Fiche MIKKO
     

 

MIKKO

ou Je n'entends rien au japonais

 

Nouveauté

Cyril Poisson déprime depuis que sa femme l'a plaqué. Un beau soir, alors qu’il s’apprête à sombrer dans l’alcool, il découvre qu’il peut chambouler son destin en bidouillant la zappette de son téléviseur. Le bonheur est littéralement à portée de main ; Poisson n’a qu’à cibler qui bon lui chante pour dessiner des sourires sur les visages renfrognés des gens et trouver grâce à leurs yeux. S’en suivra une relation fusionnelle autant que fantasmatique avec sa télécommande qu’il prénomme affectueusement Mikko. Mais, piloter la vie des autres ne s'improvise pas, surtout lorsque les sentiments s’emberlificotent et que les cœurs résistent. Contre le chagrin : zappe la vie ! Contre l’ennui : zappe la vie ! Contre la poisse : zappe la vie !

 

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Jan Thirion
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Roman

collection Complètement à l'Ouest


202 pages

12x19

poche


ISBN : 2-916330-11-9
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Prix TTC : 9 €
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                 Par la magie de ma zappette...

Dans cette parabole des temps modernes, Jan Thirion trace sur le ton de la satire le portrait de notre société où le mirage des biens matériels laisse place à une angoisse grandissante.




Revue de presse...

Jeanne Desaubry a lu Mikko

Cyril Poisson est-il un looser ? Un pauvre type ? Ou au contraire un rêveur, magicien inconscient, en réaction contre le consumérisme forcené qui marque notre quotidien ?

Prof désabusé, l’amour des maths l’anime mais il ne sait pas ce veut dire plaisir pédagogique. Divorcé, sa libido se nourrit de bonheurs enfuis dont il va recueillir des miettes clandestines chez son ex. Pour le reste, il se remet une fois par quinzaine dans les mains multicolores d’une jeune et experte masseuse thaïlandaise.

Mais peut-être que ce lamentable héros n’est finalement ni un looser, ni un magicien, mais le dernier des romantiques ? Pensez ! Cet homme s’invente une liaison pour offrir un motif de divorce à la femme qu’il aime et qu’il voit s’éteindre dans un mariage qui l’ennuie.

Tout ça ne résume pas Mikko, ne lui rend pas justice non plus. Jan Thirion est en effet doté d’un talent littéraire remarquable. Il construit, l’air de rien, sans effet particulier, une oeuvre qui se dissimule de prime abord derrière une apparence de fable légère : celle d’un presque quadra déprimé (le ci-devant Cyril Poisson) qui découvre accidentellement que sa télécommande est dotée du merveilleux pouvoir de se concilier l’amour sincère d’autrui. Il en fait l’usage qu’on imagine, s’attirant les bonnes grâces de ceux qu’il rencontre.

Pourquoi alors garder à l’esprit ces 200 pages ? Parce que la farce, si elle est drôle, n’est pas du tout légère, mais plutôt drôle et désespérée. Parce qu’elle met le doigt sur les cruautés de la solitude, que révèlent intensément les soliloques de Cyril Poisson. Parce que l’on glisse insensiblement vers la tragédie et que l’on ne regarde plus du tout, une fois le livre refermé, sa télécommande du même œil.

Thirion a l’élégance de cacher derrière sa légèreté une analyse subtile et assez noire de ce à quoi se réduit l’existence quand elle va chercher refuge derrière les télécommandes des produits de technologie. La preuve qu’il voit juste : il n’y a qu’à voir comment ils nous envahissent. En prime, et sans doute pour mieux cacher ce discours si sombre, Thirion cisèle une écriture pleine d’humour et de subtilités.

C’est à l’honneur de Krakoen « Editeur autrement » de favoriser l’avènement d’une telle qualité et de lui permettre d’arriver dans les mains du lecteur.

Et si c’est pas  « polar », c’est « noir » assurément !

Retrouvez les notes de lecture de Jeanne Desaubry sur son site


Cyril Herry a lu MIkko (paru dans le Rayon du polar - 20 septembre 2006)

Ne vous inquiétez pas, « c’est la manie de l’homme moderne, il doit zapper à tout bout de champ, croire qu’il tient les commandes de son destin entre ses doigts. »           
Mikko n’est ni un cornet glacé, ni le prénom de la jeune personne qui orne la couverture du roman.
Mikko est une télécommande.   
De chez Sony, s’il vous plait. Merci Monsieur Sony pour ce don du ciel, car il faut bien avouer que la vie de Cyril Poisson, professeur de mathématique en mal de vivre, se trouve transformée dès l’instant où la petite chose plate à touches et à piles lui révèle son pouvoir.             
Dans les pages d’un autre roman ou d’une nouvelle de Jan Thirion, la zappette se serait faite revolver. Mais Mikko n’est pas un polar. Cyril Poisson n’est pas un détective privé, mais un auto-détective intime, pourrait-on dire. Et la petite machine va non seulement lui permettre d’agir sur le présent immédiat, mais aussi de retourner dans le passé, histoire de vérifier, à tout hasard, si les fantômes n’auraient pas quelques remords, parfois, ceci avec l’aide précieuse de l’incroyable zappette.            
Mikko donne le sourire à la boulangère grincheuse et fait de votre détestable voisin de palier le meilleur ami du monde. Mikko chamboule les humeurs et provoque d’inavouables désirs. Il suffit juste que le sujet se trouve dans la mire de la zappette et le tour est joué. Evidemment, se déplacer sans cesse avec une télécommande à la main n’est pas très discret. Encore que, d’un salon équipé d’un écran 16/9 à une rue piétonne où résonne en permanence la fréquence des téléphones portables, on a vite fait de zapper l’incongruité. La route est donc libre pour Cyril Poisson qui s’empresse de tester l’effet Mikko sur le monde qui l’entoure.           
Mais la cible essentielle, ce sera l’Ex.           
L’Ex qui a gardé la maison et la voiture après la séparation, ainsi que l’écran de télévision. L’Ex que Poisson aimerait tant voir s’esquiver des bras de Nono, son successeur. Et puisque Poisson a eu la bonne idée de conserver les clés de la baraque, pourquoi ne pas y retourner et tenter de contrarier le cours des choses, de la vie et des sentiments…      
L’écriture de Jan thirion est incisive, aiguisée, plantée dans le réel. « Un roman, une fantaisie pour rire, j’espère… » me souffle-t-il. Et nous en rirons particulièrement jaune. Mikko est pénétrant à bien des égards, et s’il choisit d’entrer par la douillette et rassurante porte de l’humour auquel le lecteur se dispose immanquablement, il n’en demeure pas moins capable de débusquer les doutes et de les retourner dans tous les sens comme une lame dans une plaie ou un esprit dans l’embarras.              
« J’entre chez nous, poussé par un gosse qui veut le passage et oreilles tirées par la chanson-scie d’un chanteur mort, sinon à tuer. Les gens adorent les vieilles rengaines pour faire la fête. »    
L’écriture nous régale d’une ligne à l’autre, sans trêve, et insinue de même un vilain sifflement dans l’oreille. La stéréo bat de l’aile, voyez-vous, même si c’est du Sony dernier cri.         
Ils « éprouvent le besoin de secouer la momie, n’importe quelle momie, de la faire danser sur un air désuet, histoire de prouver que le temps n’a pas de prise quand on s’amuse. »         
Et si Mikko n’est pas un polar, ni la zappette une balle de revolver, le roman n’en demeure pas moins redoutable, car il nous laisse en vie.        
« La cervelle des gens ressemble à la musique qu’ils écoutent, de la mayonnaise en tube. »   
« Tu sais ce que disent les psys ? Ils disent que la télécommande est une sorte de prothèse virile. » Qui marche à piles.

 


 

Patrick Galmel a lu Mikko

Paru sur Pol'art noir - septembre 2006

Mikko n'est pas un polar, soyons franc, mais il est le fruit d'un auteur du genre qui, délaissant les mises en scène sombres, pour ne pas dire noires, nous propose une fantaisie, une fable. Il n'en reste pas moins que le regard reste le même, tourné vers notre société, même si l'éclairage est différent. Pour une fois, on se passera de cadavres...

Il y a de la poésie dans cette écriture subtile teintée d'espièglerie, et c'est un réel plaisir de suivre ce professeur de mathématiques, tout juste séparé, de le voir redécouvrir les "joies" du célibat et par la même occasion le visage inattendu de la télécommande de son ex... télévision.

Muni de cet appareil diffusant son rayon bienfaisant, il va tenter d'annihiler toute trace d'agressivité à son égard, de se faciliter la vie, quoi. Mais sans télécommande, au fait, comment s'en sort-on ?

Jan Thirion montre avec fantaisie une société malade qu'on ne connaît que trop, où les gens communiquent par machines interposées pour mieux s'agresser en direct. Le ton reste cependant léger et c'est sans bouder son plaisir qu'on s'arrête parfois en cours de lecture pour savourer une phrase, un passage magiques, voire ces haïkus "dénaturés", d'un esprit nouveau, tragiquement présent, qui parsèment le récit :

"À la porte du vieux temple sur la montagne

Sonne la cloche de bronze

Réglée par satellite."

Offrez-vous une pause rafraîchissante dans vos noires lectures : ouvrez Mikko, lisez-le !

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Nigel Greyman a lu Mikko

J’ai refermé Mikko envahi d’un délicieux goût d’enfance, revenu ébloui du territoire sans souci d’avant au sein duquel des fées transformaient les citrouilles en carrosse, les pauvresses en héritières, les gueux en joyeux princes, niais le plus souvent mais si charmants. Dans ce roman, nous sommes dans le pays des adultes traînant encore derrière eux des lambeaux de leurs jeunes années. L’auteur décline sans vergogne et avec bonheur le thème rebattu de la baguette magique : notre héros découvre en effet que la télécommande de son vieux téléviseur est dotée de pouvoirs surnaturels, ceux de modifier un bougon en un être adorable, ceux de réanimer un amour déchu… et plein d’autres tours. Il devient alors le zappeur fou, bardé de toute puissance sur les gens et les choses, quasiment dieu vivant, prompt au caprice comme à la BA. Enfoncer un bouton, et le tour est joué ! On sait que le tragique marque le terme de l’histoire. Le vide aussi. Car le destin fait rideau, une fois les piles mortes, plus d’énergie, plus de miracles, rien, la désillusion au bout du rêve… C’eût pu être seulement gentillet, mais l’écriture travaillée avec légèreté de Jan Thirion, le style du récit, la cocasserie des situations nous entraînent dans d’agréables moments de littérature où sur un rythme qui jamais ne faillit, le fantastique le dispute à l’humour. Ce petit prof de maths sans histoire, sérieux et insignifiant, subjugué par les appareils audiovisuels de marque japonaise ne jure que par Sony, champion de l’innovation. Plaqué par sa femme, touchera-t-il  au bonheur de la reconquête de son « ex » grâce à la magie de cette zappette ? Les femmes dans cette histoire viennent toutes d’extrême Orient. Elles incarnent la douceur de vivre et sans doute l’idéal féminin de l’auteur. On aimerait avoir sous la main une Mikko afin de mikkotiser les cons qui pourrissent la vie, de séduire un amour qui résiste, de goûter la liberté sans entrave avec celle qu’on désire. On aimerait connaître la caresse de Nan-Son, la jolie masseuse thaï, dotée d’une main aux doigts de toutes les couleurs faisant naître des soleils tremblants sur la peau. Et si ces outils de la modernité consumériste n’étaient en réalité qu’un leurre, une béquille, une facilité de paresseux qui ne s’engage pas, qui ne dit pas, qui reste en dehors de sa propre vie. Vide autant qu’elle est remplie à due concurrence d’objets de consommation, inaptes à procurer ce bonheur obligé dicté par les marchands. Voilà bien un symptôme du malaise des occidentaux gavés, pour ceux qui le sont au demeurant. Ce petit roman pétillant plus profond qu’il n’y parait se déguste d’un trait. La dernière page lue, il suggère immédiatement la relecture car chaque phrase recèle beaucoup de finesse, chaque situation mérite une dégustation. Ce roman se savoure comme un saké parfumé, à petites gorgées de plaisir.

Nigel Greyman

juillet 2006

 
 
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