Fiche "Rose blême"
     
  Rose blême  

Vient de paraître

Du Comminges au Roussillon, le souffle du vent raconte des histoires de sang noir. Gaétan Lamproie, un minable escroc, et Eric Lebalait, un flic véreux, en savent quelque chose, eux qui courent de combine en combine pour améliorer leur morne ordinaire. Mais comme ils ne sont

pas partageux, ils vont devoir s'affronter à mort autour d'un paquet de lingots d'or. Gravite autour d'eux toute une faune de vendeurs de matériel médical bidon, de trafiquants de meubles volés, de policiers ripoux, de prostituées roumaines et de véritables chiens enragés

écumant la région. Dans ce sud-western où les perdants et les morts ont toujours tort, on vit avec le mal, on frôle l'enfer, mais l'on verse parfois une larme sur la beauté d'une rose blême.

Ici, pas de serial killer, pas de super flic, pas de mafia, seulement des personnages ordinaires qui s'enfoncent dans le noir avec leurs démons intérieurs pour unique compagnie.

 

 

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Jan Thirion
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Roman noir

182 pages

poche


ISBN : 978-2-916330-23-5
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Prix TTC : 8 €
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Sélection BILIPO

"Les crimes de l'année"

2008


Avant propos

Un coin de terre, entre brouillards et abandons, en contrepoint sinistre au riant pays de Toulouse. Un flic minable, un peu ripou, peut-être jeune encore, déjà raté. Un RMIste terré dans son mobile-home miteux, prêt à tout pour s’en extraire qui, affligé d’un tic répugnant, s’arrache les poils de toutes sortes et les collectionne. Des putes, des cambrioleurs, une aveugle, une aide-ménagère souillon et fouineuse et le destin en action qui vous touille tout ça. Trois chiens comme outils de la fatalité. Touille et ratatouille… Sans compter Madame Orion, Rose de son prénom, une vieille femme atteinte d’Alzheimer. Elle brade un trésor mythique et en toute inconscience sème la folie autour d’elle. Instrument du malheur, l’or du Tonkin va éjecter de leur orbite ces trajectoires humaines promises à une médiocrité ordinaire.

Jan Thirion construit par petites touches un univers déglingué. Vive, tranchante, son écriture impose une vibration électrique à l’histoire, rendant probable l’impossible, le décalé, le dérangeant. Ses prostituées sont tristement putassières, ses flics brutaux, le monde impitoyable, monde d’effroi et de cruauté. Et pourtant… tous sont désespérément humains, ordinaires, banals. Même le personnage de Rose : si elle a perdu contact avec la réalité, elle n’en est pas moins ambiguë. Pourquoi cette arme, pourquoi cette cache humaine derrière sa bibliothèque ? Qui attend-elle encore ?

Avec « Mikko » (Krakoen), Jan Thirion nous avait conté une farce légère et amère en même temps. Avec « Ego Fatum » (Krakoen), il nous offrait un feu d’artifice jubilatoire et tourbillonnaire. Toujours original, avec « Rose Blême », il brouille encore les genres. Pas polar, mais quand même. Pas symbolique mais enfin... Sa « rose blême » exhale le parfum d’une fleur vénéneuse… et contrairement à la couleur annoncée, jette des reflets noirs, très noirs, assurément noirs comme la couleur de la désespérance.

Ava Ventura (juin 2007)




Revue de presse

Etienne Borgers a lu Rose blême (sur Polarnoir - janvier 2008)

Un naïf qui se laisse porter par les évènements, c’est Gaétan. Un bas de plafond qui prend tout ce qui est à sa portée, de plus, un flic, c’est Eric. Les deux personnages qui forment les voix du récit de ce court roman de Jan Thirion, le détonateur et l’explosif qui ne demandaient qu’à se rencontrer.
Et ce sera chose faite, suite à un larcin minable de Gaétan, opérant minablement, pour finir par se faire arnaquer par sa solution, celle qui avait pignon sur rue et qui fonctionnait grâce aux saintes lois du commerce… du gâteau, la retraite dorée assurée, la solution à la mouise qu’il trimballe. C’est au cœur de cette embrouille de VRP qu’il se fait cueillir par les flics : escroquerie, pressions sur personne fragilisée. L’addition est lourde. Surtout qu’à l’audition ce sera Eric qui s’occupera de son cas et compte bien le charger un max. Toujours ça de pris sur les statistiques de résultats imposées aux unités de flics. Déjà qu’Eric a pas tellement le temps de s’occuper des affaires de flics, sa carte lui procurant pas mal de rentrées personnelles et avantages divers. Un pourri, on vous le dit. Et un violent.
La rencontre des deux paumés ne pourra qu’être désastreuse, l’or servant de catalyseur à l’explosion. Ajoutez quelques putes roumaines et roublardes, des jardins secrets chimériques où devrait couler le miel le plus blond, des peurs paniques, la vengeance la plus crue et trop de pognon en vue,  et vous comprendrez qu’on va droit vers le cataclysme. Vers un final en forme  d’apocalypse bien sanglante. Mortelle.

Dans Rose blême , Jan Thirion se révèle héritier du néo-polar des années 70 en nous offrant un court récit mené à toute allure dans lequel se débattent des paumés et leurs vies estropiées. Victimes et artisans de leurs tragédies, sans moyens, sans avenir, ils se servent de ce qu’ils trouvent, la légalité n’étant pas leur point fort. Flics compris. Sur fond blême et hagard.
Le tout raconté dans un style efficace,  nerveux et concis,  mais contrôlé, renforçant l’instantanéité de l’histoire qui nous est décrite. Y compris dans les évocations et descriptions sexuelles souvent plus appuyées que dans les polars actuels.
Un « sud-western » comme nous l’indique la couverture du livre, mais dans lequel les héros sont toujours perdants. A l’image de ce que subira Gaétan dans « l’arrière-chambre » du club à la mode. La vie est sans pitié.


Laurent Girardon a lu Rose blême (in la revue BLACK MAMBA n°8, octobre 2007)

Gaétan, arnaqueur à la petite semaine, chope un tuyau pour rapiner les économies des époux Jacquet. Il monte son plan et s'infiltre dans la maison des propriétaires. Il trouvera le pognon sans accrocs mais ce qu'il n'a pas prévu, le Gaétan, c'est que trois molosses l'attendent sur le chemin du retour, leurs crocs acérés menaçants de lui suriner le postérieur...

Voici l'une des tranches de vie de Rose Blême que Jan Thirion découpe de sa plume vitriolée, où les mots fusent comme le percuteur d'un revolver, pour nous dévoiler un monde sombre et sans illusions. Ses personnages sont des âmes ordinaires, à peine esquissées, qui évoluent avec leurs démons intérieurs, leurs regrets ou leurs espoirs déchus dans le théâtre d'une société aussi banale que réelle. N'attendez pas de serial killer mystérieux, de détective charismatique ou de femme fatale, dans Rose Blême tout respire la vérité, ce qui rend l'ensemble saillant et perturbant. La vie est triste, barbare pour l'auteur qui nous avait déjà fait goûter à sa pensée noire et à son style zappé avec son roman Ego Fatum.


Luis Alfredo a lu Rose blême (le rayon du polar - janvier 2008)

Gaëtan Lamproie : un perdant; un type à échecs. Sa chance, sa dernière chance… mais il doit d’abord trouver 3000 euros. Rien de plus simple. Le médecin les cache sous le lavabo. Il a la clef.
Gaëtan Lamproie est pile au rendez-vous. Dans quelques instants, il aura un entretien d’embauche avec Wolinski et il lui donnera les 3000 euros.
C’est le prix de l’emploi!
Gaëtan Lamproie est un perdant, un naïf… au « cul douloureux durant les vingt-quatre heures suivantes ».
Mais pour l’heure, il croit dur comme fer que la chance lui sourit : il vend des appareils médicaux.
Et Rose Orion sera sa première cliente… une Alzheimer.

Eric Lebalait : un flic ; un de flic combinard ; un spécialiste du contrôle du trafic de vieux meubles.

Les routes de ces deux minables se croisent autour d’Alzheimer, de quelques lingots d’or, du cadavre d’une aide à domicile et d’un hachoir… jusqu’au happy end immoral à souhait

La Rose blême est un de ces romans qui n’a de rose  que le titre car pour le reste tout est noir, sans espoir.


Yves Gitton a lu Rose blême (Revue Crossroads, septembre 2007)

Un flic ripoux et un escroc minable se croisent et s'affrontent pour un tas de lingots d'or. Des personnages ordinaires qui s'enfoncent "dans cette forêt obscure, où la voie droite se perd", escortés de chiens enragés, épiés par une faune de coupe-jarrets : faux brocanteurs, prostituées roumaines et autres crapules patentées. Mécanique fatale, chutes inexorables, urgence du récit, mise en scène par un style vif... et sans fioritures, ou alors juste quelques roses blêmes pour une mémoire défaillante.


Patrick Galmel a lu Rose blême (sur Pol art noir - septembre 2007)

Rapines, vols par effraction, magouilles, Gaétan se débrouille comme il peut pour survivre. Cette fois, c'est la maison des Jacquet qu'il vise. Il sait, par son pote Julien qui a bossé chez eux, que Madame cache quelques billets dans sa salle de bain. Il entre, il vole, et s'en va. C'était sans compter sur les chiens qui l'attendent dehors, crocs en avant, sur le chemin de la fuite. Malgré eux, et tout en y laissant un morceau de molet, Gaétan s'en sort...
Eric enquête sur ce cambriolage et retrouve par la même occasion Fiona (madame Jacquet), son amour d'enfance, de jeunesse, celle a qui il avait tout promis avant que leurs parcours estudiantins ne mes séparent. Eric est toujours amoureux...
Gaétan, de son côté, trop grande gueule, trop content de s'en être tiré sans trop de bobo, se console dans les bras de Luminata, prostituée roumaine, en lui racontant qu'il a gagné au loto. Et elle qui lui fait le coup du chantage affectif — fils malade resté au pays, tumeur, opération aux Etats-Unis, chère, trop chère — un chantage qui débute gentiment, puis se poursuit beaucoup plus "sérieusement"...
La vie n'est pas drôle tous les jours et chaque nouvel opus de Jan Thirion vient le rappeler à qui tenterait de l'oublier. Rose Blême nous présente une galerie de solitudes, de misères humaines. Deux personnages principaux — Gaétan et Eric — qui feront office de narrateurs. Chaque chapitre se présente comme une tranche de vie, sous un ciel où le soleil ne perce plus que pour brûler. C'est sombre et sans illusion. L'éclairage se veut précis sur les vies, sur les âmes en peine, cabossées : Gaétan, artisan de la débrouille, toujours prêt à tout rater ; Eric et ses désillusions, ses minables trafics de flic ripoux, ses sordides affaires de famille.
Une première partie durant laquelle on cherche l'intrigue qui ne veut pas se révéler à travers cette juxtaposition de tableaux. Et puis la cohérence se fait, magistrale, impitoyable, horrible. La vie est triste, noire, et ne fait pas de cadeaux. À personne.
Le style de Jan Thirion se fait saillant et percutant. La couleur de son humour est aussi sombre que les vies des personnages qu'il décrit, mais il aide à supporter l'ensemble :
« Il n'avait pas retenu la signification du signe DRAC. Organisme versé dans l'art, à ce qu'il avait cru comprendre. Un rapport avec Dracula ? Les artistes sont des oiseaux de nuit, les musées leurs cimetières, les galeries leurs chapelles ardentes, la DRAC avait mission de faire la collecte de sang frais pour les alimenter. »
À noter l'hommage rendu à Philippe Djian et au décor de 37,2° le Matin. À moins que ce ne soit le film de Beinex, magnifiant le roman avec sa caméra. Jan Thirion est aussi cinéphile...
Rose Blême est un roman noir admirablement construit et équilibré. Il respire la vérité qui, lorsqu'elle est mise en scène de cette manière, se fait criante.


Claude Le Nocher a lu Rose blême ( sur Rayon du polar juillet 2007)

A Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Eric Lebalait est un policier véreux. Il rackette aussi bien des prostituées roumaines que des trafiquants de meubles anciens. Il use de violence avec les unes comme avec les autres. Fiona, son amie de jeunesse, aujourd’hui gagnée par la cécité, a été victime d’un cambriolage sans effraction.

Gaétan Lamproie, l’auteur du vol, a été sérieusement mordu par des chiens avant de réussir son coup. S’il craint une infection, il redoute d’être dénoncé et se soigne seul. Il avait besoin d’un apport de trois mille Euros, afin de devenir franchisé de la société MKD. Il a la somme, espoir d’un avenir meilleur. Ses copines putes roumaines transformeraient volontiers Gaétan en distribanque. Son rendez-vous avec le recruteur de l’entreprise se déroule sans problème. Gaétan est prêt à placer son coûteux matériel médical chez des personnes âgées, pour lesquelles “la santé n’a pas de prix”. Il rencontre même le grand patron de MKD. Dans des circonstances bizarres, il est vrai. Bientôt, il cible sa première cliente.

Eric connaît déjà Mme Rose Orion, vieille dame à la mémoire fragile. Son singulier univers se compose de souvenirs tonkinois. L’aide ménagère de Mme Orion porte plainte pour abus de faiblesse. Retrouver la trace de l’escroc supposé est simple pour Eric. Gaétan Lamproie loge dans un Village-Vacances. Le minable se laisse embarquer. On n’est pas loin de la garde-à-vue. Gaétan profite de l’inattention des flics pour s’enfuir. Il trouve la planque idéale... 

Ironique destin qui s’amuse à confronter cyniques et paumés. Héros typiques du roman noir, Eric le flic et Gaétan le perdant s’avèrent trop gourmands. Par avidité, il s’engagent sur un mauvais chemin jalonné de chiens méchants, de putes roumaines, de trafiquants maltraités et d’escrocs malins. Sans oublier une sympathique toquée, perdue dans son passé colonial. Autant de personnages réussis. Une belle inventivité compense l’âpre tonalité du récit. Le tempo narratif est entraînant, rapide et précis sur les détails, rythmé dans l’action. Cette solide intrigue captive immédiatement. Vraiment excellent !


Jean-Marc Laherrère parle de Rose blême sur son blog (septembre 2007)

Rose blême se déroule à Saint-Gaudens. Gaétan Lamproie est un apprenti escroc minable ; Eric Lebalait est un flic ripoux tout aussi miteux. Ils vont se retrouver, par hasard, sur les traces d’un paquet de lingots détenus par la vieille Rose Orion, qui, gâteuse, ne sait plus très bien où elle en est. On retrouve le style sec et le sens du rythme de l’auteur. On est mené à un train d’enfer vers une fin que l’on devine, dès le début, noire à souhait.


Joël Jégouzo a lu Rose blême (Noircommepolar - octobre 2007)

Eric, Gaétan, amoureux éconduits. L’un chaparde et se fait mordre par des chiens, l’autre, bien que flic, fréquente les mêmes putes. Des roumaines bien sûr, pauvres, se croit-on de préciser. Comme Gaétan au fond, forcé de voler trois mille euros pour postuler à une annonce. On en crève à la voir investir l’argent volé dans une arnaque cousue de fil blanc. Gaétan se fera donc tueur, aux émotions de VRP. Escroqueries minables, péripéties d’usage. Le polar dessine une humanité aux abois, sordide, pitoyable. A l’image de Gaétan, l’escroc minable qui court se planquer chez la vieille qu’il a arnaqué. Le plus intéressant, c’est peut-être cette vieille justement, et son histoire à elle, l’or volé de l’Indo. Le reste… des petits combinards sans envergure, un affrontement à mort décevant, des prostituées roumaines sorties tout droit de la comtesse de Ségur. C’est moins vivre avec le Mal que mal vivre sans jamais frôler l’Enfer.

 

 
 
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