Fiche "l'Oranaise"
     
  L'Oranaise  

Vient de paraître

1964. L'Algérie est indépendante depuis plus d'un an, mais quelques soldats perdus tentent encore de repasser le film à l'envers dans l'espoir insensé que cette terre redevienne française. Ils espèrent qu'avec la mort de la "grande Zorha" — c'est ainsi que les pieds-noirs surnommaient de Gaulle —, ils lui feront payer ce qu'ils considèrent comme une traîtrise et ainsi renverser le cours de l'histoire. Complots, attentats, règlements de compte se succèdent, mais ce combat est sans issue, la France a tourné la page. La police et la D.G.S.T. traquent les derniers terroristes de l'OAS. A Rouen, dans ce climat de guerre civile larvée, le commissaire Arsène Kalouba est chargé d'élucider une série de meurtres sans lien apparent. Non sans mal et au péril de sa vie…

 

 

 

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Philippe Feeny
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Policier
194 pages
ISBN : 978-2-916330-16-7
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Prix TTC : 8 €
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Après les règlements de compte à la Libération décrits dans Amer café, Philippe Feeny retrace un épisode de l'après guerre d'Algérie dont le théâtre est toujours Rouen.

A propos

Philippe Feeny exploite une veine romanesque qu’il puise dans la ville de Rouen où il réside depuis son adolescence. Les périodes décrites dans ses romans, il les a vécues. Ainsi grâce au privilège de son âge, a-t-il évoqué dans son premier polar historique, un épisode ayant trait aux règlements de compte de l’immédiate après guerre mondiale. En effet, si l’intrigue d’Amer café se déroule à Rouen en 1948, son nouveau roman se situe en 1964. C’est également une histoire d’après guerre, celle d’Algérie, qui est la toile de fond de l’enquête du commissaire Kalouba. Tout jeune flic en 1948, il est dans l’Oranaise en pleine possession de ses moyens. Les événements décrits servant de décors à cette intrigue sont puisés aux meilleures sources historiques. La décolonisation de l’Algérie a été accomplie au prix d’une guerre de libération nationale conduite par les Algériens eux-mêmes et d’une paix mal acceptée par les pieds-noirs et une partie de l’armée, entraînant expatriations, déchirements, meurtres et attentats. Les blessures de l’histoire, les séquelles des tragédies individuelles, telles sont les thématiques à l’œuvre. Le mérite de l’ouvrage de Philippe Feeny, c’est de nous replonger sans être didactique dans cette histoire tragique à l’aide d’une fiction policière charpentée et haletante.



Revue de presse

 

Une lecture de CLAUDE LE NOCHER (Rayon du polar - février 2007)

Février 1963. Un quarteron de rescapés de l’OAS vivote dans la clandestinité. Dirigés par le colonel Ragot, ces nostalgiques de l’Algérie française rêvent encore d’un retour à la situation passée. Basés dans la région de Rouen, ils préparent un attentat contre le chef de l’état. En effet, De Gaulle se rendra prochainement en Normandie.
Depuis que l’OAS a été déclarée illégale, ses soutiens financiers se font rares. Trésorier du groupe, Pierre Offanté peine à trouver des fonds. Le racket n’intimide plus guère. Pour se procurer des explosifs, le commando braque un camion en contenant deux tonnes. L’opération ne passe pas inaperçue.
Quelques jours plus tard, la 404 de Paul de Brémonville explose. Gendre d’un homme d’affaire ex-collabo et partisan de l’OAS, il refusait de continuer à frauder pour financer une cause perdue. Le commissaire Arsène Kalouba est chargé de l’affaire, aussi suivie par les services secrets. Le commando du colonel Ragot est parfaitement identifié.
Quand l’ancien militaire Frayer est assassiné, sa sortie de Seine intrigue Kalouba. La piste de la Compagnie Oranaise de Vins et de Spiritueux lui paraît sérieuse. Quand la police veut perquisitionner "l’Oranaise", la société du trésorier Offanté, son gardien résiste à toute intrusion. Il faut utiliser les grands moyens. Dans des cuves, on y découvre un cadavre et un milliard en billets...

Mêlant faits historiques et action à suspense, voilà un roman absolument réussi. Si l’OAS n’a été que l’utopie d’une France pouvant demeurer coloniale, on sait la violence qu’elle a engendré. L’auteur souligne les troubles complicités autour de l’OAS, et les questions sur l’argent qui lui fut versé. Ce court épisode (1961-62) de la vie des Français ne doit pas être occulté.
Le destin des guerriers, pitoyable quand leur ultime combat est illusoire, reste un thème convaincant lorsqu’il est aussi bien traité. L’enquêteur emprunte autant la pipe de Nestor Burma que celle de Maigret. Sans doute plus proche du héros de Léo Malet, pas dupe de son époque soi-disant florissante. Mais aussi opposé à un adversaire retors, ce qui vaut pour les deux références. Qu’il est agréable de lire un très bon polar tel que celui-ci.


 

 

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey