Fiche "Vice repetita"
     
   
  Vice repetita  

Vient de paraître

Un matin d’hiver, le corps d’une jeune femme est retrouvé en vallée de Chevreuse. L’instruction est rondement menée. Un homme est arrêté, son ADN a parlé. Pourtant le violeur assassin nie en bloc, y compris l’évidence.

L’affaire va prendre une tournure inattendue ; un marginal avoue ce crime et vient semer le trouble. Des zones d’ombre laissent planer le doute. Que masquent-elles ? Ou plutôt qui ? Derrière les apparences, la piste des certitudes ne serait-elle qu’un trompe-l’œil ? Cela se pourrait bien : d’Etretat à Rambouillet, le plus court chemin n’est pas forcément la ligne droite… Des années s’écouleront avant que la sagacité d’un étudiant à l’Ecole nationale de la magistrature ne fasse jaillir l’étincelle de vérité.

Pour le meilleur, comme pour le pire…

Dans cette intrigue au cordeau, Hervé Sard nous promène à travers le temps dans une quête de vérité libérant les consciences criminelles.

 

 

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Hervé Sard
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Policier
222 pages
ISBN : 978-2-916330-15-0
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Prix TTC : 8 €
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Sélection BILIPO

"Les crimes de l'année"

2008


A propos

Notre narrateur navigue dans le temps. Il est le rapporteur de cette enquête qu'il se remémore parfois, qu'il vit au présent à d'autres moments. Hervé Sard nous entraîne dans une réflexion sur la fragilité de la justice des hommes dans une construction savamment orchestrée où il fait preuve d'une science consommée du dialogue; celui-ci sonne juste et vient trancher le ton général du récit, tout de sobriété. L'auteur nous conduit après maints aller-retour du passé au présent et vice versa, jusqu'au bout du souvenir, jusqu'au bout de cette histoire criminelle d'une improbable rédemption. Point de jugement, plutôt une observation, faite à distance, du devoir de justice. "Il ne faut pas confondre vérité et certitude. Encore moins certitude et conviction, ou conviction et apparence. Tu vois : de l'apparence à la vérité le chemin est long..." Une écriture tout en subtilité, pleine de retenue, qui montre pourtant la violence, la souffrance, avec beaucoup de justesse. Une intrigue haletante, une écriture qui sert l'intrigue, une structure narrative originale, en résumé un grand polar. (par courtoisie de Patrick Galmel)

 




Revue de presse

Lu sur le site belge Bibliotheca (mai 2007)

En 2050 un vieil homme mort dans un hôpital laissant derrière un message bien étrange. Il y avoue un crime qui s'est passé il y a près d'un demi-siècle.

En 2004 la Vallée de la Chevreuse, un paisible coin de campagne à quarante kilomètres au sud de Paris, est le théâtre d'un crime atroce. Une jeune femme est violée et assassinée. Son cadavre sera retrouvé le lendemain, abandonné dans le Bois Maudit. La police arrive sur les lieux et commence directement son enquête. Une fouille des lieux permet à la police de rassembler un grand d'indices (traces de sperme, cheveux, mégot, ...) qui, grâce à l'analyse ADN, vont vite confondre l'un des suspects: François Leyrat. Ce dernier cependant, malgré les preuves, ne cesse de clamer son innocence. Mais les preuves sont irréfutables et François Leyrat sera vite condamné à trente ans de d'enfermement. Le commissaire chargé de l'enquête  continue cependant de s'interroger. Quelque chose ne tourne pas. Et si les preuves scientifiques pouvaient se tromper? Y avait-il peut-être quelqu'un d'autre dans le coup? Les années passent et un autre rebondissement viendra infirmer le jugement basé sur la preuve scientifique. Et contre toute attente, François Leyrat continuera toujours de nier les faits. Et si effectivement Leyrat avait raison envers et contre tout? Le temps apportera peut-être la solution à ce mystère.

Et si la preuve scientifique pouvait se tromper? L'écrivain français Hervé Sard va nous le démontrer dans cet excellent et très passionnant roman Vice Repetita, roman qui ne laissera aucun lecteur indifférent. L'intrigue paraît au début plutôt simple. Un meurtre, des indices qui deviennent vite des preuves indéniables et qui vont facilement accabler un suspect. Donc à priori rien de bien intéressant, sauf que Hervé Sard nous prévient dès le premier chapitre qu'il y aura erreur judiciaire, le véritable coupable s'en sortira pour témoigner de son crime cinquante plus tard. Le lecteur se perd alors: les preuves sont là, mais le crime n'est pas résolu. "Derrière les apparences, la piste des certitudes ne serait-elle pas qu'un trompe l’œil". Le narrateur, le commissaire chargé de l'enquête à ses débuts, raconte cette histoire à travers le temps tantôt en tant qu'acteur tantôt en tant que simple témoin lors de chaque rebondissement que connaîtra l'affaire dans les années à venir. Tout semble si logique et pourtant il y a quelque chose qui ne va, quelque chose d'insondable et pourtant à portée de main. Le roman est construit comme un véritable roman à énigme, tout élément a une raison d'être et contribuera à la résolution de l'énigme. Certains lecteurs comprendront peut-être même un peu trop vite le fin mot de l'histoire. Mais même dans ce cas, le roman reste toujours passionnant, parce qu'encore faut-il comprendre comment on en arrive là, et le lecteur restera accroché du début jusqu'à la fin. Mais s'agit-il réellement d'un roman policier? Certainement pas au sens classique du terme. Hervé Sard tente ici de casser la logique du polar qui veut qu'une enquête avec ses indices et ses preuves mène forcément par a plus b à la solution de l'énigme. Or, dans la réalité, cette logique policière se désarme très vite lorsque le hasard vient perturber l'intrigue. La méthode policière classique et rationnelle n'arrivera pas à démêler l'affaire, et cela jusqu'à la fin. Ce roman par cet aspect rappelle fortement les romans (anti-?)policiers de l'écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt, notamment Le Juge et son bourreau (Der Richter und sein Henker, 1950) ou plus encore La promesse (Das Versprechen, 1958) dans lequel la vérité sera également révélée par un témoin essentiel juste avant sa mort des années après l'échec de l'enquête policière.

Le style d'écriture est très simple, sobre, se contentant du minimum, mais reste toujours efficace. Il n'y a pas de superflu, l'auteur ayant parfaitement travaillé tous les éléments de son récit, en cultivant le doute et le suspense jusqu'au bout, et on sent cette volonté de na pas vouloir tromper le lecteur avec des faux-semblants. Tout est mené avec brio, seuls peut-être deux passages, dont l'interrogatoire du personnage de Emile Bourdon lors de son procès, sont un peu longs et moins bons.

Vice repetita est un roman policier très prenant à découvrir de toute urgence.


 

Claude Le Nocher a lu Vice repetita (paru sur Rayon polar - janvier 2007)

Ce soir de février 2004 en Vallée de Chevreuse, il pleut dru sur le Chemin du Puits, dans le Bois Maudit. Le lendemain, on y découvre le cadavre de Sophie David, étudiante aux Beaux-Arts. L’assassin l’a violé et tuée, laissant plusieurs indices. Le commissaire Landier va les exploiter. Il interroge les voisins, paysans à l’ancienne, dont le fils est un simple d’esprit. Il s’intéresse vite à François Leyrat, habitant tout près, qui possède une galerie d’art parisienne. Ce dandy connaissait bien Sophie. Il n’a pas d’alibi sérieux.
L’ADN du sperme et des cheveux noirs fournit une preuve absolue, accablante contre Leyrat. Il nie tout, se justifie peu, essaie de trouver une autre explication. Cette chaussure traînant sur le lieu du crime, c’est une piste non explorée. Jugé pour complicité, Leyrat est condamné à quinze ans… En mai 2008, un vagabond nommé Emile est arrêté. Il admet avoir été témoin du meurtre de Sophie. Sa version reste douteuse. « Entre un ivrogne qui ne se souvient pas du crime, et Leyrat qui ne veut rien dire… » le commissaire est sceptique.
Après un procès à spectacle, Emile va finir ses jours en prison. Le dossier est clos. Pourtant, le policier se demande s’il existe un 3e homme, ce que croit Leyrat. Ou si celui-ci n’a cherché qu’à préserver son image de dandy… En 2016, l'affaire est relancéee...

C’est l’histoire d’une enquête qui n’aboutit pas, d’un dossier incomplet. Le policier-narrateur n’est ni incompétent, ni stupide. Il envisage beaucoup d’hypothèses crédibles. Mais il bute sur des évidences trop simples, sur les certitudes définitives de l’ADN. Quant au récit du vagabond, qu’il sait relatif, il s’en tient au scénario plausible. S’il s’agit d’erreur judiciaire, l’auteur évite d’être démonstratif. Il cultive le doute et le suspense. L’idée de projeter l’affaire dans l’avenir (sans que ce soit de la Science-Fiction) est très plaisante. Un captivant roman, fluide et énigmatique.

 

 

 
 
Copyright © Editions Krakoen / Photos : © Hugo Miserey