Fiche "Mistral cinglant"
     

  Mistral cinglant  

Vient de paraître

 

Lily Verdine n'a pas la frite depuis l'affaire de la Croisière jaune. Son toubib lui conseille de soigner sa déprime en changeant de décor. « Pourquoi pas dans le patelin provençal de mon adolescence avec pour seul programme une convalescence paisible », songe-t-elle.

Convalescence paisible, tu parles ! : à une encablure de son auberge, un incendie attisé par un mistral à renverser des couleuvres ravage l’usine d’une vieille connaissance. Comme on retrouve dans les décombres le cadavre du vieux gardien, notre détective privée ne peut s'empêcher d'aller y fourrer son nez. Elle a tôt fait de renifler une escroquerie à l'assurance commise par le patron. Mais les flics alpaguent rapidement le coupable idéal, un ouvrier rebelle qui clame sa haine des exploiteurs.              
Lily revigorée par l'action sillonnera la Provence en tout sens, de l'arrière pays à Marseille, pour démêler ce sac de nœuds qui pue la sueur et la mort.

Zolma soulève le couvercle d’une poubelle de l’histoire sans se départir de son sens de la dérision. Décidément, cette Lily Verdine est bien la frangine romanesque de Nestor Burma.

 

 

 

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Zolma
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Policier
246 pages
ISBN : 978-2-916330-17-4
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Prix TTC : 10 €
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Sélection BILIPO

"Les crimes de l'année"

2008


A propos

Dans Mistral cinglant, revoici cette nouvelle héroïne du genre, cette satanée Lily Verdine ! Quel plaisir de retrouvailles, tant le premier opus de Zolma Croisière jaune avait laissé une succulente trace en mémoire. Lily, cette ancienne militante trotskiste conserve une niaque d’enfer pour débusquer les beaux salauds. C’est bigrement utile quand un nuisible tombé dans ses pattes rumine sa mauvaise conscience et tente d’effacer la mémoire de ses crimes. Au gré de son enquête notre Lily nous balade de la Camargue jusqu’aux Alpilles en passant par Marseille. En fait de convalo, ce qu’il lui fallait, c’est une bonne affaire lui permettant d’exprimer tout son talent de redresseuse de tort. Ce roman, dont une partie de la trame romanesque puise dans un épisode sinistre et longtemps occulté du conflit algérien en métropole, nous narre le dernier sursaut criminel d’un nervis dont le préfet de police de Paris, Papon, fut le maître spirituel des basses oeuvres. Zolma tient dans Lily Verdine un personnage très attachant dont les aventures teintées d’humour et de passion se lisent avec grand bonheur.




Revue de presse

Luis Alfredo a lu Mistral cinglant (paru sur Rayon polar - août 2007)

Avec ce second roman Zolma hisse son personnage, Lily Verdine, au rang d’héroïne récurrente, mais en même temps il la gratifie d’une dépression nerveuse. Autant dire qu’elle ne peut que changer de décor, histoire de se refaire une santé. Et voilà pourquoi l’intrigue que Zolma a imaginée se déroule loin des centres urbains.
On pourrait croire que Zolma cède à la tendance actuelle, empreinte d’écologie bucolique enluminée de régionalisme. Mais ce serait, me semble-t-il, faire fausse route!
S’il ressuscite les figures mythiques du hard-boiled avec la grâce d’un Peter Cheney, il ne le fait pas seulement avec distante, humour et une pointe de cynisme, il les place aussi dans des décors inattendus.Avec lui, le privé est une privée et le dur à cuire, une dure à cuire dépressive. Son détective privé ne s’enfonce pas dans les rues noires que balaie un vent glacial, elle traverse les vignes, sous une pluie battante… la mort ne le guette pas au coin d’une ruelle déserte, elle l’attend sur le parking d’une station-service, au beau milieu d’un nul part que fouette le mistral…

Zolma maîtrise parfaitement l’art du roman policier et ne s’éloigne jamais de ce propos voilà pourquoi ses polars se lisent comme on écoute un bon vieux rock : avec plaisir

 


Norah Gueneau a lu Mistral cinglant (paru sur Artslivres - mai 2007)

En vacances pour soigner sa déprime, Lily Verdine enquête. Avec humour et cohérence, les événements se suivent sur un rythme de mistral cinglant ( clin d’œil au chanteur Renaud ? ) en suivant la piste d’un incendiaire pour innocenter un ami d’enfance.

Suite de Croisière jaune : éjectée de la police officielle, Lily Verdine avait créé son agence de détective, vivotant de filatures pour adultère ou d’enquêtes pour escroquerie aux assurances. Son médecin et voisin Victor lui conseille alors de prendre un peu de repos, pour fuir ses angoisses : « bien entendu, on ne pouvait pas laisser les gens attachés à une chaise dans une pièce capitonnée ou sous neuroleptique violent pendant un lustre. On devait bien les délivrer un jour. Et lorsqu’on les libérait, le problème avait toutes les chances de réapparaître en moins de temps qu’il n’en faut à un banquier pour ruiner un honnête citoyen… Victor savait que j’appréciais cette modeste raillerie. La remarque m’avait d’ailleurs arraché un sourire, le premier en deux lunes. Le toubib avait perçu ce petit signe d’allégresse. Certes, rien à voir avec le soulagement du parachutiste qui réussit à décoincer la fermeture éclair du ventral, mais quand même (p.20) ». Elle revient ainsi en Provence dans le village de son adolescence, où son père nourricier mais désormais veuf fait tourner l’ancienne exploitation maraîchère transformée en gîte. Ce début décembre avec un mistral ‘à renverser les couleuvres’ maintient chacun chez soi : c’est donc un peu la morte-saison pour les chambres d’hôtes…

Mais lorsque l’usine voisine de cagettes part en flammes, elle brûle d’y mettre le nez. Or le représentant de la compagnie d’assurances l’engage, et elle a tout loisir de fouiner et remonter le temps : « au bourg, parmi les jeunes de mon époque, il y avait trois clans. Le premier, celui des ‘Taurins’, majoritaire en quantité. En qualité, je me prononce pas. Les locaux de souche qui s’amusaient dans les fêtes locales à courir après les taureaux lâchés dans les rues pour leur toucher les testicules. Apparentés à ce clan, les gonzesses, qui, dans les mêmes fêtes, se fringuaient en Arlésienne avec coiffe, jupons et tout. Et qui couraient après les mecs qui couraient après les taureaux, pour leur toucher les testicules. Euh, gaffe où tu mets les virgules, quand tu penses, Lily. Deuxième clan, les ‘venus d’ailleurs’, un peu bourges, arrivés d’Aix, Lyon voire Paris, légèrement méprisants pour le bas peuple, ‘Panem et circenses, c’est pas pour nous’. En lutte larvée avec le premier. Troisième clan, ultra-minoritaire, les ‘Ni l’un, ni l’autre’. Le mien, naturellement. Incapable de s’affranchir à quiconque. Exécrant tout autant les Taurins allumés au pastaga tous les samedis soirs que les richards pleins de morgue. Et haïs par tous. Ne pas choisir son camp, rien de pire. ‘Opposant, je te préfère en uniforme plutôt qu’électron libre et ingérable. Au moins je te reconnais’ (pp.50-51) ».

L’aventure aurait gagné à être développée davantage, car l’écriture est savoureuse et le ton acéré, l’enchaînement juste et l’humour caustique. Lily Verdine a sa place dans le polar, une personnalité fragile sous des dehors contestataires, avec des répliques des tirades qui sonnent comme des slogans : « chômedu, intérim, chômedu, intérim. L’alternance dans l’activité, mais la continuité dans la précarité (p.101) ». Enfin, les descriptions permettent d’apprécier certaines évolutions de la ‘France d’en bas’, des situations troubles mais oubliées, étayées de l’humanité ( ou du manque d’humanité ) de certains protagonistes.


Patrick Galmel a lu Mistral cinglant (paru sur Pol'art noir - avril 2007)

