Fiche "Le valet de coeur"
     
  Le valet de coeur  

Antoine Lagarde est un homme comblé.   Rien ne manque à sa réussite : financière, professionnelle, sexuelle, paternelle et familiale. Son fils adore papa, ce héros au cœur fidèle. Ses associés le vénèrent. Ses innombrables conquêtes féminines succombent à son charme. De surcroît, Antoine est un fils attentionné qui effectue des visites régulières chez son père, ingénieur retraité et hypocondriaque compulsif.  Jusqu'ici, rien ne paraît devoir troubler son existence.  Sauf qu'un beau jour, il retrouve papa Lagarde assassiné ! Tout bascule ! Une mystérieuse annotation sur une carte à jouer, un valet, va mettre Antoine sur une piste qui le mènera en enfer...

 

 

 

Paul Colize
---------------------------------
thriller

332 pages

grand format


ISBN : 978-2-916330-52-5
---------------------------------
Prix TTC : 17 €
---------------------------------
> Commander
 
     
Voici le premier volume de la trilogie Antoine Lagarde qui précède « Le Baiser de l’ombre » dont les amateurs de bons polars ont fait le succès.

Avant-Propos

Antoine Lagarde… Un monsieur tout le monde à qui il arrive des choses extra-ordinaires. En son temps, Alfred Hitchcock disait que c'était le meilleur des scénarios. Sans doute parce que c'est celui qui permet le mieux de se projeter, de s'échapper, et de provoquer cette fameuse suspension d'incrédulité, que l'on recherche tous devant un écran de cinéma ou en tenant un livre.

Paul Colize l'a en tout cas repris à son compte, et avec quel brio ! Son Antoine Lagarde, consultant d'entreprises et coureur de jupons désabusé, est un antihéros par excellence, auquel on s'identifie dès les premières lignes. On enquête, on esquive, on morfle, on flirte, on tremble, on vit, quoi, avec lui, des quatre coins de l'Europe à l'autre bout du monde, à la recherche du meurtrier de son père. Mais une bonne histoire ne suffit pas, il faut aussi savoir la raconter, et croyez-moi, Paul Colize sait. Il a fait de son Valet de Cœur, un atout redoutable. Hormis une documentation millimétrée et un suspens tout en crescendo, le plus impressionnant est, en effet, le style avec lequel il déroule son intrigue. Un style nerveux, aussi percutant qu'étonnant, où l'humour et l'ironie servent de bouclier dérisoire à l'émotion et la fragilité. C'est simple, Paul Colize a plus que le sens de la formule, il a la formule tout court, et ça fait des jaloux, moi le premier. Grr, grr, grr.

Alors, installez-vous confortablement, oubliez ce que vous deviez faire, l'évasion va commencer !

Stéphane Lefebvre - 2010




Revue de presse

Marc Meneguz a lu Le valet de coeur (bibliotheca novembre 2010)

Antoine Lagarde est un homme d’affaires à la vie finalement tout à fait normale. Il est divorcé et père d’un garçon de neuf ans qu’il adore. Il travaille dans sa propre société, un bureau de consultance, entre Paris et Bruxelles et accumule les succès professionnels. Sa vie sentimentale faite de conquêtes sans lendemains est certes un peu plus perturbée, mais tout va bien. Antoine Lagarde a également son vieux père, ancien ingénieur aujourd’hui retraité, qu’il va visiter tous les quinze jours.
Mais un beau jour en se rendant au domicile de son père, il retrouve celui-ci mort assassiné. La police pense à un cambriolage ayant mal tourné. C’est une explication simple, mais de toute façon aucun indice ne permet d’envisager autre chose. Qui voudrait tuer un vieux retraité qui vit en ermite depuis des années ? C’est alors que Antoine Lagarde découvre une carte à jouer à côté du cadavre. Sur le recto de la carte il y a un valet de pique, sur le verso un message énigmatique, un indice au sens encore inconnu. Lagarde tente de mener l’enquête mais il n’arrivera pas bien loin. Jusqu’au jour où il recevra un nouvel indice le menant droit vers un nouveau cadavre, un libraire assassiné sans raison apparente dans l’est de la France… avec à côté une nouvelle carte à jouer.

Le valet de coeur de l’auteur belge de polars Paul Colize est certainement l’un de ses romans les plus réussis et plus aboutis à ce jour. Pour moi ce roman représente une véritable découverte : celle d’un écrivain bourré de talent et dont tous les livres jusqu’à présent m’ont conquis. Le Valet de Coeur, paru en 2010 aux éditions Krakoen, est en fait une réédition de Quatre valets et une dame, son quatrième roman datant de 2005 et chroniqué en son temps sur ce blog, qui de plus  à l’époque était édité par l’auteur lui-même. Depuis ce roman a trouvé une certaine reconnaissance, certes trop limitée par rapport à ce qu’il mérite, et surtout il a connu une suite autour du même personnage principal Antoine Lagarde en l’excellent Le Baiser de l’ombre (2010). Il semblerait même qu’une troisième aventure serait en cours de préparation.

Déjà lu en 2005, relu en cette année, je reprends donc ici en gros ma chronique écrite il y a cinq ans.
Donc qu’en est-il de roman : Dès les premières pages Paul Colize nous accroche avec son style à la fois fluide, vif et même drôle et corrosif à travers ce superbe thriller. L’auteur fait surtout preuve d’un immense talent de narration pour mener cette intrigue plutôt complexe et fort intéressante. Mais bien loin des thrillers conventionnels il s’agît ici d’une intrigue au long terme, loin des course-poursuites dans lesquelles tout se dénoue dans les vingt-quatre heures qui suivent l’événement déclencheur. Les indices ne s’imposent que lentement au personnage d’Antoine Lagarde, il se sent manipulé, le temps passe, parfois des mois entre deux événements, mais cela fait encore plus grandir l’intérêt alors que l’intrigue devient de plus en plus complexe et inattendue. Tout s’enchaîne admirablement, sans temps mort, laissant finalement peu de répit au lecteur qui au fil des pages est de plus en plus envoûté par la lecture. L’un des attraits principaux de ce roman, outre son intrigue, est le personnage principal et narrateur Antoine Lagarde, parfaitement construit et très attachant. On ressent bien la psychologie d’un homme, bien loin du super héros, engagé malgré lui dans un engrenage de meurtres et de violence, évoluant de façon à la fois réaliste et surprenante durant cette véritable descente aux enfers.

Le valet de coeur est un excellent polar plein de surprises, l’un de mes préférés du genre, de la part d’un écrivain, certes édité aujourd'hui dans une bonne maison d’édition, mais qui mérite encore à être bien plus reconnu.

A découvrir sans tarder.



Parick Galmel
a lu Le valet de coeur (pol'art noir novembre 2010)


Antoine Lagarde, comme tous les quinze jours, rend visite à son père, ingénieur des Ponts et Chaussées à la retraite, veuf, qui vit seul dans son petit appartement. C'est là qu'il découvre son cadavre, gisant dans une mare de sang.
Selon les premières constatations de la police, Pierre Lagarde a été poignardé de plusieurs coups de couteau mais, étonnamment, rien n'a été dérangé, rien n'a été volé ; au contraire Antoine retrouve un vieil étui à cigarettes qu'il savait avoir disparu depuis de nombreuses années et, plus troublant, à l'intérieur, une carte à jouer : un valet de pique, marqué au dos d'un étrange message : A, BON, AMI...
L'enquête belge piétine et Antoine regagne sa vie parisienne avec sa découverte qui n'intéresse personne. C'est un homme d'importance, à la tête d'un cabinet de consultants en organisation de l'entreprise, divorcé d'une suissesse un peu braque et père de Jérôme, son rayon de soleil qui va sur ses neuf ans et qu'il ne voit plus qu'un week-end sur deux. Mais si les semaines et les mois passent, comme les maîtresses, Antoine garde dans un coin de son cerveau laissé vacant par sa libido cette histoire de valet.
Il a bien tenté quelques approches auprès d'un ami joueur et collectionneur de cartes, ainsi qu'à partir du "message", mais n'a rien appris de concluant jusqu'au jour où il tombe sur un fait divers : dans l'est de la France, un certain A. Bonami, libraire, vient d'être abattu sans raison apparente. Antoine, à l'occasion d'une visite à son fils à Bruxelles décide de faire un crochet. Ce ne sera pas le dernier...

Dès le premier chapitre de ce roman, Paul Colize prend son lecteur à la gorge dans un style acéré et vif qui s'attache à rendre particulièrement vivant chacun des personnage rencontrés. On ne les connaît encore qu'à travers quelques lignes que déjà on s'attache à eux. Les descriptions sont précises, piquantes, l'humour ravageur et les mots bien en place...
L'intrigue prend son temps, pour notre plus grand plaisir, à travers un défilé de tranches de vie, de personnalités de passage croquées d'un ton acerbe par le narrateur ; les petits travers de chacun y sont laminés : Paul Colize ne mâche pas ses mots.
Car Antoine Lagarde n'est pas tout à fait un personnage sympathique. Il pose un regard désabusé, désenchanté, sur le monde, sur les femmes, sur son métier, sur sa famille. Dressé sous sa carapace d'homme affairé, son humour noir et cynique le sauve :
"Peu après mes premiers embrasements, j'ai divisé la gent féminine en deux catégories distinctes : les baisables et les pas baisables, mes critères de sélection étant arbitrairement limités aux mensurations, à l'allure générale et aux effets vestimentaires.
À l'approche de l'âge adulte, j'ai étendu ce référentiel en y adjoignant un seuil minimal de capacités intellectuelles et la perméabilité au sens de l'humour.
Ce plus grand discernement, bien que tempérant mes propensions machistes, a eu pour conséquence de réduire sensiblement ma sphère de prospection."
Et puis cette histoire de valet le rattrape...

Après nous avoir fait sourire, Paul Colize nous captive, s'amuse à nous perdre aussi, dans une enquête à reculons où les indices s'imposent à son héros sans qu'il les cherche. Le temps s'étire, on est loin d'une course poursuite échevelée, mais l'intérêt grandit et le brouillard s'épaissit. L'auteur manipule son narrateur sans le ménager, l'estourbit sans qu'il comprenne bien ni pourquoi ni comment. Mais la logique est là, implacable, et le vin sera bu, jusqu'à la lie... jusqu'à l'émotion...
Un roman tout en finesse, au décalage subtil, où le talent de Paul Colize explose au grand jour en mêlant divers registres où son humour grinçant, mais toujours drôle, est omniprésent.
Un style... Un ton... Antoine Lagarde ne vous laissera pas indifférent avec cette promenade pleine d'inattendus. Un vrai régal !..
Si on retrouve dans ce roman le personnage d’Antoine Lagarde déjà rencontré dans Le baiser de l’ombre, le très bon roman du même auteur- qui fut commenté dans nos pages- il faut savoir que Le valet de cœur le précède chronologiquement, à la fois par sa première publication antérieure et par les événements qui y sont décrits, ancrés dans l’année 2004.
Au départ d’un drame  personnel : le père d’Antoine Lagarde, ingénieur civil à la retraite, vient de se faire assassiner, Antoine, conseiller en gestion pour cadres supérieurs, va se trouver mêlé à un puzzle dont la reconstitution  est cadencée par l’apparition  d’un valet de jeu de carte avec une mystérieuse indication écrite,  après chaque crime. Car il y en aura plusieurs. Et à chaque fois un différent valet et une autre inscription sur celle-ci.
Les victimes n’ont apparemment aucun lien entre elles, sauf peut-être dans un passé lointain, leur présence au Venezuela. Mais là encore, Antoine  doit faire face à des problèmes sans fin pour pouvoir établir le passé de son père et des autres victimes.
La maigre piste semble cependant très dangereuse puisqu’on essaye de l’éliminer, ce qui poussera encore plus Antoine, enquêteur malgré lui, à se débattre et à courir de pays en pays pour essayer de trouver une explication aux meurtres. Un éclairage sur le côté obscur de la vie de son père. Et une chance de survie pour lui, qui est tout sauf un aventurier ou un héros sans peur.
Le bout du chemin sera violent et désespéré, loin du monde habituel d’Antoine Lagarde.

 


Etienne Borgers a lu Le valet de coeur (polarnoir - novembre 2010)

On retrouve avec plaisir dans le Valet de cœur, ce ton particulier épaulé par une écriture qui semble couler de source, que Paul Colize affinera encore plus dans le second volet du dytique consacré à Antoine Lagarde (voir détails dans Polar Noir : Le baiser de l’ombre).
Bien construit, le roman saisit le lecteur dès l’entrée et celui-ci se prend vite au jeu de ricochets que lui impose Antoine Lagarde ; Lagarde qui tout au long de ses aventures garde son esprit critique, et une ironie narquoise à propos des milieux qu’il côtoie… et de lui-même. Ce personnage à la vie bien tranquille, divorcé comme tout le monde, un gosse qui est content de le voir, est pris par sa petite firme qui tourne rond et prospère ; un homme encore jeune qui devrait rester un modèle de sérieux, du moins en apparence, de par sa profession de conseiller en gestion, mais est lunaire par bien des aspects : un coureur impénitent de jupons, limite priapique, parfois naïf, jamais dupe, toujours en retard…

Ce roman qui, au départ, a tout du whodunit le plus classique en ce qui concerne l’intrigue, se transforme rapidement en roman d’aventures et de mystère, dévoyant ainsi le trop sage roman à énigme traditionnel ; si la progression des recherches de Lagarde est fort animée, le roman de Paul Colize aboutit cependant dans sa dernière partie à une vraie saga sombre et sanglante, avec un dénouement tragique appartenant au  romans noir.
Le valet de cœur, un roman caméléon qui captive et séduit le lecteur.

PS : Paul Colize a expliqué  avoir fait du « temps réel » dans son roman, le parcours géographique du personnage principal étant en phase avec les siens durant l’année d’écriture.
Pour d’autres détails à propos de la réédition du Valet de cœur, reportez-vous à l’interview faite par Polar Noir

EB (octobre 2010) (c) Copyright 2010 E.Borgers 


Laurence Patri a lu Le valet de coeur (biblioblog - septembre 2010)

Antoine Lagarde est un homme d'affaire auquel tout réussit. Divorcé et père du jeune Jérôme, 9 ans, il accumule les succès et les conquêtes. Jusqu'au jour...Jusqu'au jour où il découvre le corps de son père sauvagement assassiné, et posée à côté du cadavre, une carte à jouer. Sur le recto de la carte il y a un valet de pique, sur le verso un message énigmatique. Commence alors un jeu de piste qui durera près d'un an.
L'écriture est fluide, enlevée, drôle.... L'intrigue quant à elle est finement menée. On est captivé de la première à la dernière page par les péripéties qui s'enchaînent. Et quand 130 pages avant la fin, on croit comprendre où l'auteur veut nous emmener, on réalise au bout du compte qu'on s'était trompé. Mais plus que l'histoire, ce qui m'a séduite surtout, c'est la façon dont Paul Colize a construit son personnage. Ici, point de super héros, d'homme que rien n'effraie et qui surmonte tous les dangers avec une facilité déconcertante. Antoine Lagarde est surtout un homme comme les autres. Sous sa carapace, se cache un être fait de doutes, de fêlures et de failles. Et l'on comprend vite que s'il accumule les conquêtes c'est qu'il a de l'amour à ne plus savoir qu'en faire mais qu'il n'a pas appris comment le donner. Et cet homme attachant au possible, va évoluer au cours son enquête. Cet enfant perdu va rencontrer celle qui saura jouer le miroir. Et moi, les personnages qui sont plus humains que super héros, ça résonne. Ça me semble plus réaliste et du coup je me suis laissé prendre la main et je l'ai suivi, cet Antoine Lagarde. Parfois souriante, parfois inquiète, mais toujours impliquée, je n'ai pu que constater que l'empathie fonctionne à merveille.
Un très bon roman à découvrir au plus vite !

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey