Les vieilles décences

 
 

Extraits

.............

Bon, je commence à dérailler, en pleine déconnance, en plein délire, et pourtant, résonnent clairement dans ma mémoire les paroles de pépère Vidoche, mon vieil anarchiste de père adoptif : « Sois sans pitié mon petit Raymond ! » répétait-il après avoir descendu plusieurs canons en compagnie de mémère. Je fermais mes oreilles alors — et pour cause — je préparais l'Ecole nationale de la magistrature… Il voulait me persuader qu'il fallait dézinguer les fumiers mais surtout les fachos de tout poil avant que ceux-ci ne vous plombent. C'est une question de survie qu'il disait, la prime à ceux qui dégainent le plus vite : « Ne recommence pas les erreurs de tes pères. On ne discute pas avec les rats, on ne raisonne pas les rats, on dératise sans sommation, c'est tout ! ». Etait-ce bien ses paroles ?… Quand j'y pense, ç'eût été alors un moyen — qui le sait ! — de lutter contre l'Innommable massacre des innocents, des miens et des autres, mes parents, mes frères… Et dire que j'ai fait le sourd durant quarante ans mettant vainement mes espoirs dans le droit des gens, le respect de leurs lois… Le temps est venu… La migraine me rattrape… pitoyable Ravachol de bistrot… vieux Lacenaire sans couilles.

............
Le temps des compromis faux cul, du consensus mou du bide, de la prévenance prout-ma-chère : terminé ! Les vieilles décences, à la trappe. Place nette, je te dis ! … Purger l’atmosphère… de l’air, de l’air...

 

Max Obione
---------------------------------
Roman noir
232 pages
ISBN : 2-9519462-3-6
---------------------------------
Prix TTC : 9 €
---------------------------------
>

Commander

 

Télécharger la fiche

 
     

L'histoire

Une enquête menée tambour battant par un flic haut en couleur et fort en gueule en compagnie d’un juge qui se dessale, tous deux à la retraite. Bridés durant leur carrière respective, ils s’en donnent désormais à cœur joie pour débusquer les salauds en appliquant la loi, La Leur !… Attention ! Si vous n’êtes pas du genre « net », un conseil : ne vous trouvez pas sur le chemin de Le Mat et Raja.

L'histoire se déroule au coeur de la Beauce, dans les environs de Chartres.

Des céréales qui leurrent ont envahi la plaine...



Revue de presse

Une lecture de CLAUDE LE NOCHER (Novembre 2006 - Rayon polar)

 

Maurice, ancien policier, et Raymond, magistrat retraité, forment un duo d’amis épicuriens. Des enquêtes aussi officieuses qu’agitées pimentent occasionnellement leur vie. Cette fois, dans un étang de la Beauce, ils découvrent un cadavre égorgé. Par la suite, le journal régional évoque une simple noyade. Intrigué, Maurice s’installe à Vellicourt, bientôt rejoint par Raymond. L’ex-policier commence par dompter leur logeuse, dont la réputation de gouine n’est pas usurpée. Il secoue le correspondant du journal, dont l’article fut modifié. Ce localier est victime d’un curieux accident. Les gendarmes parlent d’un suicide, comme pour le "noyé".
Le duo identifie le mort de l’étang. Ce producteur de blé avait choisi une agriculture respectueuse de la nature. Désemparée, sa veuve est soutenue par un instit écolo. On pourrait les soupçonner du meurtre du mari. Une autre piste parait plus sérieuse.
Faux noble, le vicomte de Hautemanière dirige l’industrie céréalière dans la région. Il a la confiance d’un groupe international voulant imposer la culture du blé transgénique. Il est aussi le grand maître de la Confrérie de Saint-Luperce, encadrée par de menaçants vigiles. Certaines activités de cette Confrérie sont douteuses. Sous des prétextes caritatifs, elle réunit l’élite politico-économique et religieuse. L'intervention de Maurice et Raymond va s'avérer "explosive"...

Non-conformistes, ces compères complémentaires font une insolite paire d’enquêteurs. Pour ces libres justiciers, pas de compromis, ni de consensus hypocrites. "Les vieilles décences, à la trappe. Place nette, je te dis ! Purger l’atmosphère…" Leur mission consiste à lutter contre les magouilleurs et fachos de tout poil. Sans oublier de s’octroyer de bonnes doses des meilleurs crus. Si cette ironique comédie à suspense porte un message, il s’agit surtout d’une aventure mouvementée. Max Obione sait que l’essentiel, c’est "d’abord raconter une histoire". Ce souriant roman est un régal.


Critique publiée sur Noircommepolar (octobre 2005)

Extrait du papier de Joël Jégouzo

[...] Ce n'est pourtant pas l'intrigue qui rend ce polar attachant : ce sont ses personnages, ce couple de retraités, Le Mat et Raja, veilleurs improbables de notre monde si moche. Braillards, paillards, il y a du Gabin dans ces deux-là, dans leur vadrouille exubérante de papys flingueurs. Du coup, la gouaille est à discrétion. Max Obione nous sert une langue truculente, qui de " pucier " à " ramenard ", dévale à toute blinde la baragouin des gens de peu, la langue des bords de route du Tour de France, en marcel et pastaga. Une langue qui, à elle seule, est comme un lieu de mémoire : celle d'un certain ton longuement mûri par le polar français. Un polar qui baguenaude en somme, qui prend la clef des champs, s'enchampêtre si on osait, de bonnes odeurs de terre et de paille humide. [...]                

A propos  

"Les vieilles décences" à la radio

Ecouter l'émission

L'émission date de la mi-février 2005, depuis lors le livre est en vente dans toutes les librairies

Max interviouvé par Maud Letti

Lire

Mine de rien, Max Obione gratte à sa façon les belles écorchures à vif d’une société autiste glissant progressivement vers la barbarie. Pas étonnant que ses deux nouveaux héros – nettoyeurs du genre fer-plaie – allument la mèche.

D’ordinaire, il traque les magouilles dans les gestions publiques. Il s’occupait encore récemment d’affaires culturelles dans l’extrême sud de la France. Aux dernières nouvelles, il veillerait derechef au respect de l’ordre dans les comptes publics. (2003)

 
 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey