Fiche "Le trésor de Staline"
     
  Le trésor de Staline  

Lupanar ou maison de fous, le relais-château s'est transformé en cour du roi Pétaud. Une baronne y fricote avec un parrain mafieux et, sous les ors des salons, les pires filous sont en colloque. Tandis que le CRAC 40 y affronte les apparatchiks d'une nouvelle nomenklatura de la Kalachnikov, des barbouzes grenouillent en cuisine. Tout ce petit monde vibrionne et se flingue allègrement. Les talents improbables d'une aveugle frigide suffiront-ils à sauver le moins barge du lot ? Et que penser de ces pieds nickelés qui manœuvrent si étrangement en sous main ? Dans cette galerie de personnages, y en a t-il un seul qui mérite vraiment de découvrir le trésor enfoui de Staline ? Au fait, que vient donc faire le «petit père des peuples» dans ce polar loufoque ?

 

 

Gérard Streiff
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polar
190pages
ISBN : 978-2-916330-53-2
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Prix TTC : 10 €
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Docteur en Histoire, universitaire, journaliste, Gérard Streiff a publié une quarantaine d’ouvrages dont de nombreux polars adulte et jeunesse. Il a été correspondant à Moscou. Ce séjour lui a inspiré plusieurs récits noirs : Les yeux de Lénine et Le putsch.

Revue de presse

Claude Le Nocher a lu Le trésor de Staline (action suspense - mars 2010)


Gérard Streiff publie son nouveau roman “Le trésor de Staline” chez Krakoen. Faisons connaissance avec les personnages et les lieux, qui se trouvent au cœur de cette comédie.

Non loin de Paris, le château de Caillet est devenu un hôtel de luxe depuis qu’il a été racheté par Robert Lesage. Une bonne manière pour ce truand de placer son argent. Il a choisi comme directeur de l’hôtel son ami Georges-Marc Benadur, qui a épousé l’ancienne propriétaire aristocrate. “­Depuis, Robert Lesage donnait volontiers du "Monsieur le comte" à GM Benadur. Métamorphosé, l’ancien porte-flingue acceptait le titre, plus flatté qu’agacé.” Ce week-end encore, les riches clients sont nombreux au château. Les grands patrons du BESEF sont réunis pour un colloque. À leur tête, Xavier Saint Flour est présent avec son assistante et maîtresse. Benadur espère que les sangliers qui rôdent autour de la propriété ne viendront pas abîmer les grosses cylindrées garées sur son parking.

Une délégation de Russes figure aussi parmi la clientèle. Robert Lesage ne tarde pas à reconnaître parmi ceux-ci d’anciens amis. Un épisode de sa vie agitée le mit naguère en contact avec Zagladine et Chapochnikov, pour des affaires pas très claires. Leur présence ici suppose qu’ils ont flairé un moyen suspect de se faire du fric. Traducteur de la délégation, le journaliste Kovaks est motivé par des raisons sentimentales. Son père participa à l’Expo Universelle de 1937 à Paris, au stand soviétique. Or, un archéologue français vient de retrouver des pièces ornementales restées en France, issues dudit stand de 1937. Elles furent longtemps oubliées dans la glacière du parc du château de Caillet. Sans doute est-ce lié à l’histoire de ce lieu, qui a appartenu jadis à des syndicats ouvriers.

D’autres curieux clients sont ici pour le week-end. Tel ce Bassompierre, avec ses filles et un ami. D’aucun trouvent que Bassompierre a une tête d’officiel, mais sans connaître sa fonction. Il y a aussi Chloé, venue avec son ami Laurent. Chloé est aveugle, ce qui ne l’empêche pas d’être policière, son infirmité l’aidant à se concentrer sur les détails. C’est le cas de Robert Lesage qui l’intéresse, car il reste un truand fiché. Parmi les jeunes employés comme extras, il semble que certains soient des activistes de CRAC 40, pas vraiment des amis du BESEF.

Suite à la disparition de Chapochnikov, son compère Zagladine le cherche dans toute la propriété. Kléber, le gardien du château, a aussi disparu à cause des nommés Apache et Mike, mais ça n’inquiète pas grand monde. Sauf peut-être la vieille Gaby, qui vit en sauvageonne dans le parc. Pour éviter le problème des sangliers, G.M. Benadur organise une chasse qui distrait ses clients. Kovaks et l’archéologue évoquent ensemble le stand soviétique de 1937. Une improbable rumeur prétendit que ces décors cachaient un trésor…


S’il affiche une véritable originalité, le polar souriant entre vite dans la catégorie des inclassables. Il devient d’autant plus convaincant si on y ajoute quelques éléments historiques, échappant définitivement à tout étiquetage. Tel est le cas de cette comédie de Gérard Streiff, dont la base s’inspire de faits avérés. La tonalité légère n’empêche pas des retours documentés sur le passé. Il y est question d’une “glacière”, mot qui ne désigne pas un appareil moderne. Surtout, on suit avec plaisir les protagonistes de cette galerie de portraits. De l’un à l’autre, les scènes se succèdent sur un tempo alerte, soulignant l’aspect trouble ou caricatural de chacun. Qu’existe ou non ce “Trésor de Staline­”, il est probable qu’après tant d’agitation, le dénouement soit explosif. Très agréable roman.



 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey