Fiche "Le sceau de l'ombre"
     
  Le sceau de l'ombre  

Vient de paraître

Quand une jeune reporter se présente à son domicile, le commandant de police Simon Carrière n'est pas surpris. Femmes violées, corps décapités, le retentissement de cette barbarie dans l'opinion publique avait été énorme. Il aurait été bien étonnant qu'aucun journaliste ne veuille cuisiner le flic de la PJ de Dijon qui avait mis un terme à cette affaire. Econduira-t-il cette «pisse-copie»?
Non ! trop de souvenirs douloureux le rattachent à cette enquête, trop de drames ont fait de lui un homme brisé. Simon Carrière va relater les faits dans les moindres détails, livrer sa vérité.
Cela suffira-t-il à conjurer les tourments de sa mémoire ?

 

Marie Vindy
---------------------------------
Policier/thriller
pages
ISBN : 978-2-916330-28-0
---------------------------------
Prix TTC : 10 €
---------------------------------
> Commander
 
     
Avec ce polar aux aspects de thriller, Marie Vindy nous entraîne dans le tréfonds d’une histoire criminelle donnant la chair de poule. Suspense et frissons garantis.

Avant propos

"Mektoub", premier roman en forme de galop d'essai, avait dérouillé sa plume. Avec "Le sceau de l'ombre", Marie Vindy entame une chevauchée à bride abattue dans le polar et cette course haletante consacre un thriller bien construit cravachant le lecteur, le plongeant sans ménagement dans les tourments d'une équipe de policiers confrontés à un couple meurtrier. On n'est pas à Los Angeles, mais à Dijon. Si les coteaux des vignobles remplacent les palmiers de la côte californienne, on découvre que la barbarie règne aussi à notre porte. Le portrait des coupables, que dessine progressivement la psychocriminologue qui vient renforcer le groupe d'enquête, est effrayant. La série de leurs crimes : meurtres haineux commis de sang froid pour l'une, actes de folie furieuse pour l'autre, nous plonge dans les abîmes du mal absolu. Des personnages forts et bien campés, une intrigue originale, un rythme soutenu ménagent un suspense plein de rebondissements. La banalité apparente du décor distille une angoisse de tous les instants ; le malaise s'installe progressivement… Alors vous vous surprendrez à abandonner "Le sceau de l'ombre" pour rallumer une ou deux lampes supplémentaires. Et dans le même mouvement, vous irez vérifier que les portes sont bien fermées à triple tour. Sera-ce suffisant pour vous rassurer ? Que le lecteur en soit averti : il n'y a pas de portes assez solides pour empêcher les cauchemars. Ava Ventura - 2008




Revue de presse

Patrick Galmel a lu Le sceau de l'ombre (Pol'art noir - avril 2008)

Prologue sanglant : un homme assassine. Comme un crime passionnel, mais pas dans le sens où on l’entend communément, non, plutôt à la manière d’un psychopathe, dans un acharnement, un déferlement de folie.
Six mois plus tard, une jeune journaliste veut réaliser un reportage sur ce fait divers qui a occupé un temps la une des media. Elle rencontre celui qui, à l’époque des faits, a mené l’enquête : le commandant Simon Carrière.
Elle, vient pour tout savoir, tout montrer, alors que lui ne voudrait qu’oublier toute cette horreur qui semble tant fasciner le "public" et lui ronge les sangs. Il faut dire que l'affaire a laissé des traces chez Carrière : sa femme Anna l'a quitté et lui a sombré dans la dépression.
Malgré ses réticences, la journaliste obtient du policier qu'il se replonge dans le dossier et dans l'obsession qu'a constituée pour lui l'enquête…

Forte de cette approche particulière — qui met en scène une journaliste extérieure à l'intrigue proprement dite — Marie Vindy va faire entamer à Simon Carrière le récit chronologique de cette longue enquête qui commence par une disparition en forme de fugue adultère.
On accompagne les premiers pas de l'équipe de police, reprenant l'histoire au présent et sous une forme classique. Il s'agit de reconstituer les emplois du temps, les itinéraires de ce couple illégitime qui n'est encore "que" disparu. C'est lorsque les deux corps sont repêchés décapités qu'une véritable traque s'engage enfin. Pourtant, après trois semaines d'enquête, aucune avancée significative n'est réalisée ; on en est encore, faute de piste, à échafauder des scénarios, et de nouveaux crimes sont commis. Ça tourne à l'obsession pour Carrière.
Bientôt, une experte en criminologie, Marie Shan Li — on dirait une profileuse aux États-Unis — vient se greffer à l'équipe.

À travers un style narratif simple et efficace qui égraine les jours d'enquête dans leur continuité longtemps stérile, Marie Vindy, même si les avancées sont minces en matière d'investigation, rend son récit captivant par la proximité qu'elle instaure.
On sent, chez l'auteur comme chez le personnage de Marie Shan Li (n'ont-elles pas d'ailleurs le même prénom ?) une fascination pour les criminels en série mais aussi cette volonté de délaisser les côtés morbides et sensationnels qui leur sont généralement associés. Il y a cette forme d'empathie pour ces meurtriers hors de commun, ces malades générés par on ne sait quoi. La folie de la société ? Celle des hommes ?
Ici, il s'agit de tenter d'expliquer — même si l'intrique qui sert de support est finement menée — de comprendre, de remonter aux sources du mal et d'y trouver le déclencheur qui fait d'un homme, d'une femme, à un moment donné et compte tenu de son histoire personnelle, particulière, bascule de l'autre côté de la frontière, étroite, qui sépare le criminel du commun des mortels.

« — Il faut regarder en dessous de la surface des choses. C'est ce que j'essaie de faire. Vous savez, j'ai fait de très longues études. Elles m'ont surtout servi à rassurer mes interlocuteurs, à prouver que mes compétences d'analyste criminel de tombent pas du ciel. Mon métier, je l'ai appris au contact des criminels, en les interrogeant. J'ai rencontré des dizaines d'entres eux en prison, et chaque fois, mon objectif était d'aller au fond des choses, au plus profond des choses. Rechercher l'origine de leur souffrance, ce qui avait fait d'eux ce qu'ils étaient devenus : des êtres humains dénués de tout sens moral. »

« Ce sinistre fait divers l'avait ébranlé depuis le début. Le face-à-face avec un tueur dont la folie meurtrière, la perversion sordide, renvoyait à un pan de l'âme humaine qu'il n'avait jamais envisagé. La rencontre avec Li lui avait ouvert l'esprit à un domaine où, malgré l'honnêteté de son engagement professionnel, il ne s'était aventuré que timidement : l'étrange bourbier que représentait l'inconscient d'un criminel et, par-delà, celui de tout un chacun. »


Un bémol au final : le rôle de cette journaliste, de cet œil neuf au début du roman, qui ne débouche sur rien, n'apparaissant au fond que comme une espèce d'entrée en matière. On aurait aimé son prolongement et les éclairages qu'il aurait pu apporter, après coup, sur le personnage de Carrière et cette redoutable confrontation avec la mort.


J. Rémy a lu Le sceau de l'ombre

(paru dans "Le bien public" - édition de Saône et Loire, mars 2008)

"Elle en avait perdu la tête"


Nous en Côte-d'Or aussi l'on a de jolis assassinats… et surtout un auteur de roman dijonnais, Marie Vindy, qui affirme sa maîtrise dans le genre.
ELLE avait fait partie de ces auteurs édités chez Pavic, et que votre quotidien Le Bien Public avait proposé avec ses éditions il y a de cela deux étés. Avec un roman policier qui se déroulait dans un village du Morvan et une histoire de cheval gagnant. Marie Vindy revient, avec un nouveau roman policier, à la fois plus gros, plus fouillé, plus précis et qui se passe cette fois-ci à Dijon et en Côte-d’Or.
Faut-il ajouter qu'elle y témoigne d'une maestria digne des meilleurs auteurs, pour maintenir l'attention de son lecteur jusqu'à la dernière des 365 pages ?
Une sage-femme du CHU, et un médecin ont disparu. L'enquête est confiée au commandant Carrière, chef de groupe au SRPJ de Dijon. Il a de la bouteille et de l'intuition et quand la gendarmerie de Pontailler-sur-Saône lui signale avoir retrouvé deux corps, décapités, il fait très vite le rapprochement.
Et l'enquête va s'accélérer, de corps en corps, de décapitation en décapitation symbolique, Car les meurtres vont se multiplier, à tel point que Carrière se voit contraint d'accepter l'aide d'une psychocriminologue, Marie-Shan Li, qui porte un autre regard sur le ou les possibles meurtriers… une autre des fascinations de Marie Vindy, qui dès 2006 se documentait sur l'arrivée en France, au sein des forces de police et de gendarmerie, de « profileurs », courants aux Etats-Unis depuis vingt ans. L'aide de Marie-Shan Li ne sera pas inutile car elle va permettre à Carrière d'arrêter l'assassin… et de découvrir l'absurdité des meurtres qu'il a commis, que rien ne peut expliquer. Mais elle ne pourra empêcher Carrière de sombrer.
Marie Vindy est une lectrice assidue du suédois Henning Mankell. Et l'une des caractéristiques de cet auteur de roman policier est bien de rapporter avec infiniment de détails le travail d'enquête mais surtout les réflexions, états d'âme, angoisses de son principal personnage, l'enquêteur Kurt Wallander. Un commissaire pas toujours clean, pas toujours logique et parfois plus qu'injuste, et carrément ronchon… Ce type de héros est d'ailleurs en passe de devenir un classique du nouveau roman policier : le métier de flic est suffisamment dur pour casser les hommes.
Même si Marie Vindy met infiniment plus de chaleur que l'auteur suédois dans l'approche de ses personnages… sont-ce ces lectures qui ont déteint sur l'auteure bourguignonne ?
Simon Carrière n'est que trop humain. Et s'il parvient à arrêter le coupable, il ne se remettra pas de l'assassinat de sa jeune coéquipière Marion. Jusqu'à n'être plus que l'ombre alcoolisée de lui-même. Jusqu'à…
Non, vous ne saurez pas la fin. Il faut lire ce roman…
J. REMY

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey