Fiche Timgad
     
 

Timgad

 

 

          On ne pénètre pas impunément au cœur d’une civilisation disparue. Malgré Itzel, métisse yucatèque compagne de ses nuits, Damien ne parvient pas à chasser les cauchemars qui lui rappellent la disparition de son ami d’enfance. Un mystérieux testament ainsi que les souvenirs de la guerre d’Espagne viendront remuer le couteau dans sa plaie toujours ouverte.
          Au long de cette enquête criminelle tentaculaire remplie d’échos douloureux du passé, l’auteur nous mène du Mexique des Mayas aux rives de la Méditerranée en proie aux démantèlements des chantiers navals.

 

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Franck Membribe
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roman noir

238 pages

format poche


ISBN : 2-916330-00-3
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Prix TTC : 8 €
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            La fièvre de l'or est souvent mortelle



REVUE DE PRESSE

  • Julien Védrenne a lu TIMGAD. On trouve sa critique sur le site www.lelitteraire.com de février 2006, rubrique Pôle noir
    Lire l'article
  • Sur www.polarnoir.fr, Patrick Galmel a chroniqué TIMGAD
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  • Sur www.noircommepolar.com, lire la chronique de Joël Jégouzo sur TIMGAD (8/3/2006)
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Jeanne Desaubry a lu Timgad

Pourquoi la civilisation Maya a t-elle disparu, laissant la place à la cruelle efficacité aztèque, laquelle finira victime de la cupidité hispanique ? Quel rapport avec la guerre civile espagnole ? Pourquoi ce cauchemar récurrent chez Damien Mandiburu, le héros de Timgad, qui lui interdit le repos ?

Franck Membribe construit sur ces trois axes une intrigue originale, rigoureuse, rythmée. On s’attache à ses personnages improbables : le héros : cet archéologue qui n’a pas fini de grandir, mais aussi le prof d’histoire en retraite, spécialiste de la marine, mais hydrophobe, la belle guide maya, l’ethnologue suisse lesbienne …sans oublier le commissaire allergique …Ils concourent tous à l’enquête de Damien Mandiburu, parti à la recherche des causes de la mort de l’ami d’enfance sombrement associé à ses cauchemars et qui vient de lui laisser un testament mystérieux et un lingot d’or qui pèse son poids de sang caillé. Meurtre ? Suicide ? Le décryptage de ce message étrange n’est pas sans danger …

Ça sent la cuisine mexicaine et les marchés indiens, les marinas méridionales, le mistral pollué, l’huile de vidange des cargos … Ça chante le blues, le rock ou le jazz. Ça chuchote en plusieurs langues et si on commence en pleine jungle amazonienne, on finit entre Fos sur Mer et Marseille. Le dénouement serait désespérant sans l’épilogue dont la conclusion « Incipit tragaedia » n’est nuancée que par la vitalité involontaire de la perpétuation de l’espèce.

Second roman de Franck Membribe, Timgad a de l’ambition. C’est un roman construit, intelligent, solide, qu’on ne prend à aucun moment au défaut d’une cuirasse sans faiblesse. L’écriture est pleine d’une passion retenue - trop peut-être ? - qui laisse un regret. La force contenue qu’on sent là pourrait se libérer et on aurait un sacré feu d’artifice tant la passion s’y sent déjà …  On se prend à espérer un autre roman plus délié qui pourrait reposer sur la mélomanie de l’auteur dont le talent littéraire ne fait pas de doute.

Retrouvez les notes de lecture de Jeanne Desaubry sur son site

Extrait

 

