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Avant Propos
On l'attendait au virage, désireux de savoir s'il allait confirmer le talent naissant, révélé par « Archi mortel ». Voici donc le second roman de Pascal Jahouel, La gigue des cailleras, dont le titre superbe porte déjà en lui-même l'ambiguïté : la gigue ? danse ou nana montée en graine ? A vous de le découvrir, à vous de vous baigner dans les mots de cette histoire sombre entre Rouen et le Havre, de vous goinfrer d'expressions inouïes qui m'ont tiré des larmes de rires. Je crois que Jahouel a chopé le virus de l'écriture et il n'est pas prêt de s'en débarrasser. Si parfois, il frédéricdarde ou il sanantonione, il est géant lorsqu'il est lui-même. Son inventivité, la richesse de sa langue, sa truculence frôlent même parfois l’excès. Passé ce défaut de jeunesse, Jahouel nous réservera encore de belles histoires. Son lieutenant de police, BHL, n'est pas un ectoplasme formaté comme on en rencontre dans le (mauvais) polar ; féru d'architecture, ayant un jugement sur tout, il trimballe sur notre société contemporaine un regard peu complaisant mais plein de compassion. Si la bibine, la fumette, sans compter les gonzesses, lui obscurcissent parfois l'entendement, ce flic est un homme debout. Un témoin généreux. Voici donc, un polar goûteux qui, comme un bon vin, laisse une longue et gouleyante traînée en bouche. Une tournée générale s'impose.
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