Fiche "La gigue des cailleras"
     
  La gigue des cailleras  

Vient de paraitre

Quand un rouquin surnommé La Rouille s’élance dans les airs du 15ème étage de la tour de la cité des moineaux, la loi de la gravitation universelle est rigoureusement vérifiée : un mort. C’est d’ailleurs la seule loi qu’il a respecté durant sa vie trop courte. Assises sur la marmite de ce quartier inflammable, les autorités veulent conclure rapidement au suicide de cet Icare des banlieues, gérant du proximarket de substances illicites. Mais c’est sans compter sur la perspicacité hargneuse du lieutenant de police Bertrand-Hilaire Lejeune, BHL pour les dames. Queue battante et truffe au sol, son flair le mènera de Rouen jusqu’au Havre. En reliant des meurtres inexpliqués, il obtiendra le fin mot de cette sale affaire tout en redonnant à une petite môme salement amochée une étincelle de vie.

 

 

 

Télécharger la fiche
Pascal Jahouel
---------------------------------
Policier
258 pages
ISBN : 978-2-916330-20-4
---------------------------------
Prix TTC : 9 €
---------------------------------
> Commander
 
     

Après son remarqué Archi mortel, la langue de Jahouel y est toujours aussi verte et drue comme l’herbe des prairies de sa Normandie natale.

BHL sur la piste d'un meurtrier retors


Avant Propos

On l'attendait au virage, désireux de savoir s'il allait confirmer le talent naissant, révélé par « Archi mortel ». Voici donc le second roman de Pascal Jahouel, La gigue des cailleras, dont le titre superbe porte déjà en lui-même l'ambiguïté : la gigue ? danse ou nana montée en graine ? A vous de le découvrir, à vous de vous baigner dans les mots de cette histoire sombre entre Rouen et le Havre, de vous goinfrer d'expressions inouïes qui m'ont tiré des larmes de rires. Je crois que Jahouel a chopé le virus de l'écriture et il n'est pas prêt de s'en débarrasser. Si parfois, il frédéricdarde ou il sanantonione, il est géant lorsqu'il est lui-même. Son inventivité, la richesse de sa langue, sa truculence frôlent même parfois l’excès. Passé ce défaut de jeunesse, Jahouel nous réservera encore de belles histoires. Son lieutenant de police, BHL, n'est pas un ectoplasme formaté comme on en  rencontre dans le (mauvais) polar ; féru d'architecture, ayant un jugement sur tout, il trimballe sur notre société contemporaine un regard peu complaisant mais plein de compassion. Si la bibine, la fumette, sans compter les gonzesses, lui obscurcissent parfois l'entendement, ce flic est un homme debout. Un témoin généreux. Voici donc, un polar goûteux qui, comme un bon vin, laisse une longue et gouleyante traînée en bouche. Une tournée générale s'impose.

Nigel Greyman (mai 2007)

 



Revue de Presse

Patrick Galmel a lu la Gigue des cailleras (paru sur Pol'art noir - août 2007)

Denis est un dur, un vrai, de ceux qui ne montrent pas leurs sentiments. Était... Il vient de franchir le cap de l'équilibre et de basculer dans le vide, aidé en cela par le canon menaçant d'un 357 Magnum.
En bas du même immeuble, le lieutenant Bertrand-Hilaire Lejeune — BHL pour les intimes — arrivé là pour interroger un certain "La Rouille", qui manque de se prendre le corps sur le coin du nez.
Parfois, ce sont des machines à laver, des frigos, qui dégringolent des étages sur la gueule des flics qui s'aventurent encore dans les cités, mais des cadavres, rarement. Et encore moins quand le cadavre en question est justement celui du mec qu'on venait voir...
Et revoilà BHL, le seul, l'unique, le vrai. Déjà croisé et apprécié dans Archi Mortel, ce lieutenant de police se trouve aujourd'hui confronté à un monde qu'il connaît bien pour y avoir grandi : la banlieue, celle des cités et des barres HLM. Elles ont pris un coup de vieux ces barres depuis sa jeunesse, un coup de "gris" aussi...
« Des coups de fard dévastateurs, en veux-tu en voilà, ont bien été entrepris à une époque pour les remouler ces cités-dortoir. Du hall à la cage d'escalier, sans oublier les caves et les communs ; tout, des murs aux plafonds, a été ripoliné dans le style bonbonnière aux tons pastel. Mais oualou pour ce qui était de s'employer à débarbouiller le destin crado des occupants des lieux. Et le pire était à venir ! »
Pour tout le monde — commissaire, juge — la disparition d'un caïd est une bonne chose et personne en cherche à en savoir plus ; ce sera un suicide. Mais BHL est réfractaire à cette idée, comme à toutes celles préconçues. Il creuse, il gratte, il cherche et, forcément, il finit par déterrer... de vieilles histoires pas ragoûtantes, sur lesquelles la justice à oublié d'ouvrir les yeux.
Pascal Jahouel n'a rien perdu de sa verve et en mettant en scène le lieutenant Lejeune dans l'univers de la banlieue rouennaise, il s'en donne à cœur joie.
Manier l'argot est un art difficile. Il y faut l'expérience, le vécu ; on apprend pas une telle langue sur les bancs des universités, ou on prend le risque de bien vite tomber à plat. Ici, la maîtrise est parfaite, c'est un régal, une délectation criante de vérité. Le mariage est réussi, le lecteur comblé.
Une vérité qu'on retrouve bien sûr dans le tableau banlieusard dressé par l'auteur. Il y a mise en scène bien sûr — nous sommes dans une fiction — mais il y a avant tout réalisme dans l'environnement, dans les situations, dans les personnages.
BHL fonctionne à la compassion envers les victimes, à la hargne envers les bourreaux. Il s'accroche à une justice qui n'existe quasiment plus, isolé dans une institution — la police — qui le rejette comme un canard boiteux.
Pascal Jahouel quant à lui montre que les frontières entre "racailles" et notables sont bien minces et que la jungle est la même pour tous les prédateurs.

Un roman extrêmement vivant au cours duquel on ne s'ennuie pas une seconde et un BHL qu'on espère croiser encore. On en a besoin des comme ça !

 


Claude Le Nocher a lu La gigue des cailleras (paru sur Rayon du polar - juin 2007)

La chute mortelle de Denis Dupré, à la Cité des Moineaux, peut passer pour un suicide. Sauf que, celui qu’on surnommait Le Rouquin, était le principal fournisseur en substances illicites de la région de Rouen. Son confortable appartement témoigne qu’il ne s’agissait pas d’un désespéré. Lejeune, flic peu conformiste, s’oppose à son supérieur, qui veut classer l’affaire. Il obtient le soutien de Cendrine, séduisante substitut du procureur. Spectateur du quartier, Popaul Hervieux connaît trop bien Dupré et ses anciens amis. Quinze ans plus tôt, ces “Trois Mousquetaires” ont martyrisé sa sœur Hélène, qui végète depuis en psychiatrie. Ils dealaient, organisaient des tournantes, dominaient le secteur. L’un d’eux, Dosbarrios, est devenu un redoutable avocat. Le troisième, Patrick Firmin, a fait une belle carrière de footballeur pro. Il joue encore, dans l’équipe du Havre.
Bien que Lejeune soit à l’origine de l’enquête, celle-ci est confiée au capitaine Rachid Laghaouat, natif de la Cité des Moineaux. Lejeune est pourtant né dans un univers similaire, au Havre. Son père, ardent militant anar, et sa mère, y vivent toujours. S’intéressant à Firmin, Lejeune repère rapidement le garage où le footballeur cache son stock de drogues variées. Mais le policier se fait assommer. A son réveil, la marchandise a disparu.
Menacé par Dosbarrios (l’avocat de Firmin), moqué par ses collègues (dont Rachid et le commissaire Chassevent), cogné par des cons de supporters (manipulés), Lejeune persiste - même s'il frôle la révocation...
Il s’agit là d’un résumé factuel, esquissant les péripéties majeures de cette histoire. Si l’intrigue est riche autant qu’agitée, on retient surtout la tonalité de ce récit entraînant. La description de la Cité, pouilleuse Cour des Miracles d’aujourd’hui ; le portrait du commissaire, au look ridicule ; celui du père de Lejeune, éternel gaucho-libertaire ; les relations contrariées avec la belle substitut… On sourit beaucoup grâce à cette aventure mouvementée. Dans l’esprit de Michel Audiard, les dialogues sont percutants. En outre, l’intitulé de chaque chapitre évoque une danse. Bien sûr, le policier frondeur subit quelques avatars, mais il est tenace, obstiné dans sa quête de vérité. Enjoué et captivant, voilà un roman extrêmement sympathique.


 

Interviou de Pascal Jahouel à l'occasion de la sortie de son deuxième roman La gigue des cailleras sur Le coin polar Lire (mai 2007)

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey