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Avant-propos
Zolma n'y va pas avec le dos de la cuiller, son appétit est dévorant ; si son propos était de se payer une bonne tranche du monde de l'entreprise, il doit être rassasié. Si le trait est gros, comme il se doit, pour pointer les dérèglements et les abus du management à la trique, transformant parfois le dirigeant en dictateur aveuglé par sa puissance, la démonstration est réussie. Dans cette fantaisie grinçante, les bactéries viennent contrarier la courbe ascendante des profits rigoureusement proportionnelle au goût infect des aliments bas de gamme produits pour les bourses plates, les économiquement faibles, les pauvres qui s'approvisionnent dans les magasins discount. C'est l'aspect le plus dôle et le plus enlevé de l'ouvrage, et ce qui n'est pas banal, Zolma nous instruit mine de rien sur ces petites bébêtes malicieuses qui vous conduisent recta aux toilettes dans le meilleur des cas ou bien au cimetière dans le pire. Le principe de précaution a bien du mal à résister quand les actionnaires veulent que la rente fructifie à 20 % l'an. Dans cette histoire farcesque, l'auteur tire plaisamment - mais avec gravité somme toute - la sirène d'alarme, tout n'est pas réductible à une marge bénéficiaire, surtout pas la santé. Avec la satire et le rire en bandoulière, ce message a toutes les chances d'être entendu. L'humour de Zolma, découvert dans ses précédents polars, est au rendez-vous pour plaire à un large public. Précisons pour terminer qu'il s'agit d'une réédition*.
Nigel Greyman
*"Mort en sauce" est la réédition revue et corrigée de "Merci patron", publié aux éditions Parpaillon - 2004.
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