Grosse déprime chez Lily Verdine, ce qui arrive à tout le monde, même à la meilleure détective privée. Heureusement, son cher toubib et néanmoins voisin du dessus — un "empêcheur d’exploiter en rond" ayant passé son temps à "soigner des maladies incurables grâce à des plantes bizarres, à traverser la brousse ou la steppe, armé de trois pansements, d’un peu de quinine, et de pas mal de persuasion — son voisin Victor, donc, a un traitement spécial pour elle, en deux temps : neuroleptique léger pour la chimie, et changement d’air pour le moral.
Et c’est ainsi que Lily se retrouve embarquée pour le sud de la France, en vacances sur les chemins de son adolescence...
Retour aux sources préconisé par l’ami Victor, le "médecin de campagne" et l’occasion pour Zolma de revenir sur le passé de Lily, de nous expliquer la DDASS, les parents morts pour cause de chauffage au monoxyde de carbone dans une HBM (pire que les HLM) et puis surtout le père Simon qui l’a élevée avec sa femme. Séquence tendresse...
Mais la vie continue, même en Provence, et c’est l’incendie d’une usine de cagettes et la mort de son gardien qui vont remettre Lily sur les rails.
D’autant qu’en retrouvant le sud de son adolescence, elle renoue avec les souvenirs et avec quelques personnages croisés quelques années plus tôt qui, eux, n’ont pas beaucoup bougé. Comme la gloire locale, Antoine Tonini, propriétaire de l’usine, et qui pourrait bien tenter là, en ces temps de disette, de délocalisation, une arnaque à l’assurance.
Mistral Cinglant a une saveur particulière. Il est à la fois plein de tendresse pour ce sud-est de la France où chantent les cigales et loin des images à la Pagnol, à la Giono, depuis longtemps disparues. Il est aussi le miroir de cette région aux accointances politiques parfois étranges. À travers cette enquête, Zolma y évoque la misère économique qui guette, mais aussi le caractère raciste de certains. Il s’attache aux petites gens, il marche avec eux, du même pas, et c’est Lily qui crie sa révolte sans jamais garder sa langue au fond de sa poche.
La mistral, vu de loin, évoque la douceur de vivre. De près, c’est une autre histoire...
Un roman qui se lit d’une traite, peuplé de personnages authentiques, et agrémenté par la verve insolente d’une Lily Verdine en pleine forme.
Au fait, cette déprime, ça n’était qu’un prétexte, hein ?


 

Claude Le Nocher a lu Mistral cinglant (paru sur Rayon du polar - mars 2007)

La détective privée Lily Verdine se sent dépressive en ce mois de décembre gris parisien. Son médecin et ami Victor préconise un changement de décor, en un lieu où elle a vécu de bon moments. Direction le village provençal de son adolescence. Le vieux Simon, son père de substitution, est un ancien paysan reconverti dans les chambres d’hôtes. Il est heureux de l’accueillir.
Un incendie vient de ravager l’usine de Tonini, fabricant de cagettes. Lounès, le gardien kabyle des locaux, est mort dans cet accident. Ce sinistre est quand même suspect : il s’agit de la troisième usine incendiée dans la région. Lily Verdine connaît bien Tonini. Sachant que la rentabilité était en baisse, elle n’exclut pas qu’il ait lui-même mis le feu afin de toucher l’assurance. Ou alors, ce séducteur de Tonini a pu être victime d’une vengeance. Dans ce cas, les clientes anglaises de Simon doivent être soupçonnées. L’autre client, technicien en électricité, Lily le pense aussi concerné, sans savoir comment.
Patrick fut un copain de Lily. Cet anar vindicatif pense que son épouse s’est laissée séduire par Tonini. Pour les gendarmes, le jaloux Patrick fait un coupable idéal. Malgré son comportement provocateur, Lily s’arrange pour qu’il soit remis en liberté. Quand elle accuse Tonini, il apparaît sincère dans ses dénégations. Lily change de piste, visite une maison près de Béziers… où elle découvre un cadavre, beaucoup d’argent, et un manuscrit. A Marseille, Lily rencontre un flic savoyard et un employé du journal "La Provence", qui vont l’aider à progresser dans son enquête...

Les enquêtes de Lily Verdine expriment une tonalité douce-amère. Suspects ou non, les personnages y sont nuancés. Au fond, ils possèdent tous une facette sombre, masquant secrets ou drames. Cette complexité du caractère humain les rend totalement crédibles, même s’ils n’inspirent pas toujours la sympathie. Usant d’autodérision, Lily est une héroïne très attachante, se réclamant dans l’esprit de Nestor Burma. Ses aventures sont aussi tortueuses et obscures que celles de son prédécesseur. Elles se basent sur une intrigue solide, et sur une narration que l’auteur maîtrise à merveille. Les romans de Zolma sont vraiment enthousiasmants.

 

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey