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Avant propos
Il est des êtres qui aimantent les emmerdes. Ils sont poissards ad vitam, la louse les prend dès le berceau et ils égrènent au long de leur existence moche tout un chapelet de catas mirifiques. Serait-ce le portrait craché de Genova Vuibert ?
Lorsque notre calamiteuse lieutenante de police judiciaire se lance à la poursuite d’une bande de malfrats, dans la jungle urbaine ou sur la côte d’azur, autant qu’elle cherche la fameuse aiguille planquée dans la non moins fameuse botte de foin. Elle aurait dû savoir que l’aiguille se retrouvera inéluctablement plantée dans son derche ! Sa collection de bavures s’apparente effectivement à des trophées de chasse, gibier lesté de bastos perdues. Pour conjurer le mauvais œil, mieux vaudrait le crever une bonne fois pour toute, me direz-vous. Notre héroïne ne va pas se priver d’essayer !
L'héroïne campée par Jeanne Desaubry dans son roman « Le passé attendra », dont le titre milite pour un hédonisme gourmand, dévoreur du temps présent, nous entraîne à sa suite dans une enquête sous tension. Femme sans concession, elle s’y implique totalement : dans ses amours vagabondes, dans son lien filial, dans ses relations professionnelles. Ne doutant de rien, elle décide d’arrêter le glissement sur la pente fatale de sa vie, d’inverser la fatalité. Cela nécessite de sa part une énergie farouche autant que redoutable. Or de cette énergie, Gen a à revendre.
C’est Gen qui raconte son histoire, avec ses mots, ses réflexions de femme actuelle, libérée et blessée par la vie. On entend sa respiration, parfois haletante au gré de l’action trépidante qui ne laisse aucun répit. Quelle santé, cette Gen, quelle énergie pour contrer la vague du destin contraire ! En ce sens, ce roman revigore les volontés blasées ou usées par la routine des jours.
Jeanne Desaubry confirme avec « Le passé attendra » son grand talent
qu’« Hosto » avait révélé en 2006.
Nigel Greyman
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