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Les
vieilles décences
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Extraits
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Bon, je commence à dérailler, en pleine déconnance, en plein délire, et pourtant, résonnent clairement dans ma mémoire les paroles de pépère Vidoche, mon vieil anarchiste de père adoptif : « Sois sans pitié mon petit Raymond ! » répétait-il après avoir descendu plusieurs canons en compagnie de mémère. Je fermais mes oreilles alors — et pour cause — je préparais l'Ecole nationale de la magistrature… Il voulait me persuader qu'il fallait dézinguer les fumiers mais surtout les fachos de tout poil avant que ceux-ci ne vous plombent. C'est une question de survie qu'il disait, la prime à ceux qui dégainent le plus vite : « Ne recommence pas les erreurs de tes pères. On ne discute pas avec les rats, on ne raisonne pas les rats, on dératise sans sommation, c'est tout ! ». Etait-ce bien ses paroles ?… Quand j'y pense, ç'eût été alors un moyen — qui le sait ! — de lutter contre l'Innommable massacre des innocents, des miens et des autres, mes parents, mes frères… Et dire que j'ai fait le sourd durant quarante ans mettant vainement mes espoirs dans le droit des gens, le respect de leurs lois… Le temps est venu… La migraine me rattrape… pitoyable Ravachol de bistrot… vieux Lacenaire sans couilles.
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Le temps des compromis faux cul, du consensus mou du bide, de la prévenance prout-ma-chère : terminé ! Les vieilles décences, à la trappe. Place nette, je te dis ! … Purger l’atmosphère… de l’air, de l’air...
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