         La maison est séparée de la rue par un jardinet couvert de mauvaises herbes jaunies par le manque d'eau. Demeuré ouvert, le portillon claque, poussé par la brise marine. Damien s'avance, les clefs à la main. Inutile, la porte d'entrée a été forcée. A la hussarde, version déménageur plutôt que crocheteur… Déjà entrebaîllée, il la manipule prudemment avec les doigts pour vérifier à l'oreille si les visiteurs ont terminé leurs emplettes. Après avoir survécu aux mâchoires concupiscentes des dobermans, il n'a pas l'intention de s'exposer à un mauvais coup. Eviter les ennuis, à tout prix, chaque fois que c'est possible et sans nuire à quiconque. Il s'en est toujours tenu à cette ligne de conduite. A ne pas confondre avec la lâcheté. Personne. Tout est sens dessus dessous. Le stock de la maison n'intéressait manifestement pas les intrus. Le sol vieillot de tomettes provençales est jonché de bouquins, de disques et d'une multitude d'objets d'art antique. D'authentiques statuettes et poteries romaines. Il y en a pour une fortune, au premier coup d'œil d'un spécialiste. Collectionneur dans l'âme jusqu'à son dernier souffle, ou trafiquant peut-être. Patrick avait commencé avec des fossiles récoltés ensemble dans une carrière, près de l'étang d'Engrenier. Ils se voyaient déjà paléontologues tous les deux, à traquer le mastodonte et le tigre à dents de sabre, ou les hominidés qui leur servaient de casse-croûte. Damien n'aura jamais dévié de cette trajectoire un peu naïve de gamins exaltés. Patrick parait avoir suivi un tout autre chemin. Sa propre mère n'a pas été capable d'expliquer clairement la nature de son activité professionnelle. Après des études ratées, il a semble-t-il coulé deux ou trois commerces avant de se résoudre à pointer pour la forme dans l'une des entreprises détenues par son père. Un gros salaire fictif, l'oisiveté noyée dans le whisky, une existence médiocre de fils à papa névrosé en somme. Alors, pourquoi toute cette mise en scène ? Damien sent monter l'angoisse en lui. Il rassemble les livres sans comprendre leur présence dans cette maison. Pourquoi aurait-il tant lu? Beaucoup de manuels d'histoire, des essais, des ouvrages d'art, annotés, certains passages soulignés, portant la marque familière des manipulations multiples qu'exigent les recherches bibliographiques. Déconcertant. Son ex-petite amie fournira peu-être un commencement de réponse.
          Il finit par s'asseoir à la place du mort, devant ce bureau rustique, témoin inerte de tous ces efforts produits sans autre motivation apparente que la volonté de se cultiver pour soi-même, sous la croûte repoussante de l'alcoolo parasite. Imprégné de cette ambiance insolite accentuée par la sauvagerie des cambrioleurs, il se décide enfin à prendre connaissance du message posthume.

Si tu lis ces quelques lignes, c'est que j'ai échoué définitivement.
Timgad ne renfermait pas ce que tu crois. Ecoute les gentilshommes de fortune, ils te guideront vers l'essence de ma mort et la sépulture d'Alain. Etudie la mémoire du chantier. Le rouge n'est pas que de sang, les profiteurs en ont fait leur blason. La fièvre cupide qui aveugle finit toujours par retomber. L'abomination se dévoile alors sans le fard de l'oubli. Puisse mon sacrifice conjurer cette malédiction séculaire.
Cherche. En souvenir de notre amitié, car je n'ai pas eu la force, ni le courage, ni même le droit peut-être… Rassemble les preuves pour le livrer à la justice des hommes et que cesse enfin ce magnétisme mortifère.
La soupe anthropophage rend fou, même sous les épices c'est la matière qui corrompt.

Ton ami de toujours,
Patrick



Saga Krakoen

Franck Membribe s'exprime au sujet de Krakoen

Extrait de son interview sur Pol'ARt Noir (décembre 2005)

F M : Je voudrais revenir sur mon expérience récente avec les éditions Krakoen. Timgad devait paraître en septembre chez mon précédent éditeur. La situation critique de ce dernier a fait avorter mon projet au dernier moment, alors que la sortie était déjà annoncée, de nombreux exemplaires pré-vendus, des libraires intéressés... Au lieu de jeter l'éponge, je l'ai proposé à Max Obione. Mon texte a été lu et accepté. Nous avons travaillé d'arrache-pied pour mettre au point les corrections finales et une nouvelle maquette plus attractive. Toute l'équipe de Krakoen a fait preuve dans l'urgence d'un grand professionnalisme. Le résultat est supérieur à la version initiale. Je me suis aperçu que loin des clichés véhiculés par les détracteurs de l'autoédition, Krakoen fonctionne comme une véritable maison d'édition, avec une cohérence éditoriale, un distributeur, un regard critique sur les textes et des propositions de corrections souvent pertinentes, dans un esprit solidaire, désintéressé, pour le seul profit des membres de la coopérative. La rigueur et la qualité sont un souci permanent ainsi que la meilleur diffusion possible. Chaque auteur-coopérateur assume le risque financier (limité) du premier tirage de son propre livre. S'il se vend bien, le second tirage est payé par les bénéfices du premier. Révolutionnaire !

Ce concept a de l'avenir…

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Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey