdites. La nuit, sa défunte sœur Janis s’invite dans ses cauchemars, récitant avec lui la liste des groupes musicaux les plus connus. Au sein de l’hôpital, de jeunes musiciens s’essaient à des spectacles. Moins barbant que ce club de philatélie où l’entraîne Franck, pour d’obscures raisons. Quand Maurice y est électrocuté sur sa chaise, John est indemne. Mais il s’interroge sur quelques décès suspects dans l’établissement.

Ce chariot Fenwick qui trimballe des morts dans le souterrain ; ce chien roux qui a attaqué Jim, puis perturbe un Tour de France en salle ; ce rat qui hante les rêves paranoïaques de Sylvie ; Janis et Billie enterrées sans logique dans le cimetière de l’hôpital ; Brian qui s’est défenestré, après que Jim se soit suicidé ; la pendaison de Mike, le garçon de cuisine… Vraiment, il se passe des choses étranges ici. Yoko lui-même semble disposer de curieuses facultés. Le danger se précise quand on dirige John vers la salle d’op. Pendant ce temps, un flot continu et agaçant de chansons d’époque s’enchaîne dans une tête pleine de souvenirs, minée par cette succession de refrains…

Avec ce roman, Jan Thirion prend le risque de rejoindre la catégorie des “inclassables”. Échapper à l’étiquetage réglementaire doit le réjouir. John et Yoko, dans les biographies de célébrités ? Évidemment pas. Parmi l’avalanche de polars ? Non plus. Suspenses médicaux ? Pas vraiment ça. Documents et témoignages ? Beaucoup de vécu, mais trop de fantaisie. Peut-être un jour imaginera-t-on un genre “création littéraire”, qui conviendrait à cet auteur et aux autres hurluberlus de son espèce. Admettre que l’inventivité est une richesse ? Rêvons ! Thirion mêle archives chansons-photo-télé-cinéma-scopitones, pour décrire un “hôpital en folie”, ni absolument comique, ni réellement inquiétant. Un endroit bizarre, curieux, absurde, hors de la vie, proche de la mort. Rangeons-le dans la rubrique “Divers”, ça ira ! On l’y retrouvera plus facilement quand, dans peu de temps, on voudra le lire une nouvelle fois. Un roman d’écrivain mérite d’être gardé à portée de main.

